LE SAVIEZ-VOUS ? La gouvernance de l’UDPS figure parmi les facteurs pointés du doigt dans les difficultés persistantes de Congo Airways — Voici les problèmes qui paralysent la compagnie
Congo Airways, la compagnie aérienne nationale de la République démocratique du Congo (RDC), continue de faire face à de graves difficultés opérationnelles, financières et managériales, au point qu’aucun de ses appareils ne serait actuellement engagé dans des vols commerciaux réguliers.
Créée en 2015, avec une flotte initiale de quatre appareils, la compagnie a, plus de dix ans après sa création, atteint une situation particulièrement préoccupante. L’ensemble de ses avions est aujourd’hui immobilisé, tandis que certains appareils censés contribuer à sa relance continuent de rencontrer des difficultés techniques, humaines et organisationnelles.
Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur les raisons pour lesquelles la compagnie aérienne nationale, qui devrait contribuer à doter la RDC d’un secteur de transport aérien autonome et performant, demeure incapable d’assurer durablement ses opérations.
Les informations disponibles sur la situation opérationnelle de Congo Airways indiquent qu’aucun appareil lui appartenant n’était engagé dans des activités commerciales régulières, notamment en raison de difficultés liées à la maintenance et à la remise en état de sa flotte.
En janvier 2026, Congo Airways a réceptionné un nouvel appareil de type Airbus A320, dans le cadre d’un programme destiné à permettre la reprise progressive de ses activités. L’appareil, réceptionné à Kinshasa le 31 janvier 2026, devait constituer l’une des étapes importantes du processus de relance de la compagnie.
Cependant, la réception de cet appareil n’a pas permis, à elle seule, de résoudre immédiatement les difficultés opérationnelles qui affectent Congo Airways depuis plusieurs années.
Un autre problème majeur concerne un appareil de type Embraer E-190, financé avec le soutien de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Selon les informations rapportées, cet avion n’a pas pu être immédiatement mis en exploitation, la compagnie ne disposant pas de pilotes qualifiés pour assurer son pilotage, ainsi que de certains documents techniques et équipements indispensables à sa maintenance et à sa remise en service.
Cette situation montre que le problème de Congo Airways ne se limite pas à l’absence d’avions opérationnels. Il concerne également la capacité de la compagnie à gérer, entretenir et exploiter efficacement sa flotte, tout en disposant d’un personnel suffisamment qualifié.
Des difficultés financières qui continuent de peser lourdement sur Congo Airways
Au-delà des problèmes techniques, Congo Airways est également confrontée depuis plusieurs années à d’importantes difficultés financières.
Des employés ont notamment fait état de problèmes liés aux dettes et aux salaires impayés, alors que la compagnie doit mobiliser d’importantes ressources financières pour assurer la maintenance des appareils, acquérir les équipements nécessaires, rémunérer son personnel et maintenir ses activités.
Ces contraintes financières ont considérablement réduit la capacité de Congo Airways à assurer des opérations régulières et durables.
Les difficultés de gestion de la compagnie ont également atteint le niveau des organes de contrôle de l’État. Des investigations menées notamment par l’Inspection Générale des Finances (IGF), le Conseil Supérieur du Portefeuille et l’autorité congolaise chargée de l’aviation ont mis en évidence d’importantes difficultés liées à la gouvernance, à la gestion financière et au fonctionnement de la compagnie.
Les conclusions de ces investigations ont également fait ressortir des risques potentiels pour l’État, en tant qu’actionnaire principal, notamment sur les plans juridique, financier et institutionnel.
La gouvernance de l’UDPS et les difficultés de Congo Airways
Congo Airways n’est pas une compagnie privée ordinaire. Il s’agit d’une entreprise publique, ce qui signifie que l’État congolais joue un rôle déterminant dans sa gouvernance ainsi que dans les principales décisions relatives à son fonctionnement.
Dès lors, les difficultés de gouvernance de la compagnie ne peuvent être totalement dissociées du fonctionnement des institutions publiques et du contexte politique dans lequel elles évoluent.
Alors que l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi, est au pouvoir, les difficultés persistantes de Congo Airways sont devenues l’un des dossiers mettant la gouvernance nationale sous pression, notamment en ce qui concerne la gestion des ressources publiques et le fonctionnement des entreprises de l’État.
Il convient toutefois de distinguer les problèmes de gouvernance établis des accusations d’ordre strictement politique selon lesquelles l’UDPS serait seule responsable de la situation de Congo Airways. Les rapports et informations disponibles mettent en évidence de graves dysfonctionnements de gestion, mais ils ne permettent pas d’attribuer l’ensemble des difficultés de la compagnie à un seul parti politique.
Le problème majeur mis en évidence concerne plutôt un ensemble de facteurs : faiblesses de gouvernance, insuffisance des mécanismes de contrôle, difficultés financières, manque d’équipements et de personnel qualifié, ainsi que les problèmes persistants liés à la maintenance des appareils.
Le président Tshisekedi demande un nouveau plan de redressement de Congo Airways
Lors du Conseil des ministres du 20 mars 2026, le président Félix Tshisekedi a demandé l’élaboration d’un nouveau plan de redressement de Congo Airways, qui devrait être concret et soumis à un contrôle financier rigoureux.
Cette décision est intervenue après la mise en évidence, par les rapports d’enquête, de graves difficultés concernant la gouvernance, la gestion financière et le fonctionnement de la compagnie.
Le nouveau plan demandé devrait notamment renforcer les mécanismes de contrôle interne, instaurer des contrôles financiers réguliers, assurer le respect des normes applicables au secteur aérien, améliorer la gestion des ressources humaines et garantir une transmission régulière des informations à l’État, en sa qualité d’actionnaire.
Cette démarche montre à elle seule que le problème de Congo Airways ne se résume pas à une question d’avions immobilisés. Il s’agit également d’un problème de gouvernance ayant atteint un niveau nécessitant une réforme plus profonde du fonctionnement de l’entreprise.
Les difficultés de Congo Airways ne datent pas d’hier
Les problèmes auxquels la compagnie est confrontée ne sont pas nouveaux.
Congo Airways avait déjà suspendu ses activités en septembre 2023, en raison notamment de l’indisponibilité de ses appareils et de difficultés à mobiliser les ressources nécessaires à leur maintenance et à leur remise en état. Par la suite, certaines tentatives de reprise des activités ont été effectuées grâce à des appareils pris en location.
Cette situation a contribué à maintenir Congo Airways dans un cycle marqué par des suspensions et des reprises successives, plutôt que dans une dynamique permettant à la compagnie de disposer d’un programme opérationnel stable et durable à long terme.
Congo Airways veut toujours relancer ses activités
Congo Airways affirme néanmoins poursuivre ses efforts en vue de relancer ses opérations. En janvier 2026, la compagnie a notamment entrepris de rechercher des pilotes et des techniciens susceptibles de contribuer à l’exploitation de l’Embraer E-190.
La direction de la compagnie a également affiché son optimisme quant à une reprise des vols, tout en reconnaissant que celle-ci dépendra de la résolution des difficultés techniques, humaines, financières et managériales auxquelles elle est confrontée.
Pour la RDC, le dossier Congo Airways dépasse donc largement le cadre d’une simple compagnie aérienne. Il constitue un véritable test de la capacité de l’État à gérer efficacement ses entreprises publiques, à préserver et utiliser de manière responsable les ressources de la collectivité et à mettre en place une gouvernance capable de garantir la viabilité de ces entreprises sur le long terme.
Alors que Congo Airways attend toujours de retrouver pleinement les airs, une question demeure au centre des préoccupations : l’État congolais parviendra-t-il à sortir la compagnie de ses difficultés de gouvernance, de financement et de fonctionnement, ou continuera-t-il à injecter d’importantes ressources dans une entreprise incapable de maintenir durablement ses opérations ?
Minembwe Capital News (MCN)






