Un Groupe de Grandes Puissances Appelle à un Cessez-le-feu Immédiat en RDC après des Frappes de Drones dans des Zones Habitées par les Banyamulenge
Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans la province du Sud-Kivu, des informations en provenance de Minembwe indiquent que, dans la nuit de vendredi à samedi, de violentes frappes menées à l’aide de drones des FARDC ont visé le village de Rundu, situé à environ un kilomètre du centre de Minembwe.
Des habitants de la région affirment que les explosions ont retenti durant toute la nuit, suivies d’intenses échanges de tirs à l’arme lourde entre les parties en conflit. Jusqu’à présent, aucun bilan officiel des victimes ou des dégâts matériels n’a été communiqué. Toutefois, des sources locales rapportent que de nombreux civils ont commencé à fuir vers les montagnes et d’autres zones considérées comme plus sûres.
Ces dernières semaines, le Sud-Kivu demeure le théâtre d’affrontements entre l’armée congolaise et plusieurs groupes armés opérant dans la région. Minembwe, situé dans les hauts plateaux du territoire de Fizi, constitue l’un des principaux foyers de ces combats en raison de son importance stratégique, économique et pastorale.
Selon des témoignages d’habitants et des autorités locales, les FARDC poursuivent l’utilisation de drones dans des opérations de surveillance et de frappes ciblées dans les environs de Minembwe. Cette situation alimente une profonde inquiétude parmi les populations civiles, qui dénoncent l’aggravation de l’insécurité et les conséquences dramatiques du conflit sur leur vie quotidienne.
Par ailleurs, plusieurs axes routiers reliant Minembwe à d’autres localités des territoires de Fizi et d’Uvira demeurent difficilement praticables en raison de l’insécurité persistante et des combats en cours.
Alors que les affrontements s’intensifient, les États-Unis ainsi que le Groupe international de contact pour la région des Grands Lacs (International Contact Group for the Great Lakes – ICG) ont exprimé leur vive préoccupation face à la poursuite des violences qui continuent de faire des victimes civiles et de déstabiliser davantage la région.
Cette position a été exprimée à l’issue d’une réunion tenue les 21 et 22 mai 2026, réunissant la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni ainsi que les États-Unis.
Dans leur communiqué, ces pays ont salué les efforts diplomatiques entrepris par les États-Unis, le Qatar ainsi que par le médiateur de l’Union africaine, le président togolais Faure Gnassingbé, en vue de trouver une solution durable à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Ils ont déclaré :
« L’ICG salue les avancées réalisées à travers les accords de Washington entre le Rwanda et la RDC, ainsi que les discussions de Doha entre la République démocratique du Congo et l’AFC/M23. »
Les membres de l’ICG ont également réaffirmé qu’aucune solution militaire ne pourra mettre fin durablement à l’insécurité dans l’Est du Congo, insistant sur le fait qu’un dialogue politique demeure la seule voie crédible vers une paix durable.
Le groupe a dénoncé l’usage de drones et d’autres équipements militaires susceptibles de mettre en danger les populations civiles, particulièrement dans des zones densément habitées comme Minembwe et d’autres parties du Sud-Kivu.
L’ICG a appelé toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à éviter toute action pouvant entraîner des déplacements massifs de populations ou des violences contre les civils.
Ils ont ajouté :
« Toutes les parties engagées dans les combats doivent protéger les civils et respecter le droit international. Des mécanismes d’assistance humanitaire urgents sont nécessaires afin de venir en aide aux populations affectées. »
Outre les affrontements, les pays membres de l’ICG ont souligné que la crise humanitaire demeure extrêmement préoccupante au Nord-Kivu comme au Sud-Kivu, notamment en raison de la destruction ou de la fermeture de nombreuses infrastructures causées par l’insécurité.
Ils ont également demandé la réouverture des aéroports de Goma et de Kavumu afin de permettre aux organisations humanitaires d’accéder plus facilement aux populations nécessitant une assistance urgente.
En parallèle, des inquiétudes ont été exprimées concernant la recrudescence de l’épidémie d’Ebola en RDC, alors que les violences armées compliquent les opérations de suivi sanitaire et de prise en charge des malades.
Des analystes estiment que si les combats continuent de s’intensifier dans le Sud-Kivu et dans d’autres régions de l’Est de la RDC, la stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs pourrait être davantage menacée, surtout en l’absence de progrès significatifs dans les négociations politiques en cours.
Pendant que les habitants de Minembwe et de Rundu vivent toujours dans la peur après les frappes de drones survenues durant la nuit, la communauté internationale continue d’appeler toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités et à privilégier le dialogue pour restaurer une paix durable en RDC.






