Analyse de Jason Stearns : pourquoi la guerre ne peut pas résoudre la crise de l’AFC/M23
Le chercheur Jason Stearns estime que la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ne peut être résolue par la seule option militaire. Selon lui, une solution durable passe avant tout par une volonté politique affirmée, un dialogue inclusif et une approche capable de s’attaquer aux causes profondes qui alimentent les conflits depuis de nombreuses années.
Il s’est exprimé à ce sujet lors d’un Space Live organisé sur la plateforme X lundi soir, au cours duquel il a présenté son analyse des perspectives susceptibles de permettre à la RDC de sortir de l’instabilité persistante qui frappe sa partie orientale.
Dans son intervention, Jason Stearns a souligné que la meilleure issue serait de parvenir à réduire les tensions et à rétablir durablement la stabilité. Il a toutefois reconnu que le contexte actuel ne permet plus de croire qu’une pression internationale ou une victoire militaire, à elles seules, puissent mettre un terme définitif au conflit.
Il a déclaré :
« La meilleure solution consisterait à exercer une pression suffisante pour mettre définitivement fin au conflit. Toutefois, nous ne sommes pas dans une situation où l’on peut raisonnablement penser que la crise se résoudra simplement en exigeant qu’une partie se retire. »
Jason Stearns a rappelé qu’en 2013, la combinaison de la pression diplomatique et des opérations militaires avait contribué à mettre fin aux activités du M23 de l’époque. Néanmoins, il a regretté qu’aucun processus politique durable n’ait ensuite été mis en place pour traiter les causes profondes du conflit, ouvrant ainsi la voie à sa résurgence.
Selon lui, le principal défi auquel la RDC est confrontée réside dans sa capacité à répondre aux enjeux politiques qui sous-tendent les violences, plutôt que de continuer à croire qu’une solution exclusivement militaire puisse mettre un terme définitif aux affrontements.
Le chercheur estime également que les autorités congolaises doivent jouer un rôle central dans la recherche d’une solution durable, notamment à travers le dialogue et la mise en œuvre de mécanismes capables de traiter les problèmes structurels ayant favorisé l’émergence et la multiplication des groupes armés dans l’est du pays.
Il a insisté :
« Une solution politique et diplomatique est indispensable ; une réponse exclusivement militaire ne saurait suffire. »
Jason Stearns a également souligné que la pression de la communauté internationale ne devrait pas être dirigée contre une seule partie, mais viser à favoriser un compromis permettant d’aboutir à une paix durable.
Il a ajouté que tout processus de dialogue devait impérativement respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
S’agissant du contenu d’un éventuel règlement politique, Jason Stearns estime qu’il convient de tirer les leçons des précédents processus de paix. Toutefois, il considère que les personnes accusées de crimes graves, notamment de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, ne devraient pas bénéficier d’arrangements politiques.
Concernant les autres responsables de groupes armés, il préconise un examen attentif des revendications qu’ils avancent afin d’ouvrir une voie permettant leur sortie du conflit et leur réintégration dans un processus de paix.
Il a déclaré :
« L’essentiel est d’examiner les préoccupations exprimées par la direction du M23 afin de rechercher des solutions appropriées. »
Jason Stearns a réaffirmé que l’un des principaux défis de la RDC consiste à élaborer des réponses durables aux problèmes de sécurité qui affectent depuis longtemps l’est du pays.
Il a souligné que, malgré la complexité des acteurs impliqués dans cette crise, il incombe avant tout aux autorités congolaises de promouvoir la paix et de renforcer les institutions de l’État, notamment en s’attaquant aux problèmes de gouvernance, de sécurité et de cohésion entre les communautés.
Il a ajouté que la poursuite d’une stratégie exclusivement militaire n’offrait aucune garantie de mettre définitivement fin aux violences, surtout tant que les causes profondes du conflit demeurent sans réponse.
Dans son analyse, Jason Stearns estime que la nature même du conflit dans l’est de la RDC a profondément évolué et que la recherche d’une victoire militaire totale d’un camp sur l’autre ne constitue plus une solution viable.
Selon lui, une paix durable exige un dialogue sérieux, une véritable volonté politique ainsi que des réponses concrètes aux facteurs qui alimentent les conflits.
À ses yeux, la crise dans l’est de la RDC ne saurait être résolue par la simple désignation d’un vainqueur et d’un vaincu sur le champ de bataille. Elle requiert avant tout la construction d’une paix durable, fondée sur le respect de la souveraineté de l’État et la protection de l’ensemble de la population congolaise.
Minembwe Capital News (MCN)





