Uvira dans l’obscurité sécuritaire : « Nous sommes en train de disparaître » — Un habitant appelle au secours et demande à la MONUSCO d’ouvrir une enquête urgente
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
Un habitant de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a lancé un cri d’alarme face à la dégradation continue de la situation sécuritaire. Il accuse des groupes armés ainsi que des militaires appartenant à la coalition qui contrôle la zone d’être impliqués dans des actes de pillage et de meurtre.
Cet habitant, qui s’est confié à Minembwe Capital News, a demandé que son identité ne soit pas révélée pour des raisons de sécurité. Il affirme que les habitants d’Uvira sont confrontés depuis un certain temps à des actes de pillage, de meurtre et de violences, particulièrement en soirée et durant la nuit.
Il appelle la MONUSCO ainsi que les organisations internationales à suivre de près cette situation et à mener une enquête indépendante sur les allégations de meurtres et de violences rapportées dans la ville.
« Nous sommes en train de disparaître » : un habitant décrit une population vivant dans la peur
Dans son témoignage, cet habitant affirme que la population vit dans la peur, expliquant que des individus se rendent dans des domiciles ou différents quartiers de la ville dans le but de dépouiller les habitants. Selon lui, certaines personnes qui tentent d’alerter les autres ou de s’opposer à ces actes de pillage seraient tuées.
Il témoigne :
« Journalistes, venez à notre secours, nous sommes en train de disparaître. Nous sommes dépouillés jour et nuit. »
Cet habitant affirme que les actes de pillage sont commis par des personnes qu’il accuse d’appartenir aux Wazalendo, aux FARDC, ainsi que par certains militaires burundais. Il précise qu’au départ, il n’accusait pas les militaires burundais d’être impliqués dans ces actes, mais qu’il affirme désormais que certains d’entre eux auraient commencé à y participer discrètement.
Il ajoute :
« Ceux qui nous dépouillent sont les Wazalendo, les FARDC ainsi que des militaires burundais. Même s’ils ne le faisaient pas au début, certains le feraient désormais discrètement, nous dépouillant comme le font les Wazalendo, les FDLR et les FARDC. »
Il affirme que le problème va au-delà des pillages
Selon cet habitant, le problème ne se limite pas aux pillages. Il affirme que d’autres actes de violence seraient également commis, notamment des meurtres.
Il déclare :
« En plus de nous dépouiller sous couvert de la nuit, ils nous tuent également. Lorsqu’ils viennent vous voler et que vous criez au secours, ils vous tuent. »
Il affirme que ces actes de violence pourraient être commis dans différents endroits, notamment dans les domiciles des habitants et dans des quartiers densément peuplés.
Il poursuit :
« Ils nous tuent réellement, et ils nous tuent en tirant pendant la nuit et le soir. Certains sont tués dans leurs maisons et dans les quartiers. »
Cet habitant précise qu’il n’est pas en mesure de fournir le nombre exact de personnes qui auraient été tuées. Toutefois, selon son témoignage, il ne se passerait pas trois jours sans qu’une personne ne soit tuée. Il affirme également que, certaines fois, plus de deux personnes seraient tuées en l’espace de quelques jours.
Compte tenu de la gravité de ces accusations, celles-ci nécessitent une enquête indépendante menée par les autorités compétentes, sur la base de preuves et de témoignages de personnes ayant été directement témoins des faits.
Ce qu’il affirme au sujet des violences sexuelles
Dans son témoignage, cet habitant évoque également des violences sexuelles. Il affirme que certaines femmes auraient été violées avant d’être tuées.
Il indique qu’au cours du mois de juillet 2026, plusieurs actes de meurtre et de violence auraient été enregistrés, affirmant que plus de 17 personnes auraient perdu la vie durant cette période.
Selon lui, parmi les victimes figureraient des femmes qui auraient été violées avant d’être tuées, ainsi que des hommes et d’autres habitants.
Si elles étaient confirmées, ces accusations constitueraient de graves allégations de violences susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux des populations, notamment au droit à la vie et à la protection contre les violences.
« Lorsque le M23 était encore dans cette ville, nous étions en paix »
Cet habitant établit un lien entre la dégradation de la situation sécuritaire à Uvira et le départ de l’AFC/M23 de la ville.
Selon son récit, l’AFC/M23 aurait quitté Uvira le 18 janvier 2026, après avoir été appelé à le faire par les États-Unis.
L’habitant affirme que, durant la période où l’AFC/M23 était encore présent à Uvira, la population avait le sentiment de bénéficier d’une sécurité meilleure que celle qu’elle connaîtrait actuellement.
Il affirme :
« Lorsque le M23 était encore dans cette ville, nous étions en paix. »
Il demande à la MONUSCO et aux organisations internationales d’enquêter
Alors qu’il affirme que la population continue de vivre dans la peur, cet habitant demande que la situation à Uvira ne soit pas laissée uniquement entre les mains des forces de sécurité nationales.
Il estime que la MONUSCO et les organisations internationales devraient se rendre dans la région, écouter les habitants et mener des enquêtes sur les allégations de meurtres, de pillages et de violences.
Il demande que l’enquête soit menée de manière indépendante, notamment à travers la collecte de témoignages auprès des habitants, des familles ayant perdu des proches ainsi que d’autres personnes susceptibles de disposer d’informations sur les événements rapportés.
Pour cet habitant, la question n’est pas seulement de déterminer qui serait responsable de ces actes, mais également de savoir si la population pourra bénéficier d’une sécurité durable et de la justice.
Uvira, une zone stratégique dans les enjeux sécuritaires
Uvira constitue une zone particulièrement importante dans les enjeux sécuritaires qui touchent l’est de la République démocratique du Congo.
Cet habitant affirme qu’actuellement, la ville est contrôlée par une coalition composée de forces armées et de groupes armés, parmi lesquels il cite les FARDC, les forces burundaises, les Wazalendo et les FDLR.
C’est dans ce contexte qu’il affirme que la population aurait commencé à être confrontée à des actes de pillage et de meurtre qui alimenteraient un climat de peur.
L’essentiel, face à ces accusations, est que toute personne impliquée dans des actes criminels soit tenue responsable, qu’il s’agisse d’un militaire, d’un membre d’un groupe armé ou de toute autre personne, et que les populations civiles ne puissent être prises pour cibles en raison de leur vulnérabilité ou de leur incapacité à se défendre.
Il demande le retour de l’AFC/M23 et du MRDP-Twirwaneho à Uvira
À la fin de son témoignage, cet habitant a déclaré souhaiter le retour de l’AFC/M23 et du MRDP-Twirwaneho à Uvira, afin qu’ils mettent fin au contrôle sécuritaire exercé, selon lui, par la coalition militaire qu’il accuse de maintenir la population dans la peur.
La principale question qui demeure est désormais de savoir si les actes de meurtre et de pillage évoqués dans ce témoignage se produisent réellement à l’ampleur décrite, quelles personnes seraient impliquées et quelles mesures pourraient être prises pour y mettre fin.
Seule une enquête indépendante permettra d’établir les faits
Le témoignage de cet habitant donne l’image d’une situation sécuritaire qu’il décrit comme marquée par la peur et l’insécurité au sein de la population.
Toutefois, compte tenu de la gravité des accusations évoquées — notamment les meurtres, les viols, les pillages ainsi que l’implication présumée de militaires ou de groupes armés — cette affaire ne devrait pas se limiter au témoignage d’un seul habitant.
La MONUSCO, les organisations internationales de défense des droits humains ainsi que les autres instances compétentes devraient examiner ces allégations, se rendre auprès des populations concernées, recueillir les témoignages et rechercher des éléments de preuve indépendants.
À Uvira, l’enjeu principal reste de déterminer si les habitants continueront à vivre dans la peur ou si les autorités chargées de la sécurité, avec l’appui de la communauté internationale, prendront des mesures concrètes pour les protéger et poursuivre les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes.
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)





