AFC/M23 dénonce une grave anomalie après la libération de 15 détenus : « Six n’ont aucun lien avec nous »
L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a dénoncé une anomalie concernant la libération, par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), de 15 détenus dans le cadre des accords portant sur la libération de personnes accusées d’être, ou considérées comme étant, membres de cette coalition. Selon l’AFC/M23, toutes les personnes libérées ne figuraient toutefois pas sur la liste des détenus dont elle avait demandé la libération.
Selon les déclarations de l’AFC/M23, parmi les 15 personnes qui lui ont été remises le 6 août 2026, seules neuf figuraient sur la liste de 768 personnes que la coalition avait soumise dans le cadre des pourparlers de médiation. Les six autres, affirme l’AFC/M23, n’auraient aucun lien avec elle.
Cette situation a suscité de nouvelles interrogations sur la manière dont les accords relatifs à la libération des détenus ont été mis en œuvre, ainsi que sur le niveau de confiance entre les parties en conflit, alors que les discussions visant à parvenir à une solution pacifique se poursuivent.
Quinze personnes remises à l’AFC/M23
Le 6 août 2026, la Croix-Rouge en RDC a annoncé avoir remis à l’AFC/M23 15 personnes qui étaient détenues depuis un certain temps par les autorités congolaises.
L’AFC/M23 a ensuite indiqué que ces personnes avaient été détenues dans différents lieux, notamment à la prison de Makala, à la prison de Ndolo ainsi que dans des centres de l’Agence nationale de renseignement (ANR).
La coalition affirme que leur libération s’inscrivait dans le cadre d’un accord visant à libérer des personnes détenues parce qu’elles étaient soupçonnées d’être membres ou sympathisantes de l’AFC/M23.
Cependant, l’AFC/M23 affirme que, parmi les 15 personnes qui lui ont été remises, six ne figuraient pas sur sa liste et qu’elles n’auraient, selon elle, aucun lien avec la coalition.
Parmi ces six personnes, la coalition a notamment indiqué qu’il y aurait un ressortissant ougandais, bien que les informations fournies ne permettent pas d’établir de manière complète les noms et les profils de toutes les personnes concernées.
Neuf personnes figuraient sur la liste de l’AFC/M23
L’AFC/M23 affirme que neuf des 15 personnes libérées figuraient parmi les 768 personnes dont elle avait transmis les noms aux parties engagées dans les pourparlers de médiation.
Du point de vue de l’AFC/M23, la libération de ces neuf personnes peut ainsi être considérée comme une mesure conforme à l’un des engagements ou accords issus des discussions.
Cependant, la question se pose concernant les six autres personnes.
La coalition affirme que ces personnes ne figuraient pas sur la liste qu’elle avait soumise. Leur inclusion dans le nombre de détenus libérés au titre des membres ou sympathisants présumés de l’AFC/M23 pourrait ainsi, selon elle, créer une confusion quant aux personnes réellement concernées par l’accord.
Dans la mise en œuvre d’accords de ce type, particulièrement lorsqu’ils concernent des personnes détenues dans le contexte d’un conflit, la libération devrait idéalement s’effectuer sur la base d’une liste préalablement validée par les deux parties, accompagnée d’un mécanisme permettant de vérifier l’identité et la situation de chaque personne.
Une procédure plus fiable aurait consisté à :
- faire valider au préalable par les deux parties la liste des personnes devant être libérées ;
- vérifier l’identité de chaque personne ainsi que les motifs de sa détention ;
- confier au médiateur ou à un organisme neutre le suivi de la remise des détenus ;
- établir avec précision les noms et les identités des personnes libérées ;
- remettre à chaque partie un document officiel précisant les personnes libérées ainsi que les motifs de leur libération.
De telles mesures permettraient de réduire les contestations susceptibles de surgir après la remise des détenus.
Ce que cette situation pourrait signifier pour les pourparlers de paix
Si les accusations formulées par l’AFC/M23 sont confirmées par une vérification indépendante, la manière dont cette libération a été organisée pourrait avoir des conséquences sur la confiance entre les parties engagées dans les pourparlers.
Premièrement, cette situation pourrait amener l’AFC/M23 à mettre en doute la manière dont le gouvernement congolais met en œuvre les engagements auxquels les parties sont parvenues.
Deuxièmement, elle pourrait alimenter la confrontation verbale entre Kinshasa et l’AFC/M23, chacune des parties pouvant utiliser la question des détenus pour accuser l’autre de ne pas respecter les accords conclus.
Troisièmement, si des personnes sans lien avec la coalition ont effectivement été libérées à la place de personnes figurant sur une liste préalablement établie, les familles des détenus ainsi que les médiateurs pourraient demander davantage d’explications sur les critères ayant conduit à la sélection des personnes libérées.
La libération des détenus et la confiance entre les parties en conflit
Cette question ne concerne pas uniquement les 15 personnes libérées. Elle pourrait avoir une portée plus large sur la mise en œuvre des accords de paix ainsi que sur les décisions qui pourraient être prises dans les prochaines étapes du processus.
Un accord peut être solide sur le papier, mais lorsque les mécanismes de mise en œuvre manquent de clarté, chaque opération peut devenir une source de nouvelles contestations.
C’est pourquoi, alors que les discussions visant à mettre fin aux hostilités se poursuivent, la question des détenus devrait être traitée dans un cadre marqué par l’impartialité, une vérification indépendante et une documentation claire et précise.
La libération des 15 personnes aurait dû constituer une étape importante dans le renforcement de la confiance entre les parties en conflit. Toutefois, les nouvelles accusations formulées par l’AFC/M23 pourraient maintenir cette question au cœur des difficultés liées à la restauration de cette confiance.
Si les deux parties souhaitent que les pourparlers de paix débouchent sur un résultat durable, une question de cette nature exige de la transparence, de la vérité et le respect rigoureux des engagements auxquels elles ont souscrit.
Minembwe Capital News





