La Tanzanie se voit accorder une place stratégique dans l’exploitation des minerais en RDC : ce qu’il faut retenir des échanges entre Samia et Tshisekedi à Zanzibar
Minembwe Capital News
La présidente de la Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, et le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, se sont rencontrés à Zanzibar ce mardi 18 août 2026, dans le cadre d’entretiens consacrés au renforcement de la coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines du commerce, des investissements, de l’exploitation minière, de l’énergie et de la sécurité.
La visite de Félix Tshisekedi en Tanzanie s’est déroulée sur deux jours. Il a été accueilli par la présidente Samia à Zanzibar. Les discussions entre les deux chefs d’État ont témoigné d’une volonté commune d’ouvrir une nouvelle étape dans la coopération économique entre les deux pays, alors que la RDC dispose d’importantes ressources naturelles, tandis que la Tanzanie possède des infrastructures, des ports et des corridors commerciaux susceptibles de faciliter le transport et l’acheminement des minerais vers les marchés.
Coopération dans le secteur minier
L’un des principaux sujets abordés a porté sur la coopération dans l’exploitation, la transformation et la commercialisation des ressources minières de la RDC.
La présidente Samia a indiqué qu’elle et Félix Tshisekedi étaient convenus de renforcer leur coopération dans ce secteur, une perspective susceptible d’accroître le rôle de la Tanzanie dans les activités liées aux ressources naturelles de la RDC.
Du côté de Félix Tshisekedi, les échanges ont également porté sur la nécessité de développer des mécanismes permettant d’accroître la valeur ajoutée des ressources naturelles africaines, plutôt que de continuer à les exporter à l’état brut.
Cette orientation rejoint la politique que la Tanzanie s’efforce également de promouvoir depuis plusieurs années, notamment en encourageant la transformation des minerais sur son territoire, l’attraction des investissements et le développement des technologies dans ce secteur.
La Tanzanie pourrait jouer un rôle majeur dans l’acheminement des minerais de la RDC
Les relations entre la Tanzanie et la RDC pourraient également jouer un rôle important dans le développement du commerce transfrontalier, du transport et de la circulation des marchandises.
La Tanzanie dispose de ports et d’infrastructures de transport reliant l’Afrique de l’Est aux régions d’Afrique centrale. Dans ce contexte, la coopération dans le secteur minier pourrait aller de pair avec le développement des corridors d’acheminement des minerais, du transport, du commerce et des investissements.
Alors que la RDC cherche à accroître la valeur ajoutée de ses ressources naturelles, la Tanzanie pourrait contribuer à fournir des voies de transport et des réseaux commerciaux permettant à ces ressources d’accéder plus facilement aux marchés régionaux et internationaux.
C’est dans cette perspective que les discussions entre les deux chefs d’État ont accordé une place importante au commerce et aux investissements, ainsi qu’aux questions énergétiques et sécuritaires en RDC.
L’énergie, un autre pilier de la coopération
Samia Suluhu Hassan et Félix Tshisekedi ont également abordé la question de l’énergie, considérée comme un secteur essentiel au développement économique et industriel.
Du côté de la Tanzanie, la présidente Samia accorde depuis plusieurs années une place importante aux investissements dans les infrastructures, l’énergie, les transports et l’industrie, dans l’objectif de faire de son pays un pôle régional du commerce et des investissements.
Pour la RDC, l’amélioration de l’accès à une énergie suffisante demeure particulièrement importante pour développer l’exploitation minière, les industries et la transformation des ressources naturelles sur le territoire national.
Ainsi, la coopération dans le domaine énergétique pourrait accompagner le développement industriel et renforcer les capacités de transformation des ressources naturelles de la RDC.
La sécurité régionale également au cœur des discussions
Bien que les échanges aient été largement axés sur les questions économiques, la situation sécuritaire en RDC figurait également parmi les sujets abordés.
La présidente Samia a salué les efforts déployés par Félix Tshisekedi dans la recherche de la paix et d’une solution durable aux problèmes sécuritaires auxquels le pays est confronté, particulièrement dans l’est de la RDC.
Cette rencontre intervient alors que l’instabilité persistante dans l’est de la RDC continue d’avoir des répercussions sur l’économie, le commerce et les conditions de vie des populations, tout en ayant des conséquences sur la sécurité des pays de la région des Grands Lacs.
Pour la Tanzanie, qui joue un rôle important dans les initiatives sécuritaires et la coopération régionale, la stabilité de la RDC revêt une importance particulière pour le commerce, les investissements et les relations entre les pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale.
Les relations entre la Tanzanie et la RDC entrent dans une nouvelle phase
De part et d’autre, les discussions ont fait ressortir la volonté de consolider davantage les relations historiques et la coopération stratégique entre la Tanzanie et la RDC.
La présidente Samia a estimé que la visite de Félix Tshisekedi ouvrait une nouvelle étape dans le renforcement des relations bilatérales, tandis que le président congolais a lui aussi souligné l’importance de préserver les liens historiques et de renforcer la coopération entre la RDC et la Tanzanie.
Cette nouvelle orientation, qui englobe l’exploitation minière, le commerce, les investissements, les infrastructures, l’énergie et la sécurité, pourrait avoir une influence importante sur la manière dont la RDC exploite, transforme et commercialise ses ressources naturelles.
Que pourrait gagner la Tanzanie ?
Une telle coopération pourrait offrir à la Tanzanie l’occasion de jouer un rôle plus important dans la chaîne de valeur des ressources minières de la RDC.
Si cette orientation est effectivement mise en œuvre, la participation de la Tanzanie pourrait concerner plusieurs secteurs, notamment le transport, les infrastructures, les investissements, le commerce et la transformation des minerais.
Pour la RDC, cette coopération pourrait faciliter l’accès aux marchés internationaux grâce aux infrastructures et aux corridors de transport tanzaniens. La Tanzanie, de son côté, pourrait bénéficier de nouvelles opportunités d’investissement, de commerce et de développement d’infrastructures liées à l’exploitation minière et au transport.
La RDC veut accroître la valeur de ses ressources naturelles
Les discussions de Zanzibar semblent également s’inscrire dans une volonté de faire évoluer la manière dont les ressources naturelles de la RDC sont exploitées et valorisées.
Plutôt que de continuer à exporter des minerais non transformés, la RDC cherche à renforcer ses capacités de transformation afin de produire davantage de valeur ajoutée sur son propre territoire.
Une telle politique pourrait permettre au pays d’accroître les revenus générés par ses ressources naturelles, de développer son industrie, de créer des emplois et de renforcer la participation des populations ainsi que des investisseurs africains dans ce secteur.
Grâce à sa position géographique et à ses infrastructures, la Tanzanie pourrait, pour sa part, devenir un partenaire important dans cette dynamique.
Une coopération porteuse d’opportunités, mais qui exige une gouvernance rigoureuse
La coopération entre la Tanzanie et la RDC dans le secteur minier pourrait générer de nouvelles opportunités en matière d’investissements, d’emplois, de commerce et de développement industriel.
Cependant, pour que ces opportunités bénéficient réellement aux populations, elles nécessiteront une gouvernance efficace, la transparence, le respect des lois, la protection de l’environnement ainsi que la préservation des intérêts des deux États et de leurs populations.
Plus particulièrement, le secteur minier nécessite des mécanismes clairs de gestion des ressources, un suivi rigoureux des activités des investisseurs ainsi que des mesures efficaces contre l’exploitation minière illégale et les pratiques commerciales ne respectant pas les normes en vigueur.
Zanzibar, le début d’une nouvelle orientation
En définitive, les discussions de Zanzibar ne se sont pas limitées aux questions politiques et aux relations bilatérales. Elles ont fait émerger une nouvelle vision visant à mettre en relation les ressources naturelles de la RDC avec les capacités de la Tanzanie dans les domaines du commerce, des infrastructures, du transport et des investissements.
Du côté de la RDC, l’objectif est d’accroître la valeur ajoutée de ses ressources naturelles et d’attirer davantage d’investissements. La Tanzanie, quant à elle, entend continuer à renforcer son rôle de plateforme régionale pour le commerce, le transport et les investissements.
Cette dynamique pourrait permettre à la Tanzanie de jouer un rôle croissant dans le parcours des minerais congolais, depuis leur exploitation et leur transformation jusqu’à leur acheminement vers les marchés.
Si cette coopération est effectivement mise en œuvre conformément aux engagements annoncés, elle pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’investissements, d’emplois, de commerce et de développement industriel. Elle nécessitera toutefois une gestion transparente et responsable des ressources naturelles, afin que les bénéfices de cette coopération puissent également profiter aux populations.
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