Les Wazalendo auxquels Tshisekedi s’est rapproché continuent de se disputer le leadership : ces divisions fragilisent davantage son pouvoir — Découvrez les dessous de l’affaire
Minembwe Capital News
De profondes tensions ont éclaté au sein de la direction du mouvement Mai-Mai dénommé Patriot Forces for the Defense of the Congo – Liberation Movement (FPDC-ML), un groupe armé affilié à la coalition des Wazalendo, qui entretient une collaboration étroite avec le pouvoir de Kinshasa dans le conflit qui se poursuit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Au cœur de cette crise de leadership, Justin M’munga Mshaleke, président du FPDC-ML, a refusé de reconnaître la décision le suspendant de ses fonctions. Il estime que cette décision a été prise en violation des lois et des principes régissant le fonctionnement interne du mouvement.
Dans une lettre datée du 09/04/2026, Justin M’munga a saisi plusieurs responsables des autorités civiles, militaires et sécuritaires de la province du Sud-Kivu, afin de dénoncer officiellement la décision de le suspendre de ses fonctions.
Justin M’munga affirme que sa suspension est illégale
Dans cette correspondance, Justin M’munga indique que la décision de le suspendre a été prise par Ngoy Ngyelwa Mao, coordinateur du mouvement.
Le président du FPDC-ML, qui refuse de reconnaître sa suspension, qualifie cette décision d’« abus de pouvoir » et affirme qu’elle est dépourvue de valeur, estimant que son auteur ne disposerait pas de l’autorité nécessaire pour suspendre le président du mouvement.
Il s’appuie notamment sur les textes et règlements qui régissent le FPDC-ML, lesquels, selon lui, attribuent exclusivement à certaines instances compétentes le pouvoir d’élire, de suspendre ou de sanctionner le président.
Justin M’munga soutient ainsi que le coordinateur du mouvement ne peut pas, de sa propre initiative, décider de le relever de ses fonctions.
Il conteste également la procédure disciplinaire engagée contre lui
Justin M’munga dénonce également la procédure qui aurait été utilisée pour prononcer sa suspension, estimant qu’elle ne respecte pas les règles prévues par les textes internes du mouvement.
Selon lui, avant l’adoption de cette mesure, il n’aurait pas été convoqué afin d’être interrogé, de présenter sa défense ou de s’expliquer sur les accusations ayant conduit à sa suspension. Il considère que cette procédure serait contraire aux principes régissant la discipline et les sanctions au sein du FPDC-ML.
Il rejette également différentes accusations portées contre lui, notamment celles relatives à une mauvaise gestion ou à un détournement de fonds, au non-respect des règles de conduite ainsi qu’à des différends ou troubles sur la place publique.
Le responsable du FPDC-ML estime que ces accusations ne seraient pas suffisamment étayées, qu’elles ne reposeraient pas sur des éléments de preuve concrets et que certaines pourraient viser, selon lui, à ternir sa réputation et à porter atteinte à son image.
Il exige l’annulation de sa suspension dans un délai de 48 heures
Justin M’munga a demandé à Ngoy Ngyelwa Mao de retirer la décision de suspension dans un délai ne dépassant pas 48 heures.
Il a indiqué qu’à défaut d’annulation de cette décision, il saisirait la commission compétente en matière de discipline et les instances internes chargées des décisions disciplinaires au sein du mouvement. Il n’exclut pas non plus de porter l’affaire devant les juridictions compétentes.
Malgré sa suspension, Justin M’munga affirme continuer à exercer ses responsabilités en tant que président du FPDC-ML, jusqu’à ce qu’une instance habilitée rende une décision conforme aux textes régissant le mouvement.
Une crise qui met en lumière les difficultés de gouvernance au sein des Wazalendo
La confrontation au sein du FPDC-ML ne se limite pas à un simple différend entre deux responsables. Elle remet également en lumière les questions liées à la gouvernance, à la répartition des pouvoirs et aux modalités de fonctionnement des groupes armés réunis au sein de la coalition des Wazalendo.
Les Wazalendo sont présentés par les autorités de Kinshasa comme des combattants congolais apportant leur soutien aux forces gouvernementales dans leur lutte contre le M23. Toutefois, les conflits de leadership, les désaccords sur les compétences et les accusations réciproques observés au sein de certains de ces groupes soulèvent des interrogations sur les difficultés qui peuvent résulter du recours à des mouvements armés pour répondre aux problèmes sécuritaires.
Ces groupes opèrent dans différentes régions de l’est de la RDC, une partie du pays confrontée depuis plusieurs années aux conflits armés, aux violences, aux déplacements de populations et à l’insécurité.
La politique de Tshisekedi envers les groupes armés continue de susciter la controverse
La crise de gouvernance au sein du FPDC-ML intervient alors que le pouvoir du président Félix Tshisekedi continue de faire l’objet de critiques concernant sa collaboration et son rapprochement avec certains groupes Wazalendo dans le cadre de la lutte contre le M23.
Pour les détracteurs de cette politique, la principale question est de savoir si l’État peut parvenir à rétablir durablement son autorité et la sécurité dans l’est de la RDC tout en s’appuyant sur des groupes armés disposant de leurs propres structures de commandement, de leurs propres règles et de leurs propres mécanismes de recours à la force.
Les tensions observées au sein du FPDC-ML ravivent ainsi le débat, puisqu’elles illustrent les difficultés de gouvernance et de cohésion interne auxquelles certains groupes armés peuvent être confrontés alors même qu’ils continuent de jouer un rôle dans les opérations sécuritaires.
La gouvernance de Tshisekedi face à de nouveaux défis
Les détracteurs du président Félix Tshisekedi estiment que le rapprochement avec des groupes armés tels que les Wazalendo pourrait avoir des conséquences négatives sur la stabilité et la sécurité à long terme.
Selon eux, plutôt que de renforcer une armée nationale disposant d’une chaîne de commandement unique, de règles communes et de responsabilités clairement définies, le recours prolongé à différents groupes armés pourrait contribuer à accentuer les divisions et les rivalités autour du pouvoir.
Pour ces critiques, la crise au sein du FPDC-ML constitue un exemple des difficultés pouvant découler d’une gestion insuffisamment structurée de groupes armés impliqués dans les questions de sécurité : conflits internes, désaccords sur l’autorité et rivalités de leadership peuvent alors émerger.
Cette situation pourrait également avoir des répercussions sur les populations de l’est de la RDC, qui aspirent depuis longtemps à voir les groupes armés céder progressivement la place à des institutions étatiques de sécurité capables d’assurer leur protection et de faire respecter la loi.
Justin M’munga maintient qu’il demeure président du FPDC-ML
Malgré la décision de suspension, Justin M’munga Mshaleke continue d’affirmer qu’il est le président du FPDC-ML, considérant que la décision prise à son encontre ne respecte ni les lois ni les règlements internes du mouvement.
La situation pourrait continuer à prendre de l’ampleur si les deux parties ne parviennent pas à trouver un compromis, notamment si Justin M’munga met à exécution sa menace de saisir les instances disciplinaires internes du mouvement ou les juridictions compétentes.
Pour les populations de l’est de la RDC, cette nouvelle confrontation soulève une fois de plus des inquiétudes quant au fonctionnement des groupes armés opérant dans une région confrontée depuis de nombreuses années aux conflits et à l’insécurité.
Minembwe Capital News continuera de suivre l’évolution de cette crise ainsi que ses éventuelles conséquences sur le fonctionnement du FPDC-ML, ses relations avec les autorités étatiques et la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cet article est basé sur les informations contenues dans la lettre de Justin M’munga Mshaleke.
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