Le FDLR poursuit sa collaboration avec les autorités de la RDC et du Burundi : sa coopération avec les forces burundaises continue de susciter des inquiétudes
Plus de 32 ans après le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), mouvement fondé par des personnes impliquées dans ce génocide et ayant fui la justice, poursuivent leurs activités dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce groupe continue d’être considéré comme l’un des principaux mouvements armés responsables de l’instabilité dans la région des Grands Lacs.
Divers rapports des Nations unies ainsi que d’autres organisations internationales indiquent que les FDLR sont actives dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où elles sont accusées de diffuser l’idéologie du génocide, des discours de haine et de commettre des violences contre les populations civiles, en particulier les Congolais rwandophones, notamment les communautés tutsies vivant dans différentes localités, dont Minembwe.
Alors que la communauté internationale continue d’appeler au démantèlement définitif des FDLR, plusieurs informations et analyses font état d’une coopération entre ce mouvement et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le cadre de certaines opérations militaires. Le Rwanda affirme depuis plusieurs années que cette collaboration constitue l’une des principales causes de l’insécurité persistante le long de sa frontière avec l’est de la RDC. Des rapports du Groupe d’experts des Nations unies ont également évoqué des éléments faisant état d’une coopération entre les FARDC et les FDLR lors de certaines opérations militaires.
Plus récemment, le Burundi a déployé d’importants effectifs militaires dans l’est de la RDC dans le cadre des accords de coopération militaire conclus entre les deux pays. Selon plusieurs analystes, le fait que les forces burundaises opèrent dans certaines zones où les FARDC sont accusées de collaborer avec les FDLR suscite des préoccupations quant à la sécurité régionale. Toutefois, les gouvernements du président Évariste Ndayishimiye et du président Félix Tshisekedi ont toujours nié toute coopération officielle avec les FDLR en tant que mouvement armé autonome, même si plusieurs rapports internationaux ont fait état d’une coopération entre les FARDC et ce groupe lors de certains affrontements.
Les FDLR continuent d’être dirigées par d’anciens responsables de leur structure militaire. Leur branche armée, les FOCA (Forces combattantes abacunguzi), est commandée par Pacifique Ntawunguka, connu sous le nom de Général Omega, assisté du Général-Major Cyprien Uzabakiriho, alias Ave Maria. Le renseignement militaire du mouvement est dirigé par le Brigadier-Général Sébastien Uwimbabazi, connu sous le nom de Nyembo Abdallah, tandis que les opérations militaires sont placées sous la responsabilité du Brigadier-Général Lucien Nzabanita. L’unité spéciale connue sous le nom de CRAP est commandée par le Colonel Pierre-Célestin Rurakabije, alias Simba Guillaume.
Des informations issues des services de renseignement avaient précédemment estimé les effectifs des FDLR entre 7 000 et 10 000 combattants, bien que ces chiffres puissent évoluer en fonction des opérations militaires, des pertes enregistrées ou des mouvements de leurs combattants.
Selon plusieurs analystes, la persistance des FDLR et la poursuite de leurs activités militaires demeurent un obstacle majeur au rétablissement d’une paix durable dans l’est de la RDC ainsi que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Ils appellent à l’adoption de mesures concrètes visant au démantèlement de ce mouvement et à la poursuite judiciaire de ses dirigeants, afin de mettre un terme à ses activités et aux conséquences qu’elles continuent d’avoir sur les populations civiles innocentes.






