Uvira : Un homme munyamulenge décède après de violentes agressions ; sa famille affirme qu’il aurait été pris pour cible en raison de son appartenance ethnique
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
Des informations recueillies par Minembwe Capital News auprès de la famille du défunt et de personnes proches de lui indiquent qu’un homme munyamulenge identifié sous le nom de Cyubahiro, plus connu sous le surnom de « Chui », est décédé après avoir succombé aux blessures qu’il aurait subies à la suite de graves coups qui lui auraient été infligés par des combattants Wazalendo dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu.
Le défunt était connu par plusieurs habitants comme une personne engagée dans des activités religieuses. Il priait notamment pour les malades et certaines personnes de son entourage affirment qu’il était également considéré comme un homme doté d’un don spirituel de prophétie. Ceux qui l’ont connu le décrivent comme une personne sans implication dans la politique ni dans les activités militaires.
Selon les informations transmises à Minembwe Capital News, après le retrait de la coalition AFC/M23 de la ville d’Uvira, le 17 janvier 2026, plusieurs membres de la communauté banyamulenge auraient quitté la région pour se réfugier à Kamanyola, dans le territoire de Walungu, craignant pour leur sécurité. Toutefois, Chui aurait choisi de rester dans son domicile, expliquant qu’il ne pouvait pas abandonner sa maison et ses biens.
D’après les témoignages recueillis auprès de sa famille, après le retour des forces armées de la RDC (FARDC) et des groupes qui les soutiennent dans la ville d’Uvira, Chui aurait été retrouvé à son domicile, où il aurait été violemment battu. Sa famille affirme également que des biens présents dans sa maison auraient été emportés lors de cette opération.
Toujours selon ses proches, il aurait ensuite été retrouvé abandonné dans un état critique avant d’être conduit par sa famille à Bujumbura, au Burundi, afin d’y recevoir des soins médicaux.
Après une période de traitement durant laquelle son état de santé se serait amélioré, Chui aurait décidé de retourner à Uvira, tandis que son épouse et ses enfants auraient choisi de rester à Bujumbura en raison des inquiétudes liées à leur sécurité.
Les mêmes sources rapportent qu’après son arrivée à Uvira dimanche dernier, il aurait de nouveau été arrêté par des combattants Wazalendo, qui l’auraient encore violemment agressé et lui auraient pris certains biens qu’il avait ramenés de Bujumbura. À la suite de cette nouvelle agression présumée, des habitants banyamulenge l’auraient transporté vers un hôpital d’Uvira, où il a continué à recevoir des soins.
Ce samedi, la famille du défunt a annoncé le décès de Chui, affirmant qu’il aurait succombé aux blessures causées par ces actes de violence présumés.
Les membres de sa famille déclarent ne connaître aucune autre raison pouvant expliquer les attaques dont il aurait été victime, hormis son appartenance à la communauté banyamulenge. Ils estiment qu’il aurait été ciblé en raison de son origine et de son identité ethnique, et considèrent son cas comme faisant partie d’une série d’incidents visant les Banyamulenge dans plusieurs zones de l’est de la République démocratique du Congo.
Des organisations de défense des droits humains ainsi que plusieurs observateurs continuent d’exprimer leurs préoccupations face aux actes de violence et aux discours de haine à caractère ethnique signalés dans la région. Ils appellent à l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violences commises contre les civils et demandent que les responsables présumés soient traduits en justice.
Ces informations sont basées sur les témoignages de la famille du défunt ainsi que sur des sources proches de ce dossier.






