Le Président João Lourenço et James Swan Font le Point sur la Situation Sécuritaire dans l’Est de la RDC et Réaffirment leur Engagement en Faveur de la Paix
Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le Président angolais, João Lourenço, a reçu ce lundi 15 juin 2026 James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et Chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Les deux responsables ont échangé sur les défis sécuritaires persistants ainsi que sur les initiatives diplomatiques visant à rétablir une paix durable dans la région.
Selon la Présidence angolaise, les discussions ont principalement porté sur l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les affrontements entre différents acteurs continuent d’entraîner des déplacements massifs de populations et d’aggraver les conséquences humanitaires du conflit.
Bien qu’il ne soit plus Président en exercice de l’Union africaine, João Lourenço demeure fortement impliqué dans le suivi du dossier congolais. Depuis plusieurs années, l’Angola joue un rôle actif dans les efforts diplomatiques visant à favoriser le dialogue et à contribuer à la résolution de la crise persistante dans l’Est de la RDC.
James Swan, qui dirige la MONUSCO depuis quelques mois après avoir succédé à Bintou Keita, effectuait sa deuxième visite à Goma depuis sa prise de fonctions. Lors de son entretien avec le Président Lourenço, il a réaffirmé l’engagement des Nations unies à soutenir et à superviser la mise en œuvre des accords de cessez-le-feu ainsi que des initiatives de paix en cours entre les parties concernées.
Il a déclaré :
« Les questions de sécurité dans ce pays voisin ont largement dominé nos échanges. Les Nations unies demeurent pleinement engagées dans l’appui à la mise en œuvre et au suivi des accords de cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. »
Dans le cadre du renforcement de la coopération internationale, James Swan a salué le rôle majeur joué par l’Angola dans les efforts de paix en RDC, soulignant que ses initiatives diplomatiques ont contribué à promouvoir le dialogue et à réduire les tensions entre les pays de la région.
James Swan dirige la MONUSCO à un moment où le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment prorogé le mandat de la mission jusqu’au 20 juin 2026. Ce renouvellement a été adopté à travers la Résolution 2808, qui autorise la poursuite des opérations de la MONUSCO dans l’Est de la RDC, où la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante.
Conformément à ce nouveau mandat, la MONUSCO est autorisée à maintenir un effectif d’environ 11 500 militaires, ainsi que 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées.
Les principales missions de la MONUSCO comprennent :
- La protection des populations civiles dans les zones affectées par les conflits ;
- L’appui à la mise en œuvre des dispositions prévues par la Résolution 2773 du Conseil de sécurité ainsi que des textes subséquents adoptés en 2025 ;
- Le renforcement des institutions étatiques et le soutien aux efforts de stabilisation du pays ;
- Le suivi et la vérification du respect des accords de cessez-le-feu entre les parties en conflit.
Contrairement aux mandats précédents, la Résolution 2808 a suspendu le processus de retrait progressif de la MONUSCO de la RDC. Cette décision a été motivée par la dégradation persistante de la situation sécuritaire, notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon plusieurs analystes, cette décision traduit la conviction des Nations unies que les conditions ne sont pas encore réunies pour permettre à la RDC d’assurer seule la protection de ses populations et la stabilité des zones affectées par les conflits.
Les discussions entre João Lourenço et James Swan ont également porté sur les différentes initiatives diplomatiques actuellement engagées pour favoriser une paix durable en RDC.
Parmi celles-ci figurent l’Accord de Washington, signé entre la RDC et le Rwanda en juin 2025, ainsi que l’Accord de Doha, conclu en novembre 2025 sous l’égide du Qatar et avec l’appui de partenaires internationaux.
Ces accords ont été intégrés aux nouvelles priorités de la MONUSCO afin de permettre à la mission d’en assurer le suivi et d’accompagner leur mise en œuvre. Les Nations unies sont ainsi appelées à jouer un rôle central dans le soutien aux mécanismes de cessez-le-feu permanent et dans la supervision du respect des engagements pris par les différentes parties.
À ce jour, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure extrêmement préoccupante malgré la poursuite des efforts diplomatiques. Dans plusieurs zones du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, des opérations militaires et des affrontements sporadiques continuent d’être signalés entre l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et les forces gouvernementales.
Dans la région de Minembwe, les combats se poursuivent presque quotidiennement entre les parties belligérantes, alimentant l’inquiétude des populations locales et perturbant davantage les activités socio-économiques.
Les pays de la région, les Nations unies ainsi que les partenaires internationaux continuent d’appeler l’ensemble des acteurs à cesser les hostilités et à respecter les accords de cessez-le-feu afin de permettre aux populations de l’Est de la RDC de bénéficier enfin de la paix et de la sécurité qu’elles attendent depuis de nombreuses années.
La rencontre entre João Lourenço et James Swan a une nouvelle fois mis en évidence le fait que la crise sécuritaire en RDC demeure l’un des principaux défis auxquels l’Afrique et la communauté internationale sont confrontées aujourd’hui, soulignant la nécessité d’une mobilisation collective et d’efforts concertés pour parvenir à une paix durable.





