Baraka : les FARDC arrêtent six responsables qui se rendaient auprès des autorités militaires pour porter les doléances de la population
Minembwe Capital News
Une nouvelle tension est signalée dans la ville de Baraka, dans le territoire de Fizi, après l’arrestation, ce vendredi 14 août 2026, de six personnes par des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), parmi lesquelles figurent des responsables de la société civile ainsi que des représentants du secteur privé.
Selon les informations communiquées par la « Force Vive » de la société civile de Baraka, ces six personnes ont été interpellées dans la zone de Katanga alors qu’elles se rendaient à une rencontre avec le commandement militaire local.
Parmi les personnes arrêtées figurent Albert Etunda Maisha, président de la société civile de Baraka, et Mukindula Ally, connu sous le nom de « Le Bon », vice-président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à Baraka, ainsi que d’autres responsables d’organisations opérant dans la région.
Selon Luc Lokendo Tenchi, secrétaire exécutif de la société civile « Force Vive », ces responsables ont été arrêtés aux environs de 9 heures du matin alors qu’ils se dirigeaient vers les autorités militaires.
La délégation devait échanger avec le commandement militaire au sujet d’une barrière érigée dans la zone de Katanga, où la société civile affirme que la population continue de faire face à des difficultés liées à la perception présumée de sommes d’argent jugées illégales.
Il est notamment rapporté qu’une somme de 5 000 francs congolais serait exigée pour chaque motocyclette à cette barrière. Les personnes chargées de cette perception auraient expliqué qu’il s’agissait de frais liés aux mesures de prévention et de contrôle de la sécurité.
La société civile de Baraka considère l’arrestation de ces responsables comme une mesure injustifiée et demande leur libération immédiate et sans condition.
Cette interpellation intervient alors que la société civile de Baraka alerte depuis plusieurs jours sur les préoccupations sécuritaires de la population, particulièrement durant les heures nocturnes.
La société civile ainsi que certains habitants de Baraka ont à plusieurs reprises accusé certains militaires des FARDC, des combattants Wazalendo et d’autres forces alliées aux FARDC de faire irruption dans des domiciles pendant la nuit, de dépouiller des habitants et de commettre des actes de pillage.
Toutefois, ces accusations n’ont pas, à ce stade, été établies par une décision judiciaire. Les personnes mises en cause conservent leur droit à la défense et à une enquête indépendante permettant d’établir les faits.
Avant ces événements, la société civile de Baraka avait organisé une manifestation pour demander le retrait de certains militaires des FARDC appartenant à l’unité connue sous le nom de « Hiboux », ainsi que de combattants Wazalendo, de la ville de Baraka.
À cette occasion, la société civile les accusait d’être impliqués dans des actes de vol et de pillage visant des habitants pendant la nuit et appelait les autorités militaires à prendre des mesures fermes pour assurer la protection de la population et de ses biens.
Baraka, l’une des principales villes du territoire de Fizi, continue de faire face à des défis sécuritaires dans un contexte marqué par la persistance des violences et de l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans cette zone, des militaires des FARDC, des combattants Wazalendo ainsi que des forces burundaises alliées aux autorités de Kinshasa sont présents dans le cadre des opérations visant à lutter contre les groupes armés.
Des habitants affirment toutefois que, malgré la présence de ces forces censées assurer leur protection, certains éléments armés sont accusés de contribuer à l’insécurité, d’exiger de l’argent auprès de la population et de s’emparer de leurs biens.
Face à cette situation, les habitants et les responsables de la société civile demandent l’ouverture d’enquêtes approfondies ainsi que la mise en place de mesures efficaces visant à prévenir toute forme d’abus à l’encontre de la population.
L’arrestation de responsables de la société civile et de la FEC alors qu’ils se rendaient auprès des autorités militaires pour leur présenter les préoccupations de la population soulève également des interrogations sur les conditions dans lesquelles les habitants et leurs représentants peuvent faire entendre leurs doléances auprès des autorités compétentes.
À ce stade, les raisons précises de l’arrestation de ces six personnes n’ont pas encore été officiellement détaillées. Il n’est pas non plus établi si elles font l’objet d’accusations précises ou d’une procédure judiciaire connue.
La société civile « Force Vive » demande leur libération rapide et appelle à ce que les questions liées aux barrières, à la perception d’argent auprès de la population ainsi qu’aux allégations d’insécurité fassent l’objet d’un examen indépendant, impartial et conforme à la loi.
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