Débat autour du dialogue national en RDC : exclure Kabila, Nangaa et le M23 apportera-t-il la paix ou risque-t-il d’approfondir les divisions entre Congolais ?
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
Alors que le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, continue d’affirmer son soutien à l’organisation d’un dialogue national destiné à trouver des solutions aux crises politiques et sécuritaires qui fragilisent le pays depuis plusieurs années, les débats s’intensifient après la position exprimée par la Société civile de la RDC (SCRDC), qui affirme ne pas accepter la participation de Joseph Kabila, Corneille Nangaa ainsi que du mouvement M23 à ces assises.
Le mardi 21 juillet 2026, le coordonnateur général de la Société civile de la RDC, Christopher Ngoy Mutamba, a salué l’initiative du président Félix Tshisekedi visant à organiser un dialogue national. Toutefois, il a estimé que ces discussions ne devraient pas devenir un cadre permettant d’accueillir ou d’accorder une place à des personnes accusées d’avoir joué un rôle dans les conflits armés et les violences qui ont endeuillé la RDC.
S’exprimant devant la presse, Christopher Ngoy a déclaré que la Société civile ne pouvait pas accepter que Joseph Kabila, Corneille Nangaa ou encore le M23 prennent part à la table des négociations.
Il a notamment déclaré :
“Le temps est révolu où des personnes accusées d’avoir causé des violences, entraînant la mort de nombreux citoyens, peuvent ensuite venir s’asseoir à la table des négociations et être considérées comme de véritables partenaires. Nous ne l’accepterons pas. Si cette question n’est pas prise en compte, la Société civile et la population s’opposeront à un dialogue impliquant Joseph Kabila et Corneille Nangaa.”
Christopher Ngoy a également estimé que l’intégration de ces acteurs dans le processus de dialogue ne constituerait pas une véritable réponse aux problèmes sécuritaires qui persistent depuis des années dans l’Est de la RDC.
Il a par ailleurs évoqué les récentes déclarations du président rwandais Paul Kagame concernant les liens entre le Rwanda et le M23, affirmant que ces propos renforceraient, selon lui, les positions défendues depuis longtemps par la Société civile sur l’implication présumée de ce mouvement.
En conclusion, le responsable de la Société civile est également revenu sur les manifestations annoncées par l’opposition politique. Selon lui, celles-ci n’auraient pas permis d’apporter des changements significatifs dans la situation politique nationale et auraient pu représenter un risque supplémentaire pour la stabilité du pays.
Ces déclarations ont provoqué de vives réactions parmi les observateurs de la scène politique congolaise. Certains analystes estiment qu’un dialogue national ne devrait pas commencer par une sélection préalable des participants fondée sur des considérations politiques ou sur les accusations formulées par les différentes parties en conflit.
Selon eux, lorsque des individus sont accusés de crimes graves, ces accusations devraient être examinées par les institutions judiciaires compétentes, plutôt que de servir de justification pour fermer définitivement la porte à un processus politique inclusif.
D’autres observateurs soulignent qu’une paix durable ne pourra être obtenue si certains Congolais sont autorisés à participer aux discussions sur l’avenir du pays tandis que d’autres sont exclus avant même que le dialogue ne commence.
Sur le plan politique, plusieurs analystes considèrent que le maintien d’un discours fondé principalement sur les accusations mutuelles et l’exclusion des adversaires politiques pourrait davantage renforcer les divisions au lieu de favoriser la réconciliation nationale.
Ils estiment qu’un véritable dialogue national exige de la tolérance, l’écoute des différentes sensibilités et la recherche de solutions communes, plutôt qu’une approche basée sur l’exclusion de certains acteurs.
Les observateurs de l’histoire politique de la RDC rappellent que le pays a déjà expérimenté plusieurs initiatives visant à mettre fin aux crises, mais que les résultats restent limités lorsque les différentes parties impliquées dans les conflits ne disposent pas d’un espace réel pour échanger et négocier.
Certains soulignent également qu’une paix durable en RDC ne pourra pas uniquement dépendre de l’intervention de partenaires internationaux ou de pressions extérieures, mais qu’elle devra avant tout être construite par les Congolais eux-mêmes, à travers la priorité accordée à l’intérêt national au-delà des intérêts individuels, politiques ou communautaires.
Alors que les discussions autour du dialogue national continuent de susciter de nombreux débats, tous les regards restent tournés vers la manière dont le gouvernement du président Félix Tshisekedi organisera ce processus et répondra aux différentes propositions venant des acteurs politiques, de la société civile et des autres forces sociales du pays.
La paix durable en République démocratique du Congo nécessitera un dialogue fondé sur la compréhension mutuelle, le respect et la recherche de solutions profondes, afin de permettre au pays de sortir des crises qui l’affectent depuis plusieurs décennies.






