L’AFC/M23 annonce un programme d’échange de prisonniers avec le gouvernement de Kinshasa, basé sur les accords de la Suisse
Le porte-parole adjoint en charge des affaires politiques de la coalition AFC/M23, le Dr Balinda, a déclaré que cette alliance est prête à libérer d’autres détenus capturés du côté du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), à condition que ce dernier accepte également de libérer les membres de l’AFC/M23 qu’il détient.
Le Dr Balinda a souligné que cette démarche s’inscrit dans les progrès réalisés lors des récentes discussions tenues en Suisse, au cours desquelles les parties ont été encouragées à privilégier la voie du dialogue, notamment sur la question des prisonniers détenus par les deux camps, considérée comme l’un des principaux obstacles à la paix dans l’est de la RDC.
Selon les informations communiquées, ce programme d’échange de prisonniers devrait être mis en œuvre au plus tard le 28/04/2026, sous réserve du respect des engagements pris par les deux parties.
La question de l’échange de prisonniers n’est pas nouvelle dans les processus de paix en cours dans l’est du Congo. À plusieurs reprises, cette problématique a été identifiée comme l’un des points les plus sensibles et difficiles à résoudre, en particulier durant les affrontements entre le gouvernement de Kinshasa et la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).
Lors des précédents pourparlers, notamment à Nairobi au Kenya et à Luanda en Angola, des mesures dites de confiance avaient été proposées, parmi lesquelles :
- l’échange de prisonniers ;
- la cessation temporaire des hostilités ;
- la prise en charge des réfugiés et des civils affectés par le conflit.
La coalition Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) trouve son origine dans le mouvement M23, apparu dans l’est de la RDC après 2012, à la suite d’accusations selon lesquelles le gouvernement congolais n’avait pas respecté les accords conclus avec d’anciens membres du CNDP intégrés dans l’armée nationale.
Après plusieurs années d’inactivité relative, ce mouvement a repris les armes en 2021, accusant le gouvernement de la RDC de ne pas répondre aux problèmes sécuritaires et aux discriminations ethniques dans l’est du pays.
En 2023 et 2024, l’AFC/M23 a connu une restructuration, adoptant progressivement une orientation plus politique, bien que le gouvernement de Kinshasa continue de le considérer comme un mouvement illégal.
Malgré l’annonce de ce programme d’échange de prisonniers, de nombreux défis persistent, laissant penser que le processus de paix reste long et complexe, notamment :
- le manque de confiance entre les parties ;
- la persistance de combats dans certaines zones de l’est de la RDC ;
- l’absence de mécanismes clairs pour la mise en œuvre des accords.
Cependant, certains observateurs estiment que, si ce programme est effectivement appliqué, il pourrait constituer une avancée, certes modeste mais significative, vers la réduction des tensions et le renforcement de la confiance entre les parties en conflit.
La déclaration du Dr Balinda confirme qu’une volonté de privilégier la voie du dialogue et de la négociation demeure présente pour résoudre les conflits persistants dans l’est de la RDC. Toutefois, la mise en œuvre effective de ces engagements sera déterminante pour savoir si les deux parties sont réellement prêtes à transformer les promesses en actions concrètes.






