Ce que le FARDC affirme sur Mikenke et ce que rapportent les sources sur le terrain : comprendre la différence
Alors que diverses informations continuent de circuler au sujet de la situation sécuritaire dans les hauts plateaux de Minembwe, des sources fiables contactées par Minembwe Capital News indiquent que le mouvement MRDP-Twirwaneho s’est retiré de la localité de Mikenke de son propre gré, contrairement aux déclarations des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui affirment l’en avoir délogé à l’issue d’opérations militaires.
Selon plusieurs sources suivant de près l’évolution des combats, le MRDP-Twirwaneho a quitté Mikenke dans la soirée de ce mercredi, quelques jours seulement après avoir pris le contrôle de cette localité à la suite de violents affrontements survenus au début de la semaine.
Lundi, les combattants du MRDP-Twirwaneho étaient entrés dans Mikenke après de violents combats les ayant opposés à la coalition des forces gouvernementales congolaises composée des FARDC, de l’armée burundaise, des groupes Wazalendo ainsi que des combattants des FDLR. Ces affrontements avaient contraint cette coalition à se replier, permettant ainsi au MRDP-Twirwaneho de prendre le contrôle de la localité.
Par la suite, les FARDC ont publié un communiqué annonçant avoir repris Mikenke et en avoir chassé les combattants du MRDP-Twirwaneho. Toutefois, des informations provenant de sources proches des opérations militaires indiquent que ce mouvement avait déjà quitté la zone avant l’arrivée des forces gouvernementales et de leurs alliés. Selon ces mêmes sources, aucun affrontement majeur n’aurait eu lieu à Mikenke au moment de la réoccupation de la localité par les forces de la coalition.
Par ailleurs, plusieurs observateurs de la situation dans la région affirment que les FARDC ont annoncé avoir repris les localités de Kalingi et Bidegu. Cependant, des informations recueillies auprès d’habitants et d’autres sources proches du terrain indiquent que ces zones demeureraient sous le contrôle du MRDP-Twirwaneho.
Ce n’est pas tout. Selon ces mêmes sources, le mouvement continuerait également de contrôler plusieurs positions situées aux alentours de Mikenke, notamment Gitavi, Duhoko et d’autres localités périphériques, où des tensions et des activités militaires sont toujours signalées entre les parties en conflit.
Par ailleurs, de violents affrontements ont été signalés tout au long de la journée de ce mercredi dans la région de Gakenke. Ces combats ont opposé le MRDP-Twirwaneho à la coalition composée des FARDC, de l’armée burundaise, des groupes Wazalendo et des FDLR.
Des sources jugées fiables dans cette zone indiquent que les combats ont débuté dans la matinée et se sont poursuivis jusqu’en soirée. Les deux camps auraient utilisé différents types d’armements. Les FARDC et leurs alliés auraient notamment eu recours à des drones ainsi qu’à d’autres aéronefs militaires. Les mêmes sources affirment que le MRDP-Twirwaneho aurait repoussé les forces qui tentaient de progresser vers certaines zones habitées, ce qui aurait contribué à prolonger les affrontements durant une grande partie de la journée.
À ce stade, bien que la coalition gouvernementale congolaise soit entrée à Mikenke, les informations en provenance du terrain indiquent que le MRDP-Twirwaneho maintient toujours des positions et exerce son influence dans plusieurs secteurs environnants. Cette situation laisse entendre que les combats dans la région de Minembwe se poursuivent et que les différentes parties continuent de chercher à étendre ou à consolider leur contrôle territorial.
Les observateurs de la région soulignent que les changements rapides de contrôle de certaines localités démontrent que le conflit dans les hauts plateaux de Minembwe est encore loin de connaître son dénouement, d’autant plus que toutes les parties engagées continuent de mobiliser d’importants moyens sur le terrain.
Pendant ce temps, les populations civiles demeurent les premières victimes de cette insécurité persistante. Les informations les plus récentes indiquent que la situation sécuritaire reste précaire dans plusieurs zones de Minembwe, Mikenke et Gakenke, où l’évolution des opérations militaires continue de déterminer la réalité du terrain au quotidien.






