Le sénateur Muyumba lance une forte mise en garde sur la balkanisation de la RDC
Alors que la République démocratique du Congo continue de faire face à de graves défis sécuritaires, politiques et économiques, les déclarations de la femme politique Francine Muyumba ont relancé un vaste débat autour de ce que de nombreux Congolais qualifient de « balkanisation » du pays.
Francine Muyumba, ancienne sénatrice bien connue en RDC et figure politique souvent préoccupée par l’avenir du pays, a déclaré :
« Un référendum sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu équivaut à une balkanisation de la République démocratique du Congo. »
Cette déclaration a suscité d’importantes réactions dans le pays, particulièrement dans les provinces de l’Est du Congo, marquées depuis de nombreuses années par les conflits armés et l’insécurité.
Le terme « balkanisation » trouve son origine dans l’histoire des Balkans, en Europe, une région qui s’est fragmentée à la suite de guerres, de divisions internes et d’intérêts politiques et économiques.
En RDC, ce terme est utilisé depuis plusieurs années par des hommes politiques, des journalistes et des analystes qui accusent certains acteurs politiques ainsi que des puissances étrangères de vouloir morceler le Congo, notamment sa partie orientale riche en ressources minières.
De nombreux Congolais estiment que la situation persistante au Nord-Kivu et au Sud-Kivu pourrait conduire à une perte progressive du contrôle de ces provinces par Kinshasa, ouvrant ainsi la voie à des formes d’autonomie de fait en raison des conflits prolongés.
Certains affirment même que la question de la « balkanisation » ne relève plus uniquement du débat politique, mais qu’elle a également été évoquée dans certaines prophéties concernant l’avenir du Congo, selon lesquelles le pays pourrait se fragmenter si les problèmes de gouvernance et de sécurité ne sont pas résolus à temps.
Depuis plus de vingt ans, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont le théâtre de violences incessantes, de massacres, de pillages et de déplacements massifs de populations.
Alors que le pouvoir de Kinshasa est accusé de ne pas parvenir à rétablir une paix durable dans ces régions, de nombreux habitants disent avoir perdu confiance dans les FARDC, accusées par certains d’exactions, de corruption et de collaborations avec des groupes armés tels que les FDLR et les Wazalendo.
C’est dans ce contexte que l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) au Nord-Kivu ainsi que le MRDP-Twirwaneho au Sud-Kivu affirment avoir pris les armes pour protéger les populations que, selon eux, l’État congolais n’a pas su défendre.
Dans certaines zones contrôlées par ces mouvements, des habitants affirment bénéficier d’une sécurité relative comparativement à certaines localités sous contrôle des FARDC, bien que la guerre continue d’avoir de lourdes conséquences humanitaires et économiques.
Dans la nuit du jeudi au vendredi 29/05/2026, dans la ville de Baraka contrôlée par les FARDC, un autre civil a été tué dans des circonstances particulièrement brutales.
Selon les informations recueillies par Minembwe Capital News auprès de son journaliste basé à Baraka, la victime, un homme d’environ 60 ans connu sous le nom de KINGA, a été assassinée à son domicile vers 2 heures du matin dans le quartier de Moma Kibi, dans la commune de Baraka Centre.
Les premières informations indiquent que les auteurs du meurtre n’ont pas encore été officiellement identifiés. Toutefois, certains habitants soupçonnent des éléments Wazalendo opérant en étroite collaboration avec les FARDC, l’armée burundaise et les FDLR.
Cette situation pousse de nombreux citoyens à dénoncer le fait que, dans certaines zones, les forces censées protéger la population sont également accusées de contribuer à son insécurité ou de collaborer avec des groupes responsables d’exactions.
Plusieurs analystes estiment que si un éventuel référendum ou d’autres réformes politiques majeures ne pouvaient être organisés dans les deux Kivu en raison de l’insécurité, cela risquerait d’accentuer le sentiment d’exclusion des populations locales.
Une telle situation pourrait renforcer les mouvements accusant Kinshasa d’abandonner les populations de l’Est du Congo.
C’est pourquoi les propos de Francine Muyumba sont interprétés par certains comme un avertissement adressé au pouvoir du président Félix Tshisekedi : continuer à marginaliser les populations du Kivu pourrait entraîner une crise encore plus grave.
Malgré l’ampleur croissante du débat sur la balkanisation, plusieurs analystes estiment que la priorité ne devrait pas être les discours de haine ou de confrontation, mais plutôt :
- l’ouverture d’un dialogue politique approfondi entre le gouvernement et les groupes armés ;
- le rétablissement de la confiance entre la population et les forces de sécurité ;
- la fin de toute collaboration avec les groupes accusés d’exactions contre les civils ;
- la mise en place d’une gouvernance fondée sur la justice et la protection de tous les citoyens sans discrimination ;
- ainsi que la priorité accordée aux intérêts de la population plutôt qu’aux intérêts politiques.
De nombreux habitants du Kivu affirment que leur aspiration première n’est ni la guerre ni la division du pays, mais plutôt la paix, le respect de leurs droits et une gouvernance responsable.
Alors que la RDC traverse une période politique particulièrement sensible, la question de la balkanisation demeure l’un des enjeux majeurs susceptibles d’influencer l’avenir du pays tout entier.






