Me. Byashoni dénonce avec fermeté les déclarations de Martin Fayulu
MINEMBWE CAPITAL NEWS
Dans un message particulièrement ferme publié ce jeudi 20 août 2026, Me Maniragaba Byashoni John, avocat, a vivement dénoncé ce qu’il considère comme des propos tendant à nier ou à remettre en question la nationalité des Banyamulenge en République démocratique du Congo (RDC).
Me Byashoni s’est exprimé alors que 22 ans se sont écoulés depuis le massacre de Gatumba, survenu le 13 août 2004, lorsque des Banyamulenge réfugiés dans le camp de Gatumba, au Burundi, avaient été attaqués, faisant 166 morts, selon les chiffres qu’il rappelle.
Dans son message, Me Byashoni estime que les événements de Gatumba doivent continuer à servir de leçon au pays et à la communauté internationale, particulièrement dans un contexte où les débats et les déclarations portant sur la nationalité des Banyamulenge demeurent récurrents.
Me Byashoni dénonce des propos qu’il considère comme une remise en question de la nationalité des Banyamulenge
Me Byashoni a déclaré que les propos attribués à Martin Fayulu, figure de l’opposition politique en RDC, concernant la nationalité des Banyamulenge l’avaient profondément affecté.
Il a toutefois précisé qu’il ne souhaitait pas répondre par la haine ni employer un langage susceptible d’alimenter davantage les tensions.
Sa réponse, a-t-il expliqué, repose plutôt sur trois piliers qu’il présente comme la vérité juridique, la vérité historique et la vérité de l’avenir.
1. La vérité juridique
Me Byashoni a soutenu que la Constitution de la RDC définit la nationalité en se fondant notamment sur les populations établies sur le territoire devenu la République démocratique du Congo au moment de l’accession du pays à l’indépendance.
Selon lui, les Banyamulenge vivent depuis plusieurs générations dans les hauts plateaux de Mulenge, dans la province du Sud-Kivu. Dès lors, remettre en question leur nationalité reviendrait, estime-t-il, à fragiliser les principes liés à la citoyenneté et à l’État de droit.
Me Byashoni a insisté sur le fait que la question de la nationalité ne devrait pas être transformée en instrument d’exclusion, de condamnation ou de persécution contre une catégorie particulière de citoyens.
2. « L’histoire ne peut pas être effacée »
Dans une partie particulièrement importante de son message, Me Byashoni est revenu sur plusieurs épisodes de violences et de massacres qui, selon lui, ont affecté les Banyamulenge à différentes périodes de l’histoire.
Il a notamment évoqué les événements de Kirumba et de Gatongo en 1966, ainsi que ceux de Bibogobogo, Ngandja, Uvira et Bukavu, avant de revenir sur d’autres violences survenues en 1996 et 1998, puis sur le massacre de Gatumba en 2004.
Il a également affirmé que des violences continuaient d’être signalées depuis 2017 jusqu’à aujourd’hui, estimant que ces événements devraient être documentés et faire l’objet d’enquêtes afin que leurs auteurs puissent, le cas échéant, répondre de leurs actes.
Revenant sur le massacre de Gatumba, Me Byashoni a déclaré que les 166 victimes avaient été tuées en raison de ce qu’il décrit comme leur « apparence », soulignant que rappeler cette histoire ne signifie pas chercher à nourrir la haine, mais plutôt à établir les faits afin d’empêcher qu’ils ne se reproduisent.
Il a également averti que la négation ou la remise en question de la nationalité d’une population en raison de ses origines peut contribuer à l’exposer à de graves violations de ses droits, d’où la nécessité, selon lui, d’agir avant que les tensions ne dégénèrent.
3. Minembwe comme symbole d’une volonté de construire
Me Byashoni a également évoqué Minembwe, estimant que la présence continue de ses habitants et leurs efforts pour y construire leur avenir constituent, selon lui, un signe de la volonté des Banyamulenge de vivre en paix et de contribuer à la construction de leur pays.
Dans son message, il a salué le sacrifice de jeunes et d’hommes qui, selon lui, ont contribué à la protection des populations. Il a notamment cité le général Charles Sematama ainsi que le MRDP-Twirwaneho, dont il a évoqué la direction militaire.
Pour Me Byashoni, Minembwe représente ainsi un exemple de volonté de construire plutôt que de détruire, ainsi qu’une volonté de rechercher la paix plutôt que la guerre.
Ces déclarations interviennent toutefois dans un contexte sécuritaire particulièrement complexe dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, où différents groupes armés, ainsi que des forces alliées aux forces gouvernementales, continuent d’être impliqués dans des affrontements avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et le MRDP-Twirwaneho.
Il appelle l’État à protéger tous les citoyens
Me Byashoni a appelé l’État congolais à faire de la protection de l’ensemble de ses citoyens une priorité, sans discrimination fondée sur l’appartenance ethnique, l’origine ou la nationalité.
Il a également demandé que les lois soient appliquées à toute personne qui diffuse des discours de haine ou des propos susceptibles d’alimenter la discrimination et les violences.
À l’endroit de la communauté internationale, il a appelé à ne pas rester silencieuse lorsque des déclarations remettant en cause la nationalité d’une catégorie de citoyens sont formulées.
Selon lui, l’histoire montre que les discours de haine peuvent être suivis par de graves actes de violence.
Son message à Martin Fayulu
Me Byashoni a adressé un message à Martin Fayulu, lui rappelant que la RDC est un vaste pays appelé, selon lui, à appartenir à l’ensemble de ses citoyens.
Il estime que les responsables politiques devraient s’affronter sur les idées et les projets politiques plutôt que sur la question de la nationalité des citoyens.
Il s’est notamment interrogé sur la capacité d’un responsable politique à gouverner un pays lorsque certains de ses citoyens ont le sentiment que leur nationalité est remise en question ou qu’ils ne sont pas reconnus comme les autres.
Il a réaffirmé que le débat politique devrait reposer sur la vérité, le respect mutuel et la dignité humaine.
« Gatumba nous demande de nous souvenir, Minembwe nous demande de construire »
En conclusion de son message, Me Byashoni a déclaré que la commémoration des 22 ans du massacre de Gatumba devrait être un moment consacré à la mémoire des victimes, mais également une occasion de réfléchir à la construction d’un pays dans lequel aucun enfant ni aucun citoyen ne serait à nouveau tué en raison de son apparence ou de son origine.
Il estime que le plus grand hommage à rendre aux victimes du massacre de Gatumba consiste à construire un Congo fondé sur l’égalité entre les citoyens, la justice et la sécurité pour tous.
Il a conclu son message en déclarant :
« Le sang versé à Gatumba nous demande de nous souvenir. Minembwe nous demande des bâtisseurs. Le Congo de ses citoyens nous demande la justice. »
Le message de Me Maniragaba Byashoni John intervient alors que les questions liées à la nationalité, à la sécurité et aux relations entre les différentes communautés de la RDC demeurent parmi les enjeux majeurs auxquels le pays est confronté, particulièrement dans sa partie orientale.
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