Les Américains commencent à regretter profondément leur soutien au président Tshisekedi de la RDC
Alors que le pouvoir du président Félix Tshisekedi continue de subir de fortes pressions de la part de l’opposition ainsi que de plusieurs analystes internationaux, les déclarations de Tibor Nagy, ancien secrétaire d’État adjoint des États-Unis chargé des affaires africaines, ont suscité de vives réactions dans le paysage politique de la République démocratique du Congo (RDC).
Cet homme politique, qui a joué un rôle important dans les relations entre les États-Unis et les pays africains, a affirmé que l’un de ses plus grands regrets durant son passage à la diplomatie américaine avait été d’avoir recommandé au gouvernement américain de soutenir Félix Tshisekedi comme vainqueur de l’élection présidentielle congolaise de 2018.
Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias internationaux, Tibor Nagy a déclaré :
« L’un de mes plus grands regrets durant mon mandat en tant que secrétaire d’État adjoint américain chargé de l’Afrique est d’avoir recommandé que les États-Unis soutiennent Tshisekedi comme vainqueur de l’élection congolaise de 2018. Je pensais qu’il serait un dirigeant différent et qu’il défendrait les intérêts du peuple congolais. Quelle erreur de ma part ! »
Ces propos illustrent le mécontentement croissant de certains responsables politiques et diplomates américains à l’égard de la gouvernance du président Tshisekedi, notamment concernant l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, une gouvernance accusée d’autoritarisme, de corruption et d’incapacité à résoudre les problèmes auxquels la population congolaise est confrontée depuis de nombreuses années.
Après les élections de 2018, Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir en succédant à Joseph Kabila, qui avait dirigé le pays pendant près de dix-huit ans. À cette époque, plusieurs puissances occidentales, dont les États-Unis, avaient exprimé l’espoir que Tshisekedi puisse apporter un nouveau souffle à la politique congolaise.
Bien que ces élections aient été fortement contestées, certains affirmant que Martin Fayulu en était le véritable vainqueur, les États-Unis ainsi que d’autres grandes puissances avaient choisi de collaborer avec Tshisekedi, estimant que cette transition représentait une nouvelle opportunité pour la RDC.
Tibor Nagy faisait partie des personnalités ayant fortement contribué à convaincre Washington que soutenir Tshisekedi permettrait au Congo de sortir de la crise politique et de reconstruire les institutions de l’État.
Cependant, après plus de sept années de pouvoir, plusieurs de ses anciens soutiens estiment aujourd’hui que les attentes placées en lui n’ont pas été satisfaites.
Dans l’est de la RDC, les conflits et l’insécurité continuent de s’aggraver. Les affrontements entre les FARDC et la coalition AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont provoqué d’importantes vagues de déplacements de population, des violences meurtrières ainsi qu’une détérioration des conditions de vie des habitants.
De nombreux analystes considèrent que le gouvernement Tshisekedi n’a pas réussi à mettre en place des stratégies solides pour instaurer une paix durable dans ces régions. Certains l’accusent même d’exploiter la question sécuritaire à des fins politiques.
D’autres critiques dénoncent également les accusations récurrentes visant son régime concernant la répression de l’opposition, l’arrestation de responsables politiques et de journalistes, ainsi que les tentatives de contrôle des principales institutions du pays, notamment la justice et l’armée.
Même si Tibor Nagy s’est exprimé à titre personnel, ses déclarations ont été interprétées comme le signe possible d’un changement dans la manière dont certains responsables américains perçoivent désormais le leadership de Félix Tshisekedi.
Selon plusieurs observateurs, cette évolution pourrait avoir des conséquences sur les relations entre Kinshasa et les pays occidentaux, particulièrement au moment où la RDC cherche à renforcer son soutien diplomatique et militaire face aux conflits armés.
Certains estiment également que ces propos pourraient renforcer davantage l’opposition au régime de Tshisekedi, laquelle affirme depuis longtemps que son gouvernement n’a pas tenu les promesses faites au peuple congolais.
Alors que les dernières élections en RDC ont elles aussi été critiquées pour leur manque de transparence et que l’opposition continue de dénoncer leur organisation, le président Tshisekedi fait de plus en plus l’objet de critiques sur la scène internationale.
Les difficultés économiques, l’insécurité persistante, la corruption ainsi que les controverses autour de sa gouvernance poussent progressivement certains de ses anciens alliés à prendre leurs distances.
Même si les autorités de Kinshasa continuent d’affirmer qu’elles mettent tout en œuvre pour rétablir la paix et favoriser le développement du pays, les déclarations de Tibor Nagy montrent que certains partenaires de la RDC commencent désormais à douter de l’orientation prise par le pouvoir de Félix Tshisekedi.






