Inquiétudes croissantes à Bibogobogo après une attaque attribuée aux Mai-Mai dans une zone sous présence des FARDC et des forces burundaises
Alors que les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) continuent d’affirmer leurs efforts en matière de sécurité, un nouvel épisode violent attribué aux combattants Wazalendo (Mai-Mai) dans la région de Bibogobogo suscite de vives inquiétudes au sein de la population, qui estime que la situation sécuritaire demeure fragile.
Des sources locales en provenance des hauts plateaux de Bibogobogo, dans le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu, indiquent que dans la nuit du mardi au mercredi 06/05/2026, des éléments Wazalendo (Mai-Mai), dirigés par un certain Nshoreyingabo, ont mené une incursion dans le village de Bijanda. Leur objectif présumé était de s’emparer de bétail appartenant à des éleveurs Banyamulenge de la région.
Selon des témoins sur place, les assaillants ont fait irruption de nuit dans le village et ont ouvert le feu sur les habitants ainsi que sur les gardiens des troupeaux. Ils se sont toutefois heurtés à une résistance, ce qui a rapidement conduit à un échange de tirs de courte durée.
Des informations concordantes indiquent que les assaillants ont finalement pris la fuite en direction des zones habitées par les Bafuliru, vers Kwasebasaza, sans parvenir à emporter le bétail ciblé.
Un habitant joint par Minembwe Capital News témoigne :
« Dans la nuit de mercredi, les Mai-Mai dirigés par Nshoreyingabo ont fait incursion à Bijanda pour voler des vaches. Heureusement, les bergers étaient vigilants. Un échange de tirs a éclaté et ils ont pris la fuite vers Kwasebasaza, sans emporter aucun bétail, laissant derrière eux trois chargeurs complets d’AK-47. »
Les mêmes sources rapportent que, dans leur fuite précipitée, les assaillants ont abandonné trois chargeurs entièrement remplis de munitions d’AK-47, un fait interprété par les habitants comme un signe de panique après l’affrontement.
Cette attaque survient dans un contexte où la zone de Bibogobogo est pourtant considérée comme étant sous le contrôle des forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par des éléments des forces burundaises. Cette situation soulève de nombreuses interrogations parmi les habitants, qui s’étonnent de l’absence d’intervention militaire au moment des faits.
Pour certains observateurs locaux, la capacité persistante des Mai-Mai à mener des attaques dans cette région démontre que les défis sécuritaires restent importants, malgré les opérations militaires menées depuis plusieurs mois dans les territoires de Fizi, Minembwe et d’autres zones du Sud-Kivu.
Il convient de rappeler que cette attaque intervient peu de temps après des rencontres organisées à Bibogobogo, en présence de Jacques Kongolo, conseiller du président Félix Tshisekedi en matière de sécurité, accompagné du général William Amuri Yakutumba, figure associée aux Wazalendo.
Ces échanges visaient à sensibiliser les communautés locales, notamment les Banyamulenge et d’autres groupes présents dans la région, à soutenir les autorités de Kinshasa et à croire au retour progressif de la sécurité.
Lors de ces discussions, Jacques Kongolo avait affirmé que le gouvernement congolais ne tolérerait plus les groupes armés qui continuent de perturber la vie des populations, promettant la fin des vols de bétail et des violences.
De son côté, le général Yakutumba avait également appelé les habitants à ne plus vivre dans la peur des attaques et des pillages de bétail.
Malgré ces engagements, de nombreux habitants, notamment parmi les Banyamulenge, continuent d’exprimer de fortes inquiétudes quant à leur sécurité. Ils estiment que les Mai-Mai et leurs alliés demeurent une menace constante dans leur vie quotidienne.
La population affirme attendre non seulement des déclarations politiques, mais surtout des actions concrètes permettant de garantir la libre circulation, la sécurité des troupeaux et la reprise des activités sans crainte d’attaques nocturnes.
À ce jour, la situation à Bibogobogo reste tendue, et les habitants continuent de passer leurs nuits dans la vigilance, redoutant de nouvelles incursions armées dans une région déjà marquée par des tensions persistantes liées à la sécurité et aux dynamiques communautaires.





