La Guerre au Kivu Prend une Nouvelle Tournure Après la Mort du Général Obedi Ngabo
L’est de la République démocratique du Congo demeure le théâtre de violents affrontements opposant l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), les forces armées congolaises (FARDC) ainsi que plusieurs groupes armés alliés au gouvernement, notamment les Wazalendo et les FDLR. Alors que le conflit continue de s’intensifier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, de nouvelles informations indiquent qu’un important chef des Wazalendo, le Général Obedi Ngabo, aurait été tué lors de combats survenus près des mines de Rubaya, dans le territoire de Masisi.
Ces informations ont commencé à circuler vendredi soir, lorsque certains responsables de l’AFC/M23 ont annoncé la mort de ce chef militaire des Wazalendo. Manzi Willy, l’un des responsables de l’AFC/M23, a tenu des propos particulièrement marquants, laissant entendre que ce mouvement considère la mort du Général Obedi Ngabo comme une victoire importante sur le terrain.
Il a déclaré :
« Aujourd’hui, le monde est bien meilleur sans ceux qu’on appelait le Général Obed ; il a rejoint Ruhinda, Mudacumura, Cirimwami et d’autres. »
Bien que les Wazalendo ainsi que les FARDC n’aient pas encore réagi officiellement à ces informations, plusieurs journalistes spécialisés dans la situation sécuritaire de l’est du Congo, dont Steve Wembi, affirment que différentes sources confirment la mort de ce commandant lors des combats de vendredi.
Le Général Obedi Ngabo était considéré comme l’un des principaux chefs des groupes Wazalendo opérant dans la région de Masisi et aux alentours des mines de Rubaya, une zone devenue stratégique en raison de ses importantes ressources minières et de la lutte acharnée pour son contrôle.
Rubaya représente un enjeu économique majeur pour la RDC grâce à ses importantes réserves de minerais tels que le coltan, la cassitérite et le wolfram. Le contrôle de cette zone constitue l’une des principales raisons de l’intensification des combats entre l’AFC/M23 et les forces soutenant le gouvernement de Kinshasa.
Ces derniers mois, l’AFC/M23 a poursuivi son expansion dans plusieurs localités des territoires de Masisi et Rutshuru, poussant les FARDC à renforcer leur coopération avec les Wazalendo ainsi qu’avec d’autres groupes armés, dont les FDLR, afin de tenter de repousser cette rébellion.
Selon plusieurs observateurs, le conflit dans le Nord-Kivu a désormais pris une dimension régionale en raison de l’implication de plusieurs acteurs étrangers, de la prolifération des groupes armés et des intérêts liés aux ressources naturelles.
Pendant que les combats continuent de s’intensifier à Masisi et autour de Rubaya, la situation sécuritaire se dégrade également au Sud-Kivu, particulièrement dans les zones de Minembwe, Uvira et Fizi, où les populations civiles continuent de fuir les bombardements d’armes lourdes et les frappes de drones attribuées aux FARDC.
Des sources locales rapportent que dans la nuit de samedi à dimanche, un drone des FARDC aurait de nouveau mené des frappes près de Rubaya. Les habitants affirment avoir entendu plusieurs explosions violentes dans cette zone, même si aucun bilan officiel concernant d’éventuelles pertes humaines ou dégâts matériels n’a encore été communiqué.
Ces attaques de drones suscitent de plus en plus d’inquiétudes parmi les populations civiles, certains accusant les FARDC d’utiliser des armes lourdes dans des zones habitées, ce qui pourrait entraîner de graves violations des droits humains.
Le mouvement M23 avait repris les armes à la fin de l’année 2021 après plusieurs années d’inactivité militaire. Depuis lors, ce groupe a pris le contrôle de nombreuses localités du Nord-Kivu, affirmant défendre les droits des populations kinyarwandophones ainsi que la sécurité de certaines communautés qui disent être victimes de persécutions depuis plusieurs années.
De son côté, le gouvernement congolais accuse certains pays de la région de soutenir l’AFC/M23, des accusations régulièrement rejetées par les pays concernés, qui estiment que la crise congolaise doit être résolue par les Congolais eux-mêmes et que la présence de groupes armés comme les FDLR continue de menacer la stabilité régionale.
Malgré plusieurs initiatives diplomatiques et processus de paix organisés à Luanda, Nairobi et Doha, les affrontements se poursuivent et les populations civiles continuent d’en payer le plus lourd tribut.
Les organisations internationales expriment régulièrement leurs inquiétudes face à l’aggravation de la crise humanitaire dans l’est de la RDC. Des centaines de milliers de personnes ont déjà été contraintes de fuir leurs domiciles, tandis que beaucoup manquent de nourriture, de soins médicaux et d’abris.
Dans plusieurs zones de Masisi, Rutshuru, Nyiragongo ainsi qu’au Sud-Kivu, les habitants affirment vivre quotidiennement au rythme des tirs d’armes lourdes et des explosions de drones, une situation qui détériore davantage leurs conditions de vie.
À ce stade, rien ne laisse présager une désescalade imminente du conflit. Au contraire, les affrontements semblent continuer à prendre de l’ampleur, alors que les différentes parties renforcent progressivement leurs positions sur le terrain.






