Masisi : de violents combats opposant l’AFC/M23 aux FARDC, aux Wazalendo et au FDLR continuent de perturber la sécurité des civils et l’éducation dans l’est de la RDC
Dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu, des combats intenses sont signalés depuis deux jours entre l’AFC/M23 et une coalition des forces gouvernementales de la République démocratique du Congo, composée des FARDC, des Wazalendo ainsi que de groupes armés alliés, parmi lesquels le FDLR. Ces affrontements mettent en évidence la capacité de l’AFC/M23 à maintenir sa pression dans plusieurs zones de la région, tandis que de l’autre côté, les forces alliées opposées à ce mouvement semblent subir une forte pression militaire.
Des sources locales et sécuritaires indiquent que depuis jeudi dernier, des tirs nourris d’armes lourdes et légères n’ont pas cessé dans la zone située entre Bibatama et Kasenyi, près de Rubaya, dans le groupement de Bahunde, secteur de Kibabi 1. Le centre de Muhahirwa est particulièrement marqué par l’intensité des combats, où les deux camps s’affrontent avec acharnement.
Ces affrontements font suite à quelques jours d’accalmie, avant de reprendre de manière soudaine, suscitant de vives inquiétudes au sein des populations locales.
La reprise des combats a provoqué de nouveaux déplacements massifs de civils, contraints de fuir leurs foyers pour chercher refuge dans des zones jugées relativement sécurisées. La vie quotidienne des habitants est fortement perturbée : les activités agricoles et commerciales sont à l’arrêt, tandis que les combats continuent de se rapprocher de plusieurs agglomérations.
Au-delà de la crise sécuritaire, des inquiétudes majeures persistent également concernant les élèves finalistes du secondaire, qui se préparent aux examens d’État de l’année scolaire 2025–2026, prévus pour débuter lundi prochain.
Selon les autorités de l’enseignement dans le territoire de Masisi, les centres d’examen de Luke 1 et Luke 2, initialement installés dans la zone de Nyamaboko, ont déjà été transférés vers Kinigi et Rubaya en raison de la dégradation de la situation sécuritaire.
Cependant, pour y accéder, les élèves doivent traverser la zone de Kibabi, théâtre d’affrontements intenses entre les parties en conflit, ce qui suscite de sérieuses inquiétudes quant à leur sécurité.
Des organisations de défense des droits des populations et des membres de la société civile du groupement de Katoyi appellent à un déplacement urgent des centres d’examen vers les zones de Biriko et Ntoto, dans le territoire de Walikale, où la situation sécuritaire serait relativement plus stable.
Ils estiment que maintenir les élèves sur des itinéraires exposés à de graves dangers constitue un risque majeur, susceptible de compromettre leur participation aux examens d’État, pourtant déterminants pour leur avenir.
Ces combats illustrent une fois de plus la persistance de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les zones de Masisi, où les populations appellent à des solutions durables et urgentes afin de restaurer la stabilité et permettre un retour à une vie normale.






