Une attaque attribuée au CRP ravive les inquiétudes sécuritaires à Kinshasa
La situation sécuritaire dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, demeure marquée par un climat de peur et des attaques récurrentes de groupes armés. Dans la matinée du mardi 28 avril 2026, une attaque a été signalée dans la localité de Pimbo, sur la route nationale RN27, à plus de 50 kilomètres de la ville de Bunia.
Selon des sources sécuritaires locales, les assaillants appartiendraient au groupe armé dénommé Convention pour la Révolution Populaire (CRP), dirigé par Thomas Lubanga, une figure de longue date associée aux problématiques d’insécurité dans cette région.
Les mêmes sources indiquent que ces combattants ont pénétré dans la zone durant la nuit de lundi à mardi, en passant par la localité de Lenga, considérée comme l’un de leurs points de passage ou de repli vers d’autres zones de l’Ituri.
Des habitants de Pimbo rapportent que l’attaque a pris de court les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), survenue aux premières heures de la journée alors que la plupart des soldats étaient encore endormis. Bien que le bilan officiel ne soit pas encore communiqué, plusieurs sources évoquent la mort de plus de cinq militaires ainsi que des blessés, tandis que d’autres soldats ont pris la fuite. Par ailleurs, de nombreux civils ont également quitté la zone pour se réfugier dans des endroits jugés plus sûrs.
Des infrastructures, notamment des commerces et des habitations, ont été endommagées, certaines ayant été pillées par des éléments des FARDC, ce qui a temporairement paralysé la vie socio-économique locale.
Cette attaque intervient dans un contexte déjà marqué par une insécurité persistante en Ituri, alimentée depuis plusieurs années par la présence de nombreux groupes armés poursuivant des intérêts variés, notamment d’ordre ethnique, économique et politique.
Le groupe CRP est souvent présenté comme l’un des mouvements récents ayant émergé dans la région, aux côtés d’autres groupes plus anciens tels que la CODECO et les ADF, qui continuent de déstabiliser plusieurs zones de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Malgré les opérations militaires menées par les FARDC, les attaques de ces groupes se poursuivent, révélant des failles importantes dans le dispositif sécuritaire et la protection des populations civiles.
L’insécurité persistante a des conséquences graves sur les conditions de vie des habitants de l’Ituri. De nombreux agriculteurs ne peuvent plus accéder à leurs champs, les activités commerciales sont perturbées dans plusieurs localités, tandis que le nombre de personnes déplacées internes ne cesse d’augmenter.
Des observateurs estiment que, sans mesures concrètes et efficaces pour neutraliser ces groupes armés et instaurer une paix durable, la province de l’Ituri restera confrontée à une instabilité chronique susceptible de s’étendre à d’autres régions du pays.
Face à cette situation, des appels sont lancés au gouvernement congolais et à ses partenaires internationaux pour renforcer les efforts de lutte contre les groupes armés, notamment à travers une meilleure coopération entre les forces de sécurité et les populations locales, le renforcement du renseignement, ainsi que la promotion de dialogues de paix susceptibles d’apporter une solution durable.
Par ailleurs, l’assistance aux populations affectées par ces violences demeure essentielle, en particulier dans les domaines de l’alimentation, de la santé et de l’hébergement.





