Guerre Persistante à Minembwe : Les Habitants Dénoncent des Attaques Ciblées en Raison de Leur Identité
Alors que l’est de la République démocratique du Congo continue d’être marqué par l’insécurité et des conflits armés qui durent depuis plusieurs années, les populations banyamulenge expriment de plus en plus leurs inquiétudes face aux attaques répétées dont elles affirment être victimes en raison de leur origine.
Des informations en provenance des hauts plateaux de Minembwe et des environs de Mikenke rapportent que de violents affrontements ont de nouveau éclaté ce jour dans les localités de Mikenke, Kalingi, Bidegu et Kalongi. Selon plusieurs sources locales, une coalition composée des FARDC, de militaires burundais et de groupes armés Wazalendo aurait lancé des offensives contre des villages habités par des Banyamulenge.
Les habitants de ces zones affirment que ces attaques prennent une ampleur inquiétante, d’autant plus qu’elles viseraient principalement des populations civiles plutôt que les groupes armés évoqués par le gouvernement de Kinshasa. Certains témoignent subir depuis plus d’une décennie de graves violences, notamment des tueries, des pillages de bétail, des incendies de maisons, des destructions de biens ainsi que des déplacements forcés causés par l’insécurité persistante.
Selon des informations recueillies dans la région, les attaques menées ce jour à Mikenke, Kalingi, Bidegu et Kalongi auraient été repoussées par les combattants du MRDP-Twirwaneho, un mouvement qui affirme avoir pris les armes afin de protéger les populations banyamulenge et leurs localités. Le MRDP-Twirwaneho soutient qu’il intervient chaque fois que des civils sont attaqués, dans le but de repousser les assaillants et de sécuriser les habitants.
Les mêmes sources indiquent également que le camp allié au gouvernement de Kinshasa serait à l’origine de ces offensives, comme cela aurait déjà été le cas la veille, mercredi, lorsque les FARDC et leurs alliés avaient mené des attaques à Kalingi, Bidegu et dans d’autres zones proches du centre de Minembwe. À cette occasion également, le MRDP-Twirwaneho avait déclaré avoir repoussé les assaillants après plusieurs heures de combats.
Dans plusieurs localités de Minembwe, les habitants estiment que la crise sécuritaire prend désormais l’apparence d’une violence fondée sur l’appartenance ethnique et l’origine. Ils affirment continuer à être ciblés parce qu’ils sont Banyamulenge. Selon eux, ces attaques ont profondément détruit leurs conditions de vie, notamment à travers les pillages de bétail, les vols de biens, les incendies de maisons et le déplacement de milliers de familles.
Certains analystes estiment que la détérioration de la situation sécuritaire au Sud-Kivu est aggravée par la collaboration entre les FARDC et certains groupes armés, dont les Wazalendo, une situation qui suscite de nombreuses interrogations sur la capacité du gouvernement de Kinshasa à assurer la protection de tous les citoyens sans discrimination.
Alors que les affrontements se poursuivent dans ces régions, les populations locales continuent d’appeler la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à suivre de près la situation des Banyamulenge. Elles réclament une solution durable fondée sur la sécurité, la justice et le respect des droits de chaque citoyen congolais, indépendamment de son ethnie ou de son origine.






