FIZI : Une frappe de drone fait des victimes parmi les soldats des FARDC — de nouvelles informations contredisent la version de l’armée
Des informations en provenance du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, font état d’une importante frappe de drone survenue dans la nuit de mardi à mercredi, visant le secteur de Fizi-Centre et ayant fait des morts et des blessés parmi les soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Cette frappe est intervenue alors que la situation sécuritaire demeure particulièrement tendue dans le territoire de Fizi, sur fond de tensions présumées entre certains éléments des forces armées déployés dans la région et les autorités militaires et politiques basées à Kinshasa.
Dans un communiqué, les FARDC ont affirmé que l’attaque avait été menée par les forces de l’AFC/M23 et qu’elle avait notamment endommagé l’hôtel Mwalu, situé à Fizi-Centre.
L’armée congolaise a également indiqué que cette frappe avait fait deux morts parmi ses soldats, tandis qu’une dizaine d’autres militaires auraient été blessés.
Toutefois, des informations recueillies auprès de plusieurs sources présentes dans la région avancent un bilan différent de celui communiqué officiellement par les FARDC.
Selon les informations recueillies par Minembwe Capital News, le nombre de militaires tués dans cette frappe pourrait être supérieur à cinq, tandis que plus d’une dizaine d’autres auraient été blessés.
D’autres informations, qui n’ont pas encore pu être vérifiées de manière indépendante, font également état de possibles victimes parmi des responsables militaires de haut rang présents à Fizi. Le nom d’un général de l’armée burundaise connu sous le nom de Muzinga, ainsi que celui d’autres responsables présentés comme des contractuels militaires présents dans la zone, ont notamment été évoqués.
Cependant, Minembwe Capital News ne dispose pas, à ce stade, d’éléments indépendants suffisants permettant de confirmer ces informations. Le bilan exact des morts et des blessés reste donc à établir par des sources compétentes et indépendantes.
Des versions contradictoires sur l’origine du drone
Un combattant Maï-Maï présent à Fizi, qui s’est confié à Minembwe Capital News sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité, affirme que les informations circulant localement sont différentes de la version communiquée par les FARDC.
Selon lui, le drone à l’origine de la frappe aurait appartenu aux forces armées congolaises, et non à l’AFC/M23 comme l’a affirmé l’armée.
Il affirme que, selon les informations qui circulent actuellement à Fizi, l’attaque aurait pu viser certains officiers supérieurs présents dans la zone, dans un contexte où les autorités congolaises soupçonneraient certains militaires d’avoir des contacts ou des échanges avec des responsables de l’AFC/M23.
« Ce qui s’est passé à Fizi s’explique par le fait qu’il existe actuellement des tensions entre les militaires déployés à Fizi et ceux qui se trouvent à Kinshasa. Le gouvernement les accuse d’être en contact avec l’AFC/M23. C’est l’information dont nous disposons ici à Fizi, et elle circule largement parmi les Babembe et les Bafuliro », a déclaré cette source.
Le combattant a ajouté que les habitants ainsi que les éléments Wazalendo présents dans la région continuent de s’interroger sur les circonstances exactes de l’attaque, notamment sur l’identité de la cible du drone.
« Même si les FARDC ont affirmé que le drone avait mené cette frappe et qu’il appartenait à l’AFC/M23, l’information qui circule le plus parmi les combattants Wazalendo et les habitants est que ce drone aurait été utilisé pour cibler des officiers supérieurs présents à Fizi, accusés d’entretenir des contacts avec l’AFC/M23. C’est également ce qui se dit beaucoup ici à Fizi », a-t-il ajouté.
Un contexte sécuritaire de plus en plus tendu
Ces informations interviennent dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le territoire de Fizi, où les rapports entre les différentes forces militaires et les groupes armés demeurent complexes.
Plus particulièrement, certaines informations font état de soupçons des autorités congolaises à l’encontre de certains éléments des Wazalendo ou d’autres acteurs présents au sein des structures de sécurité, auxquels des liens avec l’AFC/M23 seraient reprochés.
Ces accusations n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante. Les personnes ou groupes concernés n’ont pas non plus, à ce stade, eu l’occasion de répondre de manière suffisamment documentée à ces allégations.
Une attaque dont les circonstances restent à éclaircir
La principale question qui demeure est celle de l’identité de la partie ayant utilisé le drone lors de la frappe survenue dans la nuit de mardi à mercredi.
D’un côté, les FARDC accusent l’AFC/M23 d’être à l’origine de l’attaque. De l’autre, des sources présentes à Fizi affirment que le drone aurait appartenu aux forces armées congolaises et qu’il aurait ciblé certains militaires présents à Fizi-Centre.
Cette divergence entre la version officielle de l’armée et les informations recueillies localement entretient donc de nombreuses interrogations sur les circonstances exactes de l’attaque.
La frappe a également causé des dégâts à l’hôtel Mwalu, l’un des bâtiments situés dans le secteur de Fizi-Centre.
Les dommages enregistrés sur cet établissement et potentiellement sur d’autres infrastructures situées à proximité du lieu de l’attaque suscitent de nouvelles inquiétudes quant à la sécurité des populations civiles, alors que les drones sont devenus des moyens importants dans les opérations militaires menées dans l’est de la République démocratique du Congo.
À ce stade, plusieurs questions restent sans réponse : qui contrôlait le drone à l’origine de la frappe ? Quelles étaient ses véritables cibles ? Quel est le bilan réel des militaires tués et blessés ? Et quelles sont les raisons précises qui ont conduit à cette frappe à Fizi-Centre dans la nuit de mardi à mercredi ?
Minembwe Capital News continuera de suivre cette affaire et de rechercher des éléments indépendants susceptibles de permettre d’établir les faits avec davantage de précision.





