RDC : Le C64 Met en Place une Nouvelle Stratégie pour Contraindre Félix Tshisekedi à Démissionner alors que le Débat sur la Révision de la Constitution s’Intensifie
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré conforme à la Constitution le projet de loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum. Cette décision est considérée comme une étape susceptible d’ouvrir la voie aux discussions sur une éventuelle révision de la Constitution, ravivant ainsi les tensions entre le pouvoir du président Félix Tshisekedi et l’opposition.
La décision a été rendue le 28 juillet 2026, après l’adoption du projet de loi par les deux chambres du Parlement. Celui-ci avait ensuite été transmis à la Cour constitutionnelle afin qu’elle en vérifie la conformité avec la Constitution avant sa promulgation par le Président de la République et sa publication au Journal officiel.
Le 30 juillet 2026, le président Félix Tshisekedi avait annoncé avoir choisi de soumettre ce projet de loi à la Cour constitutionnelle afin qu’elle en examine la conformité avant de procéder à sa promulgation définitive.
Le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta Badibanga, a déclaré que le texte était conforme aux dispositions constitutionnelles. Il a toutefois rappelé que certaines dispositions devront faire l’objet d’une attention particulière lors de leur mise en œuvre.
Le projet de loi prévoit la possibilité d’engager une procédure de révision de la Constitution par les voies prévues par la loi, les éventuelles modifications devant être approuvées par référendum en cas de ce que la législation qualifie de grave dysfonctionnement des institutions de l’État. La Cour a également souligné que le pouvoir du Président de convoquer un référendum doit être exercé dans le strict respect de la Constitution et des principes démocratiques.
Cependant, les partis d’opposition estiment que cette loi pourrait constituer une première étape vers une révision de la Constitution visant à supprimer les limitations empêchant le Président de la République de briguer un nouveau mandat après l’expiration des deux mandats prévus par la Constitution en 2028.
C’est dans ce contexte que la coalition de l’opposition connue sous le nom de C64, en référence à l’article 64 de la Constitution, qui impose à tout citoyen congolais le devoir de s’opposer à toute personne ou tout groupe tentant de prendre ou de conserver le pouvoir en violation de la Constitution, continue de rejeter fermement ce projet.
Le C64 affirme que si une tentative de révision de la Constitution est engagée dans le but de permettre au président Tshisekedi de rester au pouvoir au-delà de 2028, la coalition organisera de nouvelles manifestations pacifiques à l’échelle nationale. Selon ses dirigeants, cette stratégie vise à accroître la pression sur le pouvoir jusqu’à ce que le président Félix Tshisekedi accepte de démissionner ou renonce au projet qu’ils considèrent comme une menace pour le principe de l’alternance démocratique.
Ces dernières semaines, le C64 avait déjà annoncé une série de manifestations réclamant la démission du président Tshisekedi. Toutefois, celles-ci avaient été temporairement suspendues afin de laisser une chance au dialogue national inclusif envisagé pour réunir les différentes forces politiques dans le but d’apaiser les tensions.
La coalition regroupe plusieurs figures majeures de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sessanga. Ces responsables politiques affirment que la suspension des manifestations ne signifie nullement l’abandon de leur combat en faveur de la défense de la Constitution et du respect des principes démocratiques.
Le C64 a accordé au président Félix Tshisekedi un délai courant jusqu’au 15 août 2026 pour convoquer un dialogue national inclusif. La coalition a averti que, si cette demande n’était pas satisfaite, elle adopterait d’autres mesures politiques, notamment un nouvel appel à des manifestations pacifiques sur l’ensemble du territoire national.
À ce stade, le climat politique en République démocratique du Congo demeure particulièrement tendu. Alors que le gouvernement du président Tshisekedi soutient que toutes les démarches entreprises respectent la légalité et visent à moderniser les institutions de l’État, l’opposition y voit les signes d’un projet susceptible de modifier les règles encadrant les mandats présidentiels.
De nombreux analystes estiment que les prochains mois seront déterminants pour l’avenir politique du pays. Ils devront permettre de savoir si le dialogue national aura effectivement lieu, si les différentes parties parviendront à trouver un compromis ou si la RDC s’engagera dans une nouvelle phase de crise politique, susceptible d’être marquée par des manifestations et de fortes tensions à l’approche des élections prévues en 2028.






