Kabila Reprend le Contrôle du Jeu Politique en RDC : La Nouvelle Alliance avec Sesanga Fragilise Davantage le Pouvoir de Tshisekedi
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) traverse une période particulièrement tendue sur les plans politique et sécuritaire, les activités de l’ancien président Joseph Kabila continuent de susciter de nombreuses réactions. Aujourd’hui, Kabila apparaît de plus en plus comme l’un des acteurs politiques majeurs capables d’influencer à nouveau l’équilibre du pouvoir à Kinshasa, surtout dans un contexte où l’opposition au président Félix Tshisekedi poursuit son rapprochement.
Cette dynamique s’est récemment illustrée après que le député Delly Sesanga a officiellement assumé sa collaboration avec Joseph Kabila dans la lutte contre toute tentative de modification de la Constitution congolaise, un geste considéré comme une étape importante dans la restructuration de l’opposition.
Lors d’un échange sur “Space X”, animé par le journaliste Stanis Bujakera le 21 mai 2026, Delly Sesanga a répondu aux critiques visant son rapprochement avec Joseph Kabila. Certains estimaient en effet qu’il était inapproprié de collaborer avec un ancien dirigeant dont le régime avait été accusé, par le passé, d’avoir recouru à des méthodes répressives contre ceux qui s’opposaient à la révision constitutionnelle.
Sesanga a affirmé que la défense de la Constitution dépasse les divisions politiques ou le passé des différents acteurs politiques.
Il a déclaré :
« Sur la question de la défense de la Constitution, nous avons appelé tout le monde à se joindre à nous. »
Il a également rappelé qu’en janvier 2026, il avait signé une déclaration commune avec Joseph Kabila, Martin Fayulu et Moïse Katumbi, appelant au respect strict de la Constitution et à la prévention de toute tentative de violation de celle-ci.
Selon Sesanga, la lutte contre une éventuelle modification constitutionnelle doit rassembler tous les Congolais, même ceux qui, dans le passé, avaient soutenu de telles initiatives.
Il a ajouté :
« Respecter la mémoire des victimes des violences passées, c’est aussi amener ceux qui voulaient modifier la Constitution à comprendre qu’ils doivent aujourd’hui la protéger. »
Ces déclarations illustrent la manière dont les opposants au président Tshisekedi tentent progressivement d’unir leurs forces, malgré des parcours politiques parfois controversés au sein de la classe politique congolaise.
Bien que Joseph Kabila ait quitté le pouvoir en 2019 après près de 18 années à la tête du pays, il ne s’est jamais totalement retiré de la vie politique. De nombreux analystes estiment qu’il conserve une influence considérable dans les milieux sécuritaires, militaires, économiques ainsi qu’auprès de plusieurs figures importantes de la politique congolaise.
Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 à la suite de l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, alors président de la RDC. Il est devenu l’un des dirigeants ayant exercé le plus longtemps le pouvoir en Afrique centrale, dirigeant le pays jusqu’en 2019.
Son mandat a été marqué par des conflits persistants dans l’Est du Congo, la prolifération des groupes armés, une économie fragile ainsi que de nombreuses accusations de violations des droits humains.
Cependant, Kabila a également réussi à mettre en place un système de contrôle politique solide, en plaçant ses proches au sein de l’armée, des services de renseignement et des principales institutions de l’État. C’est pourquoi plusieurs observateurs considèrent encore aujourd’hui qu’il demeure un acteur incontournable de la politique congolaise.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, les relations entre ce dernier et Joseph Kabila ont été marquées par des tensions récurrentes. Bien qu’ils aient initialement gouverné au sein de la coalition FCC-CACH, celle-ci a fini par éclater en raison de profondes divergences sur la gestion du pouvoir.
Aujourd’hui, l’opposition accuse Tshisekedi de vouloir modifier la Constitution afin de prolonger son maintien au pouvoir au-delà des limites prévues par la loi, des accusations que son gouvernement continue de rejeter fermement.
Dans ce contexte, plusieurs partis de l’opposition ont récemment créé une coalition baptisée Coalition Article 64 (C64), avec pour objectif déclaré de « défendre l’ordre constitutionnel ».
Cette coalition rassemble plusieurs figures majeures de la scène politique congolaise, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi et Delly Sesanga.
Ses membres affirment vouloir empêcher ce qu’ils qualifient de :
« mise en place d’une nouvelle dictature et d’un pouvoir personnel cherchant à gouverner indéfiniment la RDC. »
Joseph Kabila Peut-il Encore Influencer le Pouvoir à Kinshasa ?
De nombreux analystes de la politique congolaise estiment que Joseph Kabila conserve encore une réelle capacité d’influence sur les évolutions politiques futures de la RDC.
Même s’il apparaît moins fréquemment en public qu’auparavant, ses activités politiques semblent progressivement reprendre de l’ampleur. Son rapprochement avec des figures de l’opposition telles que Fayulu, Katumbi et Sesanga est perçu comme un signal fort laissant penser qu’il pourrait chercher à retrouver un rôle central dans les équilibres du pouvoir congolais.
Certains estiment également que Kabila pourrait soutenir un candidat influent lors des prochaines élections ou utiliser son poids politique afin d’affaiblir progressivement le pouvoir de Tshisekedi.
Par ailleurs, son influence continue d’être renforcée par le soutien qu’il conserverait auprès de nombreux acteurs, notamment au sein de l’armée et des services de sécurité, un élément qui pourrait jouer un rôle déterminant dans l’avenir politique de Kinshasa.
Alors que la RDC demeure confrontée à l’insécurité persistante dans l’Est du pays, à une situation économique fragile et à des tensions politiques croissantes, Joseph Kabila continue d’apparaître comme une figure politique majeure susceptible d’influencer l’orientation future du pays dans les années à venir.






