RDC : Suminwa appelle à la mise en œuvre des accords de paix, alors que le débat sur les discussions avec l’AFC/M23 se poursuit
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a appelé à la mise en œuvre des accords et des résolutions adoptés dans le cadre de la recherche de la paix dans l’Est de la RDC, plutôt qu’à attendre la conclusion de nouveaux accords.
Elle l’a déclaré lors de son intervention au nom de la RDC à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, où elle a souligné que, pour une grande partie de la population congolaise, la paix demeure encore une promesse qui n’a pas été concrètement réalisée.
Suminwa a indiqué que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ont déjà fixé une feuille de route précisant les mesures à prendre, notamment la cessation des hostilités, le retrait des forces rwandaises du territoire de la RDC, la fin du soutien aux groupes armés, le retrait du M23/AFC, le démantèlement des administrations parallèles à celles de l’État ainsi que le rétablissement de l’autorité de l’État dans différentes parties du pays.
La Première ministre a également insisté sur l’importance du dialogue et des voies diplomatiques, notamment l’Accord de paix de Washington, le processus de Doha ainsi que le cadre de l’Union africaine, appelant à la mise en œuvre des engagements déjà pris.
Débat sur la voie militaire et le dialogue
Les déclarations de Suminwa interviennent alors qu’un débat important se poursuit en RDC sur la manière de résoudre la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
Du côté du gouvernement de Kinshasa, les autorités du président Félix Tshisekedi continuent d’affirmer que la question de l’AFC/M23 est liée aux enjeux sécuritaires et aux relations entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa accuse également l’AFC/M23 de bénéficier du soutien du Rwanda, ce que Kigali a régulièrement rejeté.
Le président Tshisekedi a par ailleurs établi une distinction entre les discussions de Doha, destinées à traiter les questions liées aux affrontements entre Kinshasa et l’AFC/M23, et le dialogue national, qui devrait principalement porter sur la cohésion nationale, la paix et la réforme de la gouvernance du pays.
Que disent les détracteurs de la gouvernance de l’UDPS ?
Alors que les autorités de Kinshasa affirment que la voie diplomatique est engagée, des opposants et d’autres acteurs politiques estiment que les discussions devraient inclure les parties directement impliquées dans le conflit, plutôt que de les exclure des consultations politiques.
Ces critiques de la gestion de la crise par le gouvernement du président Tshisekedi estiment que le fait de continuer à privilégier une réponse militaire et de considérer l’AFC/M23 comme un mouvement qui devrait d’abord déposer les armes avant de participer aux discussions pourrait contribuer à prolonger le conflit plutôt qu’à y mettre fin.
Ces arguments ont également été avancés par Martin Fayulu, qui a estimé que, si le problème est une guerre qui affecte le pays, les acteurs impliqués dans cette guerre doivent participer à la recherche d’une solution. Il a notamment indiqué que les discussions de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23 devraient être intégrées à un dialogue national plus large, afin que les décisions qui en découleraient ne soient pas contestées ultérieurement.
D’autres responsables politiques ont exprimé des positions similaires, estimant que la paix ne peut être obtenue sans dialogue avec les parties qui s’opposent au pouvoir.
La guerre se poursuit alors que les discussions continuent
Les détracteurs du gouvernement de Kinshasa soulignent que, malgré les démarches diplomatiques engagées depuis un certain temps, les combats se poursuivent dans plusieurs régions de l’Est de la RDC.
Dans ce débat, certains estiment que les FARDC et leurs alliés cherchent depuis longtemps à vaincre l’AFC/M23 sur le terrain, mais que la crise n’est toujours pas définitivement résolue, ce qui, selon eux, montre que la seule voie militaire ne peut constituer une solution durable.
De son côté, le gouvernement de Kinshasa continue d’insister sur le respect de l’intégrité territoriale de la RDC et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Kinshasa critiquée pour ses accusations contre les pays voisins
Une autre question qui continue de susciter des débats concerne la manière dont le gouvernement de la RDC explique les causes du conflit.
Kinshasa continue d’accuser le Rwanda de soutenir l’AFC/M23, tandis que Kigali a régulièrement rejeté ces accusations. Dans son discours devant l’ONU, Suminwa a de nouveau présenté la question du Rwanda et de l’AFC/M23 comme l’un des principaux éléments de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Les détracteurs du gouvernement estiment que, alors que ces accusations continuent d’être portées sur le terrain diplomatique, une partie de la solution devrait également être recherchée à travers des discussions directes avec les acteurs engagés sur le terrain, plutôt que de s’appuyer uniquement sur une réponse militaire ou sur des accusations visant les pays voisins.
Le gouvernement de Kinshasa affirme, pour sa part, que les discussions avec l’AFC/M23 n’ont pas été interrompues, mais qu’elles disposent de leur propre canal à Doha, tandis que le dialogue national doit rester une démarche entre Congolais et se concentrer sur les questions politiques et la gouvernance du pays.
La question centrale : la guerre ou le dialogue ?
Alors que les combats se poursuivent, une question continue de dominer le débat : la paix durable sera-t-elle obtenue par une victoire militaire, ou un dialogue incluant toutes les parties impliquées dans ce conflit pourrait-il permettre de parvenir à une solution durable ?
Du côté de Kinshasa, le gouvernement souligne que les discussions de Doha, le processus de Washington ainsi que d’autres initiatives internationales constituent les voies engagées pour trouver une solution à la crise sécuritaire. De leur côté, les responsables de l’opposition et d’autres acteurs demandent un élargissement du dialogue afin qu’il inclue également les représentants des parties engagées dans les affrontements.
À ce jour, la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC reste loin d’être définitivement résolue, malgré la poursuite des démarches diplomatiques. Les déclarations de la Première ministre Judith Suminwa devant l’ONU soulignent que, du point de vue de Kinshasa, la priorité actuelle n’est pas de conclure de nouveaux accords, mais de mettre en œuvre les engagements déjà acceptés par les différentes parties.






