RDC : L’Assemblée nationale rejette la participation de l’AFC/M23 au dialogue national et fixe une ligne rouge
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement annoncé son opposition à la participation du mouvement AFC/M23 au dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi.
Cette position intervient alors que les débats sur l’organisation du dialogue national congolais et sur la participation des différentes parties prenantes continuent de s’intensifier. Du côté des autorités, ce dialogue vise à rechercher la paix, l’unité et la réconciliation entre les Congolais. De l’autre, certains estiment qu’il devrait réunir toutes les parties impliquées dans les questions de sécurité et de gouvernance du pays.
Le président de l’Assemblée nationale fixe une ligne claire pour le dialogue national
Dans son discours d’ouverture de la retraite parlementaire du mois de septembre, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a insisté sur le fait que le dialogue national ne devait pas servir à légitimer la violence ni à récompenser ceux qui ont pris les armes contre la République.
Il a déclaré :
« Le dialogue ne peut pas être un moyen de légitimer la violence ou de récompenser ceux qui prennent les armes contre la République, tuent nos parents, nos frères et nos enfants. »
Ces propos illustrent la position ferme de l’Assemblée nationale concernant la participation d’un mouvement armé au dialogue national.
Aimé Boji Sangara s’interroge sur la possibilité d’un véritable dialogue en présence de groupes armés
Aimé Boji Sangara a poursuivi en s’interrogeant sur la possibilité d’un véritable dialogue lorsque certains participants arrivent à la table des négociations avec leurs seules convictions et leur amour de la patrie, tandis que d’autres continuent de recourir à la menace des armes.
Il a déclaré :
« Peut-il y avoir un véritable dialogue lorsque certains arrivent à la table sans armes, si ce n’est leurs convictions et l’amour qu’ils portent à leur pays, tandis que d’autres gardent le doigt sur la gâchette et la main sur le dispositif de mise à feu d’un explosif ? »
C’est dans ce contexte que l’Assemblée nationale a exprimé son opposition à la participation des groupes armés à ce dialogue.
« Le dialogue n’est pas une capitulation, rechercher la paix n’est pas une défaite »
Le président de l’Assemblée nationale a également déclaré que le dialogue national ne devait pas être considéré comme une capitulation ou une reconnaissance de la défaite.
Il a affirmé :
« Le dialogue n’est pas une capitulation, rechercher la paix n’est pas une défaite, et la main tendue de la République ne doit pas être considérée comme une main sans défense face à ceux qui la menacent. »
Cette position repose sur l’idée que l’État peut rechercher la paix tout en continuant à défendre l’intégrité territoriale du pays et ses institutions.
L’AFC/M23 et les discussions de Doha continuent d’alimenter les débats en RDC
La décision de l’Assemblée nationale intervient alors que certains estiment que le dialogue national devrait inclure toutes les parties impliquées dans les problèmes du Congo, y compris celles engagées dans le conflit armé.
Du côté du pouvoir du président Félix Tshisekedi, la question de l’AFC/M23 est considérée comme un problème sécuritaire lié au contexte de guerre dans l’est de la RDC. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir l’AFC/M23, tandis que les discussions de Doha et les accords de Washington sont présentés comme deux voies distinctes pour rechercher une solution aux problèmes sécuritaires et aux relations entre les États.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait également déclaré que l’AFC/M23 ne devait pas participer au dialogue national congolais. Selon cette position, la question de l’AFC/M23 devrait continuer à être traitée dans le cadre du processus de Doha, tandis que les questions relatives au Rwanda seraient abordées dans le cadre des accords de Washington.
Martin Fayulu s’interroge sur le fait que l’AFC/M23 puisse être discutée à Doha, mais pas à Kinshasa
Malgré la ligne fixée par l’Assemblée nationale, les débats sur l’inclusion de toutes les parties au dialogue national se poursuivent.
Le président du parti ECiDé et l’une des figures de l’opposition, Martin Fayulu, s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles l’AFC/M23 peut être discutée à Doha, mais ne serait pas autorisée à participer au dialogue national à Kinshasa.
Dans une interview accordée à Radio Okapi le 07/09/2026, Fayulu a plaidé en faveur d’un véritable dialogue national, inclusif et indépendant.
Cette position illustre les divergences d’opinion sur la manière d’organiser le dialogue national, sur les participants à y associer et sur la façon dont celui-ci pourrait contribuer à résoudre durablement les conflits qui persistent en RDC.
Le président Félix Tshisekedi annonce le projet de dialogue national
Le président Félix Tshisekedi a annoncé un projet de dialogue national destiné à rechercher des solutions aux problèmes auxquels le pays est confronté, notamment en matière de sécurité, d’unité nationale et de gouvernance.
Le 15/09/2026, l’Assemblée nationale a entamé sa retraite parlementaire du mois de septembre. À cette occasion, son président, Aimé Boji Sangara, a insisté sur la nécessité de mener ce dialogue dans le but de rechercher la paix, de construire la réconciliation et de préserver l’intégrité territoriale du pays.
Toutefois, la question des participants au dialogue et celle de la participation des groupes armés demeurent parmi les principaux sujets de débat au sein de la classe politique et parmi les autres parties prenantes.
Conclusion
La décision de l’Assemblée nationale de la RDC de rejeter la participation de l’AFC/M23 au dialogue national montre que les autorités de Kinshasa continuent de privilégier un processus qui, selon leur position, ne doit pas légitimer la violence ni les groupes armés.
De leur côté, certains acteurs de l’opposition demandent un dialogue national inclusif, réunissant toutes les parties impliquées dans les problèmes sécuritaires, afin de rechercher une solution durable aux crises que traverse le pays.
Alors que le projet de dialogue national continue de prendre forme, la question de la participation de l’AFC/M23 et des autres parties impliquées dans les problèmes de la RDC demeure l’un des principaux enjeux susceptibles d’influencer la mise en œuvre de ce processus.
Minembwe Capital News (MCN)





