Kabila, Kabuya et Tshisekedi : les déclarations politiques virulentes pourraient-elles se retourner contre leurs auteurs ?
Minembwe Capital News (MCN)
Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir en République démocratique du Congo (RDC), Augustin Kabuya, a tenu des propos particulièrement virulents à l’égard de Joseph Kabila, ancien président congolais, après l’annonce de son accession à un poste de responsabilité au sein du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une coalition politico-militaire basée à Goma.
Dans son message, Augustin Kabuya a déclaré que Joseph Kabila pourrait connaître une fin politique comparable à celle de Jonas Savimbi, ancien dirigeant du mouvement angolais UNITA. Toutefois, de telles déclarations soulèvent des interrogations quant à la manière dont les responsables politiques évoquent le destin de leurs adversaires, alors que l’histoire montre que nul ne peut prédire avec certitude ce que l’avenir lui réserve.
Kabuya : « Kabila finira comme Savimbi »
Le mardi 13 octobre 2026, au siège de l’UDPS, à Kinshasa, Augustin Kabuya a vivement critiqué la décision de Joseph Kabila d’occuper un poste de responsabilité au sein du FRN.
Il a déclaré : « Kabila finira comme Savimbi. À l’époque, Jonas Savimbi avait défié la communauté internationale. Aujourd’hui, Kabila a fait la même chose. »

Selon Augustin Kabuya, la décision de l’ancien président congolais viendrait conforter les accusations formulées depuis un certain temps par le président Félix Tshisekedi concernant son rôle présumé dans l’insécurité persistante dans l’est de la RDC.
Le responsable politique estime également que l’entrée de Joseph Kabila dans la direction du FRN témoigne de sa volonté de retrouver le pouvoir qu’il a exercé par le passé.
« Il n’y a rien d’étonnant. Le président Tshisekedi l’avait déjà annoncé », a-t-il affirmé.
Augustin Kabuya a poursuivi ses critiques en accusant Joseph Kabila de persister dans son attitude de défiance à l’égard de la communauté internationale, avant de conclure : « Voyons ce que l’avenir nous réserve. »
Les propos de Kabuya pourraient-ils un jour se retourner contre lui ou contre Tshisekedi ?
En prenant l’exemple de Jonas Savimbi pour évoquer le sort qu’il envisage pour Joseph Kabila, Augustin Kabuya a suscité une interrogation plus large : ceux qui prédisent la fin de leurs adversaires politiques savent-ils réellement ce que leur propre avenir leur réserve ?
Dans la vie politique, les situations peuvent évoluer de manière inattendue. Des dirigeants peuvent exercer longtemps le pouvoir et afficher une grande confiance dans leur capacité à le conserver, avant de se retrouver confrontés à des circonstances qu’ils n’avaient jamais envisagées.
Ainsi, même si Augustin Kabuya estime que Joseph Kabila pourrait connaître une fin comparable à celle de Jonas Savimbi, rien ne permet d’affirmer qu’un tel scénario se réalisera pour Kabila, pour Kabuya lui-même ou pour le président Félix Tshisekedi. L’évolution de la situation dépendra notamment des dynamiques politiques en RDC et d’autres événements à venir.
Un proverbe rappelle d’ailleurs que « celui qui creuse une fosse pour autrui risque d’y tomber lui-même ». Cette sagesse populaire invite chacun à mesurer ses paroles et à faire preuve de prudence lorsqu’il prétend prédire le destin d’autrui.
Le FRN et les évolutions de la crise politique et sécuritaire en RDC
Joseph Kabila a accédé à un poste de responsabilité au sein du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une coalition présentée par ses membres comme succédant à l’AFC/M23. Parmi les responsables cités au sein de cette coalition figurent également Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.
Cette évolution intervient alors que l’insécurité dans l’est de la RDC demeure l’un des principaux défis auxquels les autorités de Kinshasa sont confrontées. Dans le même temps, les relations politiques entre les dirigeants au pouvoir et leurs adversaires restent marquées par des déclarations virulentes et des accusations contradictoires.
L’entrée de Joseph Kabila dans la direction du FRN pourrait alimenter davantage les débats sur son rôle dans la vie politique congolaise et sur les orientations futures de cette coalition. Toutefois, il faudra suivre de près les actions du FRN ainsi que la réaction des autorités de Kinshasa pour mieux comprendre les conséquences de cette évolution.
Le destin des dirigeants reste une inconnue
Les déclarations d’Augustin Kabuya illustrent l’intensité des tensions politiques entre le parti au pouvoir et ses adversaires. Elles rappellent également combien il est difficile de prédire avec certitude le destin d’un responsable politique.
Le fait qu’Augustin Kabuya ait cité Jonas Savimbi ne signifie pas nécessairement que Joseph Kabila connaîtra une fin similaire. L’histoire peut offrir des enseignements, mais elle ne fournit aucune garantie quant à la manière dont les événements futurs se dérouleront.
En réalité, l’avenir demeure incertain. Aujourd’hui, une personne peut évoquer avec assurance le destin d’un adversaire, mais les circonstances de demain peuvent évoluer d’une manière qu’elle n’avait pas anticipée.
Les propos d’Augustin Kabuya laissent ainsi aux Congolais une question de fond : Joseph Kabila est-il le seul à devoir s’interroger sur son avenir politique, ou Augustin Kabuya et les autres dirigeants actuellement au pouvoir devraient-ils également garder à l’esprit que nul ne maîtrise entièrement ce que l’avenir lui réserve ?

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