Les déclarations de la RDC sur l’Africa Forward Summit dénoncées au Parlement comme des mensonges flagrants
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Amb. Olivier Nduhungirehe, a fermement démenti les informations diffusées par la Présidence de la République démocratique du Congo (RDC), selon lesquelles le président Félix Tshisekedi aurait participé à des discussions majeures lors de l’Africa Forward Summit récemment tenu à Nairobi, au Kenya.
Ce sommet a réuni plusieurs dirigeants africains et européens, notamment le président kényan William Ruto et le président français Emmanuel Macron, afin d’échanger sur les enjeux liés au développement du continent africain, à l’économie, à la technologie, ainsi qu’à la paix et à la sécurité.
À l’issue de cette rencontre, Farah Muamba Kayowa, chargé de communication à la Présidence de la RDC, a déclaré sur le réseau social X que son pays avait « pris part aux discussions » organisées lors du sommet du 12 mai 2026. Il a affirmé que le président Tshisekedi avait exprimé ses positions sur la coopération africaine, les questions sécuritaires ainsi que sur ce que la RDC qualifie régulièrement « d’agression rwandaise » dans l’est du pays.
Dans son message, Muamba a également indiqué que Tshisekedi avait plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, tout en soulignant le rôle important joué par la RDC au cours de cette rencontre internationale.
Cependant, ces affirmations ont rapidement été démenties par le ministre Olivier Nduhungirehe, qui a qualifié les déclarations de la Présidence congolaise de « mensonges flagrants », affirmant que Kinshasa n’avait pas participé aux véritables sessions de discussion du sommet.
Dans un message publié sur X, Nduhungirehe a expliqué que l’Africa Forward Summit était structuré autour de trois grandes sessions dirigées par les présidents William Ruto et Emmanuel Macron, portant principalement sur l’industrialisation verte, les énergies renouvelables, la réforme du système financier international, ainsi que la paix et la sécurité en Afrique.
Il a précisé que plusieurs chefs d’État et représentants gouvernementaux avaient été invités à intervenir lors de ces discussions, mais que la délégation congolaise n’y avait pris aucune part.
« Le siège réservé à la RDC est resté vide durant toutes les discussions. Kinshasa n’a jamais demandé la parole ni accusé le Rwanda pendant le sommet. Son président n’est apparu qu’à la cérémonie de clôture », a-t-il déclaré.
Ces propos de Nduhungirehe remettent une nouvelle fois en lumière les accusations selon lesquelles les autorités de Kinshasa continueraient de recourir à des campagnes de dénigrement contre le Rwanda et à la diffusion d’informations non vérifiées sur la scène internationale, des affirmations souvent contredites par des éléments factuels ou par les organisateurs des événements eux-mêmes.
Depuis plusieurs années, les relations entre le Rwanda et la RDC demeurent tendues. Le gouvernement du président Félix Tshisekedi accuse régulièrement Kigali de soutenir le mouvement rebelle du M23 actif dans l’est du Congo. Le Rwanda, de son côté, rejette ces accusations et soutient que l’insécurité persistante dans cette région trouve son origine dans des problèmes politiques et de gouvernance profondément enracinés en RDC.
Certains analystes estiment que les autorités congolaises ont fait du Rwanda le principal responsable des crises internes du pays, dans le but de masquer les faiblesses de l’État congolais et les problèmes de gouvernance auxquels il est confronté. Selon eux, cette stratégie viserait également à obtenir le soutien et la sympathie de la communauté internationale.
Bien que la RDC continue de multiplier les démarches diplomatiques pour dénoncer le Rwanda sur les plateformes internationales, plusieurs responsables congolais ont déjà été accusés de diffuser des informations inexactes ou exagérées, ce qui a parfois terni leur crédibilité sur la scène internationale.
Les observateurs de la diplomatie régionale estiment que les événements récents de Nairobi ont une nouvelle fois révélé l’écart entre les déclarations officielles de Kinshasa et les faits réellement observés lors des rencontres internationales. Ils s’interrogent également sur l’usage des médias et des réseaux sociaux par les autorités congolaises dans ce qu’ils considèrent comme une stratégie de propagande politique.
Alors que la crise sécuritaire dans l’est de la RDC continue d’alimenter les tensions régionales, les pays de la Communauté d’Afrique de l’Est ainsi que plusieurs partenaires internationaux appellent les différentes parties à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation verbale et les accusations politiques.





