L’ONU renouvelle ses inquiétudes face à la détérioration de la situation des enfants dans l’est de la RDC
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la protection des enfants dans les zones touchées par les conflits armés, la République démocratique du Congo (RDC) a une nouvelle fois été citée parmi les pays suscitant les plus vives préoccupations de la communauté internationale en raison de l’intensification des violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Jérôme Bonnafont, a déclaré que le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU met en évidence un niveau sans précédent de violations commises contre les enfants dans les zones de conflit. Il a également souligné que, pour la première fois, les forces armées gouvernementales figurent parmi les parties mises en cause pour un nombre élevé de violations commises à l’encontre des enfants.
La France a réaffirmé son soutien au Mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur les violations graves commises contre les enfants (MRM), en particulier en RDC, où l’UNICEF appuie les activités de collecte de preuves et fournit une assistance aux enfants affectés par le conflit.
Dans l’est de la RDC, les affrontements se poursuivent entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les groupes Wazalendo, le mouvement AFC/M23 et MRDP-Twirwaneho. De nombreux enfants continuent d’être tués, enlevés, recrutés par des groupes armés, victimes de violences sexuelles ou privés de leur droit à l’éducation et à l’accès aux soins de santé. Certaines sources affirment que les FARDC et les groupes qui leur sont alliés, notamment les Wazalendo, seraient impliqués dans une part importante de ces violations.
Les observateurs de la situation sécuritaire ainsi que plusieurs organisations de défense des droits de l’homme continuent de critiquer la gestion de la crise dans l’est de la RDC, estimant que les seules réponses militaires n’ont pas permis de rétablir une paix durable. Certains habitants de ces régions, notamment parmi la communauté Banyamulenge, affirment demeurer confrontés à de graves problèmes d’insécurité et appellent les autorités de Kinshasa ainsi que les partenaires internationaux à privilégier le dialogue et la réconciliation.
De son côté, le gouvernement du président Félix Tshisekedi affirme poursuivre ses efforts pour restaurer la souveraineté nationale et lutter contre l’ensemble des groupes armés, tout en soulignant que la crise sécuritaire nécessite une coopération régionale et un engagement accru de la communauté internationale.
La France a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à imposer des sanctions à tous les groupes armés et aux forces identifiés dans les rapports comme responsables de violations commises contre les enfants. Elle a insisté sur le fait que la protection des enfants ne devrait pas être un enjeu politique, mais reposer sur des preuves crédibles et sur le respect du droit international.
Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent aux niveaux régional et international, les populations de l’est de la RDC continuent d’appeler à l’instauration d’une paix durable, au rétablissement de la sécurité et à l’accès à la justice pour les nombreuses victimes d’un conflit qui déstabilise la région depuis de nombreuses années.





