Les attaques se poursuivent dans les villages habités par les Banyamulenge alors que Kinshasa se concentre sur la révision de la Constitution
Alors que la République démocratique du Congo continue d’être marquée par des débats autour du projet de révision ou de modification de la Constitution, de nombreuses voix s’interrogent sur la priorité réelle du pays à ce moment critique, tandis que l’insécurité et les conflits continuent de coûter la vie à de nombreux civils dans l’est du pays.
Patrick Nkanga, porte-parole du bureau politique du PPRD, le parti de l’ancien président Joseph Kabila, a déclaré que la Constitution n’est pas la propriété des politiciens, mais celle de l’ensemble des citoyens. Il a souligné que les partisans des réformes doivent d’abord expliquer clairement les problèmes que pose cette Constitution ainsi que les raisons justifiant sa modification.
M. Nkanga a rappelé que la Constitution de 2006 est issue d’un large consensus obtenu après des années de guerre qui avaient dévasté le pays. Selon lui, ce texte fondamental a également permis à la RDC de connaître sa première alternance démocratique depuis son indépendance en 1960.
Il estime que le véritable enjeu ne réside pas dans le changement de la Constitution en lui-même, mais dans la nécessité de s’attaquer en priorité aux problèmes urgents auxquels le pays est confronté, notamment l’insécurité persistante qui continue de s’aggraver dans l’est du Congo.
Pendant qu’à Kinshasa les débats portent sur des réformes institutionnelles et politiques, les habitants des collines de Minembwe vivent toujours dans la peur des tirs et des attaques répétées.
Selon des informations provenant des habitants et d’autres sources locales à Minembwe, ce mercredi matin, les forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par des forces burundaises, des groupes Wazalendo ainsi que des éléments du FDLR, ont de nouveau lancé des attaques contre des villages habités par les Banyamulenge situés dans les environs du centre de Minembwe, notamment dans la zone de Gakenke.
Ces attaques font suite à d’autres opérations menées la veille dans les localités de Bidegu, Kalongi, Mikenke et Kalingi, où les habitants rapportent des affrontements violents ayant forcé certains à fuir leurs foyers pour sauver leur vie.
Les populations de ces zones affirment faire face à de graves difficultés, notamment les déplacements forcés, le manque de nourriture, l’absence d’accès aux soins de santé ainsi qu’une détérioration croissante de la situation psychologique dans de nombreuses familles.
Plusieurs analystes s’interrogent sur la pertinence de concentrer autant d’énergie sur des débats politiques liés à la Constitution alors que de vastes régions de l’est du pays restent plongées dans la violence armée.
Selon de nombreux observateurs, la question sécuritaire demeure la priorité absolue, car elle impacte directement la vie des citoyens, l’économie nationale ainsi que l’unité du peuple congolais.
Certains estiment qu’avant d’engager des discussions approfondies sur une nouvelle Constitution, il serait essentiel de rechercher des solutions durables à la crise sécuritaire, notamment par la cessation des hostilités, la protection des civils, le retour des déplacés dans leurs communautés et l’ouverture d’un dialogue inclusif en faveur d’une paix durable.
Alors que les acteurs politiques restent divisés sur l’avenir de la Constitution, de nombreux habitants de l’est de la RDC affirment que leur besoin prioritaire demeure la paix et la sécurité.
Ils soulignent qu’aucune réforme politique ne peut produire d’effets positifs tant que les populations continuent de fuir quotidiennement, que les villages sont incendiés et que des vies sont perdues.
Pour eux, la paix constitue le fondement du développement, de la démocratie et de l’unité nationale. Ils appellent ainsi les autorités congolaises et les partenaires internationaux à donner la priorité à la question sécuritaire.
Alors que les combats continuent de s’intensifier dans les collines de Minembwe et dans d’autres zones du Sud-Kivu, l’attention des Congolais et de la communauté internationale reste tournée vers la manière dont les autorités de Kinshasa pourront concilier les priorités politiques et l’aspiration des populations à une paix durable.
À ce jour, les affrontements se poursuivent dans plusieurs localités proches de Minembwe, tandis que les habitants continuent de demander assistance et protection afin de préserver leurs vies et leurs biens.






