Col. Bora : le FDLR aurait établi des bases en RDC et au Burundi — témoignage accablant
Dans un témoignage livré le 27 juin 2026 lors du forum international tenu à l’Intare Conference Arena, le colonel (rtd) Augustin Nshimiyimana, connu sous le nom de « Bora » et ancien responsable du renseignement extérieur au sein du FDLR, a affirmé que le mouvement FDLR, composé en grande partie d’auteurs du génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994 ayant fui vers la République démocratique du Congo (RDC), aurait consolidé ses bases en RDC ainsi qu’au Burundi, où il entretiendrait, selon lui, des relations étroites avec certaines structures étatiques des deux pays.
Ces déclarations ont été faites dans le cadre d’une conférence consacrée à l’histoire du génocide contre les Tutsi et à la lutte pour la libération du Rwanda, en présence du président Paul Kagame, de la Première dame Jeannette Kagame, des membres du Unity Club ainsi que de plusieurs hauts responsables.
Dans son témoignage, Bora a affirmé que le FDLR poursuivrait un projet de long terme visant à étendre ses activités dans la région, avec pour objectif de cibler les Tutsi. Il a indiqué que ce plan, initialement né au Rwanda, viserait également à étendre son influence au Burundi, en Ouganda, au Kenya ainsi qu’en Somalie.
Il a également soutenu que des enfants nés ou élevés dans les camps du FDLR dans les forêts de la RDC seraient envoyés en formation militaire à Kananga, où ils recevraient des documents d’identité congolais afin de faciliter leur intégration dans les structures sécuritaires et militaires.
Bora a en outre affirmé que certains officiers supérieurs des Forces armées de la RDC (FARDC) seraient d’anciens combattants du FDLR ou issus de l’ex-Forces armées rwandaises (FAR), impliquées dans le génocide contre les Tutsi. Parmi eux, il a cité le brigadier général Mugabo Hassan, estimant que ses positions n’auraient pas rompu avec l’idéologie des anciennes FAR et du FDLR.
Il a ajouté que le FDLR ne se limiterait plus à une dimension militaire, mais serait également infiltré dans la sphère politique. Selon lui, certains députés au niveau provincial et national issus de zones anciennement contrôlées par le FDLR continueraient à défendre ses intérêts. Il a notamment mentionné les noms de Serubuga, Safari Nganizi et Safari Nyagatare.
Concernant les relations entre le FDLR et le Burundi, Bora a déclaré qu’après la chute des autorités ayant participé au génocide au Rwanda, du matériel de la Radio nationale aurait été transféré via le Zaïre jusqu’au Burundi. Il a ajouté que ces équipements auraient ensuite été utilisés par la radio REMA FM, qu’il associe au parti au pouvoir CNDD-FDD.
Il a poursuivi en affirmant que le FDLR et le CNDD-FDD partageraient, selon lui, des liens historiques et idéologiques, évoquant une continuité de certaines alliances impliquant d’anciens éléments des FAR et du FDLR.
Abordant la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, Bora a déclaré que lors des combats à Goma entre les FARDC et la coalition AFC/M23, la MONUSCO aurait assuré le renseignement technologique, tandis que le FDLR opérerait au sol en matière de renseignement, avec un appui logistique attribué aux FARDC.
Il a également affirmé que, sous pression internationale, le président Félix Tshisekedi aurait intégré des combattants du FDLR au sein des groupes Wazalendo, rendant selon lui difficile la distinction entre ces forces, désormais engagées aux côtés des FARDC sur le terrain.
Toujours selon lui, le FDLR continuerait de recevoir des armes de certains éléments au sein des structures militaires et contrôlerait de vastes zones agricoles dans l’est de la RDC, où les populations seraient soumises à des travaux forcés et à des prélèvements assimilés à des taxes.
En conclusion, le colonel (rtd) Augustin Nshimiyimana « Bora » a estimé que l’élimination complète du FDLR ne pourrait être obtenue uniquement par des opérations des FARDC, affirmant que ce mouvement serait désormais profondément enraciné dans les sphères militaires, politiques et administratives en RDC, ainsi qu’au Burundi. Il a réitéré que, selon lui, l’objectif du FDLR resterait la diffusion de l’idéologie du génocide et l’expansion de ses activités dans plusieurs pays de la région, notamment le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, le Kenya et la Somalie.
Ces informations reposent sur le témoignage du colonel (rtd) Augustin Nshimiyimana « Bora » lors de la conférence tenue à Kigali. Les allégations concernant des liens entre le FDLR, les autorités de la RDC et celles du Burundi relèvent de ses déclarations, et les personnes ou institutions mentionnées pourraient avoir d’autres interprétations de ces faits.





