AFC/M23 Annonce de Nouvelles Mesures Militaires Face aux FARDC et aux Forces Burundaises
Alors que les opérations militaires continuent de s’intensifier dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a déclaré être prête à faire face à toute attaque visant les zones sous son contrôle. Le mouvement affirme également qu’il prendra des mesures fermes pour repousser toute force qui tenterait de déstabiliser la sécurité dans les territoires qu’il administre.
Ces déclarations figurent dans un communiqué publié le 1er juin 2026 par le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, qui a indiqué que le mouvement suivait de près les préparatifs militaires qu’il attribue aux Forces armées de la RDC (FARDC) et à leurs alliés sur le terrain.
Selon l’AFC/M23, le mois de mai 2026 a été marqué par une recrudescence des opérations militaires, notamment des offensations terrestres et des frappes aériennes menées dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le mouvement affirme que ces activités ont été particulièrement observées dans les territoires de Masisi, Walikale, Numbi ainsi que dans les hauts plateaux de Minembwe.
Lawrence Kanyuka a déclaré que l’AFC/M23 constate la poursuite du déploiement de renforts militaires, d’armes lourdes, de drones et d’autres équipements militaires sur les lignes de front.
Selon lui, ces mouvements sont perçus comme des signes d’une préparation à de nouvelles offensives susceptibles de viser non seulement les zones contrôlées par l’AFC/M23, mais également les populations civiles qui y résident.
Dans ses propos, il a affirmé :
« Toute attaque menée contre les zones que nous contrôlons recevra une réponse ferme et proportionnelle à son ampleur. »
Le porte-parole a ajouté que l’AFC/M23 ne se limiterait pas à la défense de ses positions, mais pourrait également adopter d’autres mesures militaires destinées à éloigner les forces qui prépareraient des offensives contre ses zones d’influence.
Actuellement, dans l’est de la RDC, l’AFC/M23 fait face à une coalition militaire composée des FARDC, des groupes Wazalendo, des FDLR ainsi que des forces burundaises déployées pour appuyer Kinshasa dans les opérations contre l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).
Les analystes estiment que, malgré la poursuite des discussions politiques à différents niveaux, tant régionaux qu’internationaux, l’évolution de la situation sur le terrain montre que les parties en conflit restent encore éloignées d’un accord durable.
Dans la province du Nord-Kivu, des affrontements continuent d’être signalés dans les territoires de Masisi et de Walikale, où les deux camps s’accusent mutuellement de tenter de progresser vers les positions adverses. Alors que l’AFC/M23 affirme avoir repoussé des attaques près de Rubaya, les FARDC n’ont pas encore réagi à ces allégations.
Dans le Sud-Kivu, particulièrement dans le territoire de Fizi, Minembwe demeure l’une des zones les plus suivies par les observateurs de la sécurité.
Bien que l’AFC/M23 se soit retirée de plusieurs localités du Sud-Kivu, notamment Uvira, Sange, Kamanyola et d’autres zones, à la suite de pressions exercées par les médiateurs internationaux, le groupe Twirwaneho, considéré comme proche de cette alliance, continue de contrôler le centre de Minembwe ainsi que certaines localités environnantes.
Au cours des derniers mois, les habitants de Minembwe ont exprimé de vives inquiétudes face aux attaques de drones, aux tirs d’artillerie lourde et aux affrontements signalés dans différentes zones montagneuses environnantes.
Les analystes politiques et sécuritaires considèrent que les nouvelles déclarations de l’AFC/M23 pourraient être interprétées comme une évolution de sa stratégie militaire.
Alors que le mouvement mettait auparavant l’accent sur la protection des populations civiles et des zones sous son contrôle, il évoque désormais la possibilité de prendre des mesures visant à repousser davantage les forces adverses et à neutraliser les points de départ des attaques.
Cette évolution a conduit certains observateurs de la crise congolaise à estimer que, si des offensives de grande ampleur étaient lancées contre les territoires qu’il contrôle, l’AFC/M23 pourrait chercher à étendre de nouveau ses positions afin de créer ce qu’il qualifie d’« espace de sécurité » destiné à protéger les populations civiles et ses combattants.
Malgré les efforts diplomatiques en cours au niveau régional ainsi que les différentes médiations internationales, la situation sur le terrain continue de présenter une réalité contrastée par rapport aux discussions menées autour des tables de négociation.
L’AFC/M23 accuse toujours les FARDC et leurs alliés de préparer de nouvelles offensives, tandis que le gouvernement congolais continue d’accuser le mouvement de déstabiliser la région et d’occuper illégalement certaines parties du territoire national.
À ce jour, les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent les premières victimes des conséquences de ce conflit. Par ailleurs, la perspective d’une reprise d’affrontements de grande intensité entre l’AFC/M23 et la coalition composée des FARDC, des Wazalendo, des FDLR et des forces burundaises reste préoccupante, alors que les deux camps continuent de s’accuser mutuellement de préparer de nouvelles attaques.






