RDC : Une Décision Majeure pour l’Économie Nationale — Tous les Loyers Seront Désormais Payés en Franc Congolais
Dans le cadre de sa politique visant à renforcer la souveraineté économique et monétaire du pays, l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a adopté une loi prévoyant que les loyers des logements, bureaux et autres biens immobiliers devront désormais être payés en monnaie nationale, à savoir le franc congolais (FC).
Cette décision est considérée comme une étape importante dans la stratégie du gouvernement congolais visant à réduire l’utilisation des devises étrangères, en particulier du dollar américain, qui domine depuis de nombreuses années de nombreux secteurs de l’économie et de la vie quotidienne, notamment le marché locatif.
Depuis plusieurs décennies, l’économie congolaise est marquée par une forte dollarisation, de nombreuses transactions étant effectuées en dollars américains plutôt qu’en monnaie nationale. Cette situation a souvent exposé les citoyens, notamment les salariés et les entrepreneurs, aux conséquences de la dépréciation du franc congolais et aux fluctuations du taux de change.
Selon plusieurs analystes, le fait que les loyers soient majoritairement fixés et payés en dollars américains a contribué à accentuer la pression financière sur les ménages, dont les revenus sont généralement perçus en francs congolais. Les variations du marché des devises se répercutaient ainsi directement sur le coût du logement.
C’est dans ce contexte que l’Assemblée nationale a décidé de soutenir davantage l’utilisation du franc congolais afin de restaurer la confiance dans la monnaie nationale et de renforcer sa valeur au sein de l’économie intérieure.
Conformément aux dispositions de cette nouvelle loi, les contrats de location devront être établis et exécutés en franc congolais. Les bailleurs et les locataires devront désormais convenir du montant des loyers dans la monnaie nationale, en remplacement du dollar américain ou d’autres devises étrangères, une pratique jusqu’ici largement répandue dans plusieurs régions du pays, notamment dans les grandes villes telles que Kinshasa, Lubumbashi et Goma.
Le gouvernement estime que cette mesure permettra notamment de :
- Renforcer la confiance des citoyens dans le franc congolais ;
- Réduire l’utilisation des devises étrangères dans les transactions courantes ;
- Faciliter la mise en œuvre de la politique monétaire par la Banque Centrale du Congo ;
- Protéger les citoyens contre les effets des fluctuations du taux de change ;
- Consolider la souveraineté économique du pays.
Bien que cette loi ait été favorablement accueillie par les partisans du renforcement de la monnaie nationale, certaines inquiétudes subsistent quant à sa mise en œuvre.
Plusieurs propriétaires immobiliers expriment leurs préoccupations concernant la volatilité du franc congolais. Selon eux, une éventuelle dépréciation de la monnaie pourrait réduire la valeur réelle des revenus locatifs par rapport à ceux qu’ils percevaient lorsque les loyers étaient fixés en dollars.
Les experts en économie soulignent, pour leur part, que le succès de cette réforme dépendra largement de la capacité du gouvernement à maintenir la stabilité macroéconomique, à maîtriser l’inflation, à renforcer la gestion monétaire et à soutenir la croissance de la production nationale.
À ce stade, après son adoption par l’Assemblée nationale, le texte doit encore franchir les dernières étapes prévues par la procédure législative avant son entrée en vigueur officielle. Son application devrait avoir des répercussions importantes sur le secteur immobilier ainsi que sur le fonctionnement de l’économie intérieure.
Cette décision s’inscrit dans la vision du gouvernement du président Félix Tshisekedi, qui vise à renforcer le rôle du franc congolais dans l’économie nationale et à réduire progressivement la dépendance du pays à l’égard des devises étrangères dans les transactions quotidiennes.
Si elle est correctement mise en œuvre et accompagnée d’autres réformes économiques durables, cette mesure pourrait constituer une avancée significative dans les efforts de la RDC pour consolider sa souveraineté monétaire et renforcer son autonomie dans la gestion de son économie.






