Le président de la République démocratique du Congo, , a déclaré que les élections générales prévues en 2028 ne pourront pas se tenir tant que la sécurité ne sera pas rétablie sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans l’Est du pays.
Lors d’un entretien accordé à la presse ce mercredi 06/05/2026 à , le président Tshisekedi a indiqué que la crise sécuritaire constitue un facteur majeur pouvant entraîner le report des élections ou d’éventuels changements dans le processus électoral.
Il a affirmé : « Si nous ne mettons pas fin à cette guerre, il sera impossible d’organiser les élections en 2028. On ne peut pas organiser des élections dans des zones contrôlées par l’Alliance Fleuve Congo, AFC/M23. »
Ces propos montrent que le gouvernement de la RDC considère la situation sécuritaire comme un obstacle majeur au fonctionnement du processus démocratique, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les combats persistent et où certaines zones échappent encore au contrôle des forces gouvernementales.
Cette déclaration intervient alors que les forces armées de la République démocratique du Congo, appuyées par l’armée burundaise et les groupes Wazalendo, poursuivent leurs opérations contre la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Parallèlement, les initiatives de médiation régionales et internationales continuent de rechercher une solution durable au conflit, malgré une situation sécuritaire toujours instable.
Le président Tshisekedi a également souligné qu’il serait difficile d’organiser des élections crédibles si tous les citoyens ne peuvent pas y participer. Selon lui, organiser des scrutins dans des zones partiellement inaccessibles risquerait de produire des résultats contestés et dépourvus de légitimité.
Des analystes politiques estiment que cette situation révèle une véritable crise électorale potentielle, dans la mesure où l’exclusion d’une partie du territoire pourrait fragiliser la crédibilité des résultats aussi bien auprès de la population que de la communauté internationale.
Cependant, certains acteurs politiques et organisations de la société civile estiment que la priorité devrait être accordée à la restauration rapide de la sécurité et à la mise en place de mécanismes permettant aux populations des zones affectées de participer pleinement au processus démocratique.
Au cours de cette même interview, le président Tshisekedi est également revenu sur la question de la durée de son mandat. Il a déclaré qu’il ne demandait pas un troisième mandat, tout en précisant qu’il ne le refuserait pas si le peuple le souhaitait.
Il a déclaré : « Je n’ai jamais demandé un troisième mandat, mais si le peuple le souhaite, je l’accepterai. »
Ces déclarations relancent le débat sur une éventuelle révision de la Constitution de la RDC, notamment concernant la disposition limitant le nombre de mandats présidentiels à deux.
À ce jour, effectue son deuxième mandat, après son élection en 2018 puis sa réélection en 2023, conformément à la Constitution actuellement en vigueur.
Les propos du président mettent en évidence deux enjeux majeurs dans la vie politique congolaise :
- Le lien étroit entre sécurité et avenir démocratique : le gouvernement privilégie le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire avant l’organisation des élections, considérant la guerre comme le principal obstacle à des scrutins crédibles.
- La réouverture du débat sur la gouvernance et la Constitution : sa déclaration concernant un éventuel troisième mandat pourrait raviver les tensions politiques entre les partisans du maintien de la Constitution actuelle et ceux favorables à sa révision.
Alors que la RDC continue de faire face à de graves défis sécuritaires et à une forte pression politique, les déclarations du président pourraient marquer le début d’une nouvelle phase particulièrement sensible dans l’évolution démocratique et institutionnelle du pays.






