Uvira : Début de l’Opération de Désarmement des Wazalendo, les Craintes de Nouveaux Affrontements s’Intensifient
Des informations en provenance de plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, dans la province du Sud-Kivu, indiquent que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont lancé des opérations de désarmement des combattants Wazalendo, à la suite des instructions données par le commandant de la 33e région militaire, connu sous le nom de Dunia Kashindi Fabien.
Selon des sources locales, ces directives ont été prises dans le cadre du renforcement des opérations de contrôle des groupes armés actifs dans la plaine de la Ruzizi, notamment entre Luvungi et Uvira, où les combattants Wazalendo collaborent depuis un certain temps avec les forces gouvernementales dans diverses opérations de sécurité.
Dans la matinée de ce lundi, des habitants de la localité de Runingu ont signalé de fortes détonations d’armes à feu, provoquant la peur et l’inquiétude au sein de la population. Certaines informations indiquent que ces tirs pourraient être liés aux opérations de désarmement visant certains éléments Wazalendo, bien qu’à ce stade, les autorités militaires des FARDC n’aient pas encore communiqué officiellement sur la situation exacte.
Les mêmes sources précisent que le commandant de la 33e région militaire aurait donné des instructions fermes aux FARDC afin de désarmer les Wazalendo et de les combattre avec fermeté en cas de refus d’obtempérer ou de poursuite de leurs activités en dehors du contrôle de l’État.
Cette décision intervient après une longue période de tensions et de méfiance entre les FARDC et certains groupes Wazalendo, particulièrement après des accusations visant certains combattants soupçonnés d’activités contraires aux directives militaires, notamment des arrestations arbitraires de civils, des perceptions illégales de taxes ainsi que le contrôle de certaines zones comme s’il s’agissait de territoires sous leur autorité.
Des analystes estiment que cette opération de désarmement pourrait provoquer un nouveau conflit majeur entre les deux parties dans la plaine de la Ruzizi, notamment dans les zones de Luvungi, Sange, Runingu et Uvira, où les groupes armés continuent de disposer d’une forte influence.
Des inquiétudes persistent quant au risque de voir la région replonger dans une nouvelle spirale de violences et d’insécurité si la crise n’est pas résolue par des voies politiques et le dialogue. Une telle situation pourrait aggraver davantage les souffrances des populations civiles, déjà confrontées depuis plusieurs années aux violences armées et aux déplacements forcés.
Des sources proches de l’armée indiquent également que les FARDC pourraient mettre en place des barrières militaires, renforcer le contrôle des axes menant aux zones occupées par les Wazalendo et procéder à des saisies forcées d’armes afin d’affaiblir les groupes armés encore actifs dans cette région.
Bien que le gouvernement de Kinshasa tente depuis longtemps de résoudre la question des groupes armés opérant au Sud-Kivu, le dossier des Wazalendo demeure particulièrement complexe, notamment en raison du soutien dont bénéficient certains de ces groupes auprès d’une partie de la population ainsi que du rôle qu’ils ont joué dans les combats contre l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et le MRDP-Twirwaneho.
Pour l’instant, les habitants de la plaine de la Ruzizi vivent dans une profonde inquiétude, alors que plusieurs informations font état de déplacements de civils vers des zones jugées plus sûres, par crainte d’une escalade des affrontements entre les FARDC et les Wazalendo dans les heures ou les jours à venir.
Si les opérations de désarmement des Wazalendo se poursuivent principalement par des moyens militaires plutôt que par le dialogue, elles pourraient profondément modifier la situation sécuritaire dans la plaine de la Ruzizi et dans la ville d’Uvira en général, où de nombreux habitants redoutent que leur région ne redevienne le théâtre d’un conflit majeur entre des acteurs autrefois considérés comme alliés.





