Le Cardinal Fridolin Ambongo adresse de vives critiques au pouvoir de Félix Tshisekedi lors de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la RDC
À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, a exprimé de profondes inquiétudes quant à la direction prise par le pays. Selon lui, les idéaux portés par les pères de l’indépendance demeurent largement inachevés. Il a estimé qu’après plus de six décennies d’indépendance, le pays devait reconnaître ses échecs et s’engager résolument sur la voie de la réconciliation et de réformes durables.
Lors de la messe commémorative célébrée le 30 juin 2026 à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa, le Cardinal Ambongo a rappelé que les discours prononcés au moment de l’accession de la RDC à l’indépendance étaient porteurs d’un immense espoir fondé sur la justice, la paix, l’unité nationale et le développement. Il s’est toutefois interrogé sur la concrétisation de ces aspirations.
« Personne ne peut le nier. Après 66 ans d’indépendance, nous avons tous échoué », a-t-il déclaré.
Le prélat a également souligné que la RDC dispose d’immenses richesses naturelles et de tous les atouts nécessaires pour devenir l’une des principales puissances africaines. Pourtant, a-t-il regretté, une grande partie de la population continue de vivre dans la pauvreté, sous la menace des conflits armés et confrontée à de graves difficultés au quotidien. Il a ajouté que les problèmes liés à l’accès à l’eau potable, aux soins de santé, à l’alimentation et à la sécurité ne se limitent plus à l’est du pays, mais touchent désormais plusieurs autres régions, y compris la capitale, Kinshasa.
Le Cardinal Ambongo a en outre affirmé que les autorités devraient d’abord s’atteler à résoudre les problèmes qui affectent directement les citoyens plutôt que de concentrer leurs efforts sur les débats relatifs à une éventuelle révision de la Constitution. Il s’est interrogé sur la pertinence de donner la priorité à des réformes susceptibles de prolonger le mandat du Chef de l’État alors que de nombreux Congolais continuent de faire face à d’importantes difficultés.
Dans l’est de la RDC, la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante. De nombreux habitants, notamment parmi certains membres de la communauté Banyamulenge vivant à Minembwe et dans les localités environnantes, affirment continuer à subir des attaques, des déplacements forcés ainsi que des pertes en vies humaines et en biens. Certains accusent les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes Wazalendo d’être impliqués dans ces violences. D’autres évoquent également la présence de combattants des FDLR, de militaires burundais ainsi que de membres des Imbonerakure. Ces accusations sont régulièrement formulées par des habitants, tandis que les autorités de Kinshasa les contestent ou en donnent des interprétations différentes.
De leur côté, le MRDP–Twirwaneho et l’AFC/M23 affirment avoir pris les armes dans le but de protéger les populations civiles, de promouvoir des réformes politiques et de favoriser un dialogue susceptible d’aboutir à une paix durable. Le gouvernement congolais, pour sa part, continue de considérer ces mouvements comme des groupes armés portant atteinte à la souveraineté nationale et affirme que les opérations militaires visent à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Plusieurs analystes estiment que les propos du Cardinal Ambongo traduisent des préoccupations largement partagées par de nombreux Congolais. Selon eux, une paix durable ne pourra être obtenue uniquement par les moyens militaires, mais nécessitera également un dialogue politique inclusif, le respect des droits de l’homme, l’établissement des responsabilités pour toutes les exactions commises contre les civils, ainsi que la mise en place d’institutions fondées sur la justice, la bonne gouvernance et l’État de droit.
Alors que la RDC entame sa 67e année d’indépendance, une question demeure au cœur des préoccupations nationales : comment remettre le pays sur la voie de l’unité et de la paix, garantir la sécurité de tous les citoyens, assurer le respect de leurs droits fondamentaux et permettre à toutes les parties concernées de participer à la recherche de solutions durables aux défis auxquels le pays est confronté ?






