Ramaphosa à Kinshasa alors que les combats s’intensifient à Minembwe
Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, est arrivé à Kinshasa le jeudi 2 juillet 2026 dans le cadre d’une visite de travail visant à renforcer la coopération entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Afrique du Sud, en particulier dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo. Cette visite intervient alors que l’est de la RDC demeure le théâtre d’intenses affrontements, notamment à Minembwe et dans les localités environnantes, où les opérations militaires continuent de modifier la situation sécuritaire.
À son arrivée à l’aéroport international de N’djili, le président Ramaphosa a été accueilli par la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, représentant le président Félix Tshisekedi. Il a également été reçu par plusieurs membres du gouvernement congolais ainsi que par le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
Cette visite intervient dans un contexte où l’Union africaine appelle ses États membres à renforcer leur coopération afin de prévenir et de combattre les épidémies susceptibles d’affecter le continent. Dans cette perspective, l’Afrique du Sud a annoncé une contribution de 13,5 millions de dollars américains destinée à soutenir les efforts de prévention et de lutte contre Ebola en RDC.
Le programme de la visite comprenait un entretien entre le président Félix Tshisekedi et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, tenu au Palais de l’Union africaine à Kinshasa. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération dans le domaine de la santé, l’intensification de la lutte contre Ebola, le développement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays, ainsi que le renforcement des capacités des institutions sanitaires afin de mieux faire face aux futures épidémies.
Le président Ramaphosa s’est également rendu à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), qui joue un rôle essentiel dans la surveillance, le diagnostic et le suivi des maladies épidémiques en République démocratique du Congo.
Bien que cette visite ait été officiellement présentée comme étant centrée sur les questions sanitaires, elle intervient dans un contexte marqué par une grave dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
À Minembwe et dans les localités voisines, les affrontements se poursuivent entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les forces burundaises, les groupes Wazalendo et les FDLR, opposés au mouvement MRDP-Twirwaneho.
Selon des informations en provenance de la région, le MRDP-Twirwaneho continue d’étendre les territoires sous son contrôle. D’après les informations confirmées par Minembwe Capital News ainsi que par les responsables du mouvement, celui-ci a pris le contrôle des localités de Mikenke et Bilalombili mercredi, avant de s’emparer, le lendemain, de Ngezi, Murusirita et Rwitsankuku.
Des analystes en politique et en relations internationales estiment que la visite de Cyril Ramaphosa peut également être interprétée comme un signe de la volonté de l’Afrique du Sud de poursuivre son soutien à la coopération avec le gouvernement congolais, alors que le pays continue de faire face à d’importants défis sécuritaires dans sa partie orientale.
L’Afrique du Sud demeure l’un des principaux acteurs diplomatiques et sécuritaires en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs. À plusieurs reprises, elle a participé à des missions de maintien de la paix ainsi qu’à des initiatives diplomatiques visant à trouver des solutions durables aux crises qui affectent depuis de nombreuses années l’est de la République démocratique du Congo.
Alors que les opérations militaires continuent de modifier le rapport de forces dans certaines parties de Minembwe et des territoires environnants, les spécialistes rappellent qu’une paix durable ne pourra être obtenue uniquement par des moyens militaires. Ils soulignent la nécessité d’un dialogue politique, d’une coopération régionale renforcée et d’un engagement concret de la communauté internationale.
À ce jour, les populations vivant dans les zones touchées par les combats continuent de subir de lourdes conséquences, notamment les déplacements forcés, les besoins humanitaires urgents et une détérioration persistante des conditions de sécurité. Parallèlement, la communauté internationale continue d’appeler toutes les parties au conflit à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver les tensions et de mettre davantage en danger la vie des populations civiles.






