RDC : le rapport de l’ONU souligne l’écart entre les initiatives diplomatiques et la poursuite des combats dans l’est du pays
MINEMBWE CAPITAL NEWS
Alors que la communauté internationale multipliait les initiatives diplomatiques pour tenter de mettre un terme au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les affrontements sur le terrain se sont poursuivis, voire intensifiés. C’est l’un des principaux constats du dernier rapport du Groupe d’experts des Nations Unies, qui met en évidence les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des engagements politiques et sécuritaires pris par les différentes parties.
Selon le rapport, la signature du Washington Accord, le 4 décembre 2025, entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, constituait une étape importante dans les efforts visant à réduire les tensions entre les deux États et à ouvrir la voie à une désescalade militaire. Toutefois, les experts de l’ONU soulignent que les combats s’étaient déjà intensifiés dans la province du Sud-Kivu avant même la conclusion de cet accord.
Dans le prolongement de cette initiative, une réunion s’est tenue à Washington en mars 2026, réunissant des représentants de la RDC, du Rwanda et des États-Unis. Cette rencontre a débouché sur l’adoption d’un plan d’action baptisé « Initial Measures Plan », destiné à engager la mise en œuvre des engagements convenus entre les parties. Le document prévoyait notamment le respect de la souveraineté des États, la protection des populations civiles ainsi qu’une réduction progressive des activités militaires.
Le rapport précise que ce plan comportait également des dispositions relatives au retrait des forces et des équipements militaires des zones concernées, ainsi qu’à la mise en œuvre de mesures visant à lutter contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Néanmoins, les experts estiment qu’au moment de la rédaction du rapport, ces engagements n’avaient été appliqués que de manière très limitée, voire n’avaient produit aucun effet concret.
Les Nations Unies indiquent par ailleurs qu’à partir du 23 mars 2026, plusieurs mouvements de troupes ont été observés dans certaines zones du Nord-Kivu. Toutefois, les experts précisent qu’il ne s’agissait pas d’un retrait effectif des forces, mais plutôt d’un redéploiement stratégique vers d’autres positions jugées prioritaires. Dans plusieurs secteurs où un désengagement était attendu, les opérations militaires se sont poursuivies.
S’agissant du Sud-Kivu, le rapport affirme qu’aucun élément ne permettait de confirmer un retrait des forces conformément aux engagements annoncés. Au contraire, les experts disent avoir continué à recevoir des informations faisant état de la poursuite des affrontements et de l’acheminement de nouveaux moyens militaires dans la région.
Le rapport revient également sur les efforts diplomatiques menés dans le cadre du processus de Doha. Il indique que des discussions se sont déroulées à Montreux, en Suisse, du 13 au 17 avril 2026, afin d’examiner les modalités d’un cessez-le-feu durable. Ces pourparlers ont abouti à un accord portant sur la création d’un mécanisme de suivi du cessez-le-feu ainsi que sur la facilitation de l’accès humanitaire. Toutefois, selon les experts, ces avancées diplomatiques n’ont pas permis de mettre fin aux combats qui continuaient sur le terrain.
Au-delà des développements militaires, le Groupe d’experts des Nations Unies estime que la crise dans l’est de la RDC dépasse désormais le cadre d’un conflit interne. Le rapport souligne que ses répercussions concernent l’ensemble de la région des Grands Lacs et qu’une solution durable nécessitera une coopération étroite entre les États de la région et les partenaires internationaux.
En conclusion, les experts des Nations Unies considèrent que les différentes initiatives diplomatiques engagées jusqu’à présent ne pourront produire des résultats durables que si l’ensemble des parties respecte les engagements souscrits, met un terme aux opérations militaires, garantit le respect des droits humains et place la protection des populations civiles au centre de tout processus de paix.





