RDC : La CENCO s’oppose au projet de révision constitutionnelle du président Tshisekedi et met en garde contre de graves risques politiques
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à de sérieux défis sécuritaires, économiques et politiques, l’Église catholique, à travers la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), a de nouveau exprimé de vives inquiétudes concernant le projet du président Félix Antoine Tshisekedi de réviser la Constitution adoptée le 18 février 2006.
La CENCO estime qu’une telle initiative pourrait plonger le pays dans une nouvelle période de tensions politiques et accentuer les divisions au sein de la population, particulièrement dans un contexte marqué par l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC.
Dans une déclaration officielle, le Secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a souligné que la Constitution de 2006 ne constitue pas un simple texte politique, mais le fruit d’un consensus national obtenu après de longues années de conflits armés, de divisions et de crises de gouvernance.
Selon lui, cette Constitution représente l’un des principaux piliers de l’unité nationale congolaise et le fondement du système démocratique sur lequel reposent les institutions du pays depuis plus de deux décennies.
La CENCO a mis en garde les autorités dirigées par le président Tshisekedi, affirmant qu’une révision constitutionnelle susceptible de prolonger la durée du pouvoir ou d’offrir au chef de l’État de nouvelles possibilités de se maintenir à la tête du pays serait contraire aux principes démocratiques et risquerait de provoquer de nouvelles tensions politiques.
Bien que le gouvernement de Kinshasa n’ait pas encore rendu publics tous les aspects de la réforme envisagée, la CENCO affirme que plusieurs signaux laissent penser que certains responsables politiques proches du président soutiennent des modifications pouvant avoir un impact sur les dispositions relatives aux mandats présidentiels.
Mgr Donatien Nshole a déclaré qu’une partie importante de la population perçoit ce projet comme une manœuvre politique destinée à ouvrir la voie à un maintien prolongé du président en fonction au-delà des limites prévues par la Constitution actuelle.
Cette question a déjà suscité de vifs débats dans plusieurs pays africains, où les révisions des dispositions relatives aux mandats présidentiels ont souvent entraîné des manifestations, des crises politiques et, dans certains cas, une dégradation de la situation sécuritaire.
La CENCO estime que, plutôt que de consacrer ses efforts à la modification de la Constitution, le gouvernement congolais devrait accorder la priorité aux préoccupations majeures de la population.
Les évêques ont notamment rappelé que le pays demeure confronté à une grave insécurité, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les conflits armés continuent de provoquer des déplacements massifs de populations.
Ils ont également souligné que la pauvreté, le chômage, le déficit d’infrastructures et la hausse du coût de la vie figurent parmi les problèmes les plus urgents auxquels les autorités devraient répondre.
La CENCO a insisté sur le fait que la priorité de nombreux Congolais n’est pas la révision de la Constitution, mais plutôt l’instauration d’une paix durable, l’amélioration des conditions de vie, l’accès équitable à la justice et la préservation de la souveraineté nationale.
Les analystes politiques estiment que la position de la CENCO revêt une importance particulière en RDC, compte tenu du rôle historique joué par l’Église catholique dans les grandes étapes de la vie politique nationale et dans la promotion de la démocratie.
Par le passé, la CENCO a souvent contribué à la résolution des crises politiques et au rapprochement entre les différentes forces politiques du pays. C’est pourquoi sa prise de position sur la question de la révision constitutionnelle pourrait avoir une influence significative sur les débats politiques à venir.
Plusieurs observateurs de la scène politique congolaise estiment que la poursuite de ce projet pourrait intensifier les tensions entre le pouvoir en place, l’opposition politique et les organisations de la société civile.
Alors que le président Félix Tshisekedi et son gouvernement poursuivent leur réflexion sur d’éventuelles réformes constitutionnelles, l’Église catholique de la RDC, par l’intermédiaire de la CENCO, a adressé un message clair d’opposition à cette initiative, estimant qu’elle risque davantage de créer de nouvelles crises que d’apporter des solutions aux problèmes actuels du pays.
Les évêques appellent ainsi les autorités à concentrer leurs efforts sur la recherche de la paix, le renforcement de l’unité nationale et la résolution des défis auxquels sont confrontés les citoyens, plutôt que d’ouvrir un débat sur la modification de la loi fondamentale dans un contexte déjà marqué par de profondes difficultés politiques et sécuritaires.




