RDC face au défi de la gouvernance et du développement : une réforme de la gouvernance peut-elle ouvrir la voie à une paix durable et à un développement soutenu ?
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
Les récentes manifestations des commerçants du marché Mzee Laurent-Désiré Kabila, à Lubumbashi, ont une nouvelle fois mis en lumière une problématique récurrente en République démocratique du Congo (RDC) : la manière dont les autorités publiques prennent des décisions majeures concernant les citoyens et les conséquences que celles-ci peuvent avoir sur leurs conditions de vie.
Il y a quelques jours, les autorités de la province du Haut-Katanga ont annoncé un projet de démolition de ce marché en vue de la construction d’un marché moderne. Toutefois, les commerçants affirment qu’ils soutiennent le principe de la modernisation des infrastructures, mais contestent les modalités de mise en œuvre du projet, estimant qu’il ne devrait pas être exécuté sans qu’un site de relocalisation leur soit préalablement attribué.
Le lundi 20 juillet 2026, de nombreux commerçants ont organisé une manifestation pacifique dans la ville de Lubumbashi afin de demander aux autorités d’adopter une approche permettant de moderniser les infrastructures tout en garantissant la continuité de leurs activités commerciales.
À l’issue de cette mobilisation, une délégation des commerçants a été reçue par l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga. Les représentants ont expliqué que la démolition du marché sans solution de remplacement entraînerait de lourdes conséquences pour les milliers de familles qui dépendent directement des activités économiques exercées sur ce site.
Les commerçants demandent qu’un nouveau marché soit construit avant la destruction de l’actuel. Selon eux, une relocalisation non préparée risquerait de réduire leur clientèle, de diminuer leurs revenus et d’aggraver davantage la précarité économique.
Au-delà de la seule question de la démolition du marché, cette affaire relance le débat sur la manière dont les politiques de développement sont conçues et mises en œuvre, ainsi que sur la nécessité de concilier les projets d’infrastructures avec les intérêts des populations directement concernées.
De son côté, le Questeur de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga a appelé les manifestants au calme, tout en leur assurant que leurs préoccupations seraient prises en considération dans les discussions qui doivent se poursuivre entre les différentes parties.
Ces événements interviennent alors que la RDC continue de faire face à d’importants défis en matière de sécurité, d’économie et de gouvernance. Bien que le pays dispose d’immenses richesses naturelles — notamment des ressources minières, de vastes forêts, d’importantes réserves en eau et de terres agricoles fertiles — une grande partie de la population continue de vivre dans la pauvreté.
De nombreux analystes estiment que cette situation s’explique notamment par des difficultés de gouvernance, la corruption, la faiblesse des institutions publiques, l’insécurité persistante dans l’est du pays ainsi que les conséquences de conflits armés qui perdurent depuis plusieurs décennies.
Sur le plan politique, les opposants au président Félix Tshisekedi poursuivent leurs critiques de la gestion du pays, estimant qu’une réforme profonde de la gouvernance est indispensable pour instaurer une paix durable, renforcer une administration au service des citoyens et favoriser un développement pérenne. De son côté, le gouvernement affirme poursuivre ses réformes et ses programmes de développement, tout en faisant face à de lourds défis sécuritaires et économiques.
La République démocratique du Congo figure parmi les pays les plus riches au monde en ressources naturelles. Elle possède d’importantes réserves de cobalt, cuivre, coltan, lithium, or, diamants, pétrole et gaz, ainsi que de vastes forêts et un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants de la planète.
Les économistes soulignent que si ces ressources étaient gérées de manière transparente, efficace et dans l’intérêt de la population, les revenus qu’elles génèrent pourraient permettre à la RDC de devenir l’une des grandes puissances économiques du continent et d’améliorer significativement les conditions de vie de ses citoyens.
De nombreux spécialistes s’accordent également à dire qu’une paix durable ne repose pas uniquement sur la fin des conflits armés, mais aussi sur une bonne gouvernance, des institutions solides, le respect de l’État de droit, la lutte contre la corruption et une croissance économique inclusive.
Alors que les discussions entre les commerçants et les autorités du Haut-Katanga se poursuivent, le dossier du marché Mzee Laurent-Désiré Kabila demeure un exemple emblématique des tensions qui peuvent exister entre les ambitions de modernisation des infrastructures et la protection des moyens de subsistance des populations.
Cette affaire continue de susciter un vif intérêt au sein de l’opinion publique, tant l’issue de ce dossier pourrait servir de référence pour la conduite des futurs projets de développement à travers la République démocratique du Congo.





