Le Gouvernement de la RDC Engage une Réforme Majeure de la Police : la Biométrie au Cœur de la Modernisation de la Gestion des Effectifs
MINEMBWE CAPITAL NEWS
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement lancé une vaste réforme visant à améliorer le fonctionnement de la Police nationale congolaise (PNC), à travers un contrôle approfondi des effectifs, le recensement du nombre réel de policiers ainsi que leur enrôlement au moyen de la technologie biométrique.
Cette initiative a été annoncée le jeudi 9 juillet 2026 lors d’une réunion présidée par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, en présence de plusieurs membres du Gouvernement ainsi que des hauts responsables de la Police nationale.
Les chiffres présentés au cours de cette réunion indiquent que la Police nationale congolaise compte actuellement 168 617 policiers, dont près de 21 % sont considérés comme des agents inactifs ou absents de leurs fonctions quotidiennes. Cette situation suscite de vives préoccupations quant au fonctionnement et à la gestion de cette institution chargée de la sécurité publique.
Selon le Gouvernement, cette réforme a pour principal objectif de mettre en place une base de données moderne, fiable et sécurisée des effectifs de la Police, afin de remédier aux dysfonctionnements de longue date dans la gestion du personnel, d’améliorer la gouvernance administrative et de renforcer le contrôle de la masse salariale.
Le projet est mis en œuvre par la société Africa Business Agency (ABA), en partenariat avec la Direction des systèmes d’information du Commissariat général de la Police nationale congolaise.
Les opérations prévues comprennent la vérification des données existantes, le contrôle individuel de chaque policier, la collecte de ses données biométriques ainsi que son enregistrement dans un nouveau système informatique destiné à assurer une gestion moderne des ressources humaines de la Police.
Dans son intervention, Jacquemain Shabani a souligné que cette réforme constitue l’un des piliers essentiels de la construction d’une police professionnelle, efficace et pleinement capable d’assurer la sécurité de la population.
Il a déclaré :
« Le processus qui nous réunit aujourd’hui s’inscrit dans le cadre du contrat conclu entre l’État et Africa Business Agency pour la mise en place d’un système biométrique d’identification, de recensement et d’enrôlement des policiers, ainsi que d’un dispositif moderne de gestion de leurs carrières. Aucune réforme profonde de la Police ne peut être envisagée sans disposer de statistiques fiables et d’une base de données crédible sur les effectifs. »
Le Vice-Premier ministre a ajouté que la connaissance précise du nombre d’agents et de leur affectation constitue le fondement indispensable à l’élaboration d’une politique efficace de gestion des ressources humaines au sein de la Police nationale.
Il a également indiqué que le déploiement de cette opération dans les 26 provinces de la RDC nécessitera des ressources financières importantes.
À cet effet, il a expliqué avoir convié à cette réunion le ministre du Budget ainsi que le ministre des Finances afin d’assurer la mobilisation des fonds indispensables au transport du matériel, à l’acquisition des équipements biométriques, à leur maintenance ainsi qu’à leur remplacement en cas de besoin.
Il a insisté sur le fait que la réussite de cette réforme dépendra largement du décaissement rapide et intégral des ressources financières nécessaires.
De son côté, le président du Conseil d’administration d’Africa Business Agency, Claude Kikoka Mbala, a indiqué que les opérations seront menées sur l’ensemble du territoire national pendant une période de six mois et concerneront environ 157 000 policiers.
Il a précisé qu’à l’issue du projet, chaque policier disposera d’une identité unique, légalement reconnue et validée grâce à son identification biométrique physique.
Il a également souligné que le lieu d’affectation de chaque policier sera certifié par sa hiérarchie et que toutes les opérations de contrôle laisseront des traces numériques permettant d’assurer un suivi rigoureux des effectifs et de prévenir toute fraude.
Selon plusieurs analystes, cette réforme pourrait constituer une avancée majeure dans la lutte contre les agents fictifs, les policiers inactifs ainsi que les irrégularités signalées depuis plusieurs années dans la gestion de la paie au sein de la Police nationale.
À l’issue de ce processus, le Gouvernement devrait disposer de données fiables sur les effectifs réellement en service, ce qui permettra d’améliorer la planification, la gestion des ressources publiques ainsi que la performance globale de cette institution chargée d’assurer la sécurité des citoyens.
Si cette réforme suscite de nombreux espoirs quant à l’amélioration de la gouvernance de la Police nationale congolaise, plusieurs observateurs estiment néanmoins que son succès dépendra de sa mise en œuvre dans la transparence, sans discrimination, et dans le strict respect des lois ainsi que des principes de bonne gouvernance.






