Houston : La Joie du Match RDC–Portugal Éclipsée par la Polémique Suscitée par les Déclarations de Félix Tshisekedi
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à de graves défis sécuritaires dans l’Est du pays, le président Félix Tshisekedi fait de nouveau l’objet de critiques de la part de ceux qui estiment qu’il privilégie les déclarations politiques et les attaques verbales contre ses adversaires plutôt que la recherche de solutions durables en faveur de la paix et de la réconciliation nationale.
Ces critiques ont ressurgi à la suite des propos tenus par le chef de l’État congolais à Houston, aux États-Unis, après le match de la Coupe du monde ayant opposé la sélection nationale congolaise, les Léopards, au Portugal. La rencontre, disputée le 17 juin 2026, s’est soldée par un match nul (1-1).
Cette performance a suscité la fierté et l’enthousiasme de nombreux Africains, les Léopards ayant livré une prestation remarquée face à une équipe de renom comme le Portugal. Toutefois, au lieu de profiter de cette occasion pour féliciter les joueurs et renforcer le sentiment d’unité nationale, les déclarations du président Tshisekedi ont rapidement alimenté les débats politiques ainsi que les tensions diplomatiques dans la région des Grands Lacs.
Dans un message publié sur le réseau social X, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a critiqué le président congolais, l’accusant d’avoir utilisé un moment de célébration sportive à des fins politiques.
Selon elle, les Léopards avaient offert à l’Afrique entière un motif de fierté et de joie. Cependant, au lieu de saisir cette opportunité pour transmettre un message de cohésion nationale et de paix, le président de la RDC aurait choisi de tenir des propos visant les Rwandais ainsi que certains Congolais opposés à son gouvernement.
Elle a notamment déclaré :
« Le président Tshisekedi a choisi de gâcher ce moment exceptionnel en insultant les Rwandais et certains Congolais, tout en affirmant, depuis le sol américain, qu’il poursuivrait les opérations militaires dans l’Est de la RDC. »
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis continuent de jouer un rôle important dans les efforts diplomatiques visant à favoriser une solution durable à la crise qui secoue l’Est de la RDC.
De nombreux analystes estiment que la crise congolaise ne pourra être résolue uniquement par la guerre ou par des discours belliqueux, mais qu’elle nécessite un dialogue approfondi entre les différentes parties concernées.
Depuis plusieurs décennies, l’Est de la RDC est confronté à la présence de groupes armés, à des conflits liés aux questions politiques, à la citoyenneté, aux droits de diverses communautés ainsi qu’aux enjeux économiques. Ces problématiques ont souvent nécessité des réponses politiques et des initiatives de réconciliation plus que des solutions exclusivement militaires.
Les observateurs de la vie politique congolaise soulignent que, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs, les dirigeants devraient privilégier des messages favorisant la confiance, l’unité nationale et la réconciliation plutôt que des discours susceptibles d’accentuer les divisions et les tensions.
Lors de son intervention devant la diaspora congolaise aux États-Unis, le président Tshisekedi est également revenu sur la question de l’AFC/M23, mouvement qui contrôle plusieurs zones de l’Est du pays.
Il a affirmé que son gouvernement avait identifié des personnes qu’il considère comme des collaborateurs ou des soutiens de ce mouvement. Selon lui, les autorités pensaient initialement que ces individus se trouvaient uniquement au Rwanda, avant de constater que certains opéraient également à Kinshasa.
Dans ses propos, il a déclaré :
« Les sorciers sont là. Nous pensions qu’ils se trouvaient uniquement au Rwanda, mais ils se sont infiltrés parmi nous. »
Ces déclarations ont également suscité des réactions critiques. Plusieurs observateurs estiment que l’utilisation de ce type de vocabulaire à l’égard de responsables politiques ou de citoyens ayant des opinions divergentes risque d’exacerber davantage les tensions politiques au lieu de favoriser la recherche de solutions.
Alors que les initiatives de paix continuent d’être soutenues par plusieurs États et organisations internationales, certains s’interrogent sur l’opportunité de poursuivre une rhétorique fondée sur les accusations et la confrontation politique plutôt que de privilégier le dialogue et la construction de la confiance entre les différentes parties prenantes.
Les analystes rappellent que l’expérience de nombreux pays ayant traversé des conflits internes montre que la paix durable repose généralement sur le dialogue, le compromis et la réconciliation, plutôt que sur des discours de confrontation ou sur la seule action militaire.
Par ailleurs, bien que le président Tshisekedi continue d’assurer à la population congolaise que les Forces armées de la RDC (FARDC) reprendront le contrôle de villes stratégiques telles que Goma et Bukavu, plusieurs voix l’invitent à accorder une place plus importante au dialogue intercongolais et à la réconciliation nationale, considérés par beaucoup comme les fondements essentiels d’une paix durable.
Les déclarations de Yolande Makolo ont ainsi relancé le débat sur l’orientation politique adoptée par le président Félix Tshisekedi à un moment où la RDC demeure confrontée à d’importants défis sécuritaires. Tandis que certains soutiennent sa stratégie consistant à intensifier les opérations militaires, d’autres estiment que le pays devrait accorder la priorité au dialogue, à la réconciliation et à une volonté politique capable de rassembler l’ensemble des Congolais.
Sur le plan diplomatique et de la gouvernance, de nombreuses interrogations persistent quant à savoir si les discours virulents et l’intolérance à l’égard des opposants politiques peuvent réellement contribuer à l’instauration d’une paix durable, ou si le moment est venu d’adopter une approche fondée sur la concertation, le dialogue et la réconciliation de tous les citoyens de la République démocratique du Congo.






