« Ville Morte » à Uvira, mais le marché de Kiziba a connu une forte affluence : ce que disent les habitants sur les nouvelles conditions de vie à Bijombo
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
Alors que la quasi-totalité des activités étaient paralysées dans la ville d’Uvira ce mercredi 5 août 2026, à la suite de l’appel de la société civile invitant la population à rester à domicile pour protester contre la persistance de l’insécurité signalée dans la plaine de la Ruzizi et dans les environs de la ville d’Uvira, la situation était tout autre dans les hauts plateaux de Ndondo, au sein du groupement de Bijombo. Dans cette région, les activités se sont poursuivies normalement, avec une forte participation de la population au marché de Kiziba.
Selon des informations jugées fiables et recueillies par Minembwe Capital News (MCN) auprès de témoins présents sur place, ce marché, organisé à Kiziba, près de Murambya, a enregistré une importante affluence de commerçants et d’acheteurs venus de différentes localités de Bijombo ainsi que des zones environnantes.
Les échanges commerciaux se sont déroulés dans le calme, vendeurs et acheteurs effectuant leurs transactions dans un climat serein. Une grande variété de produits agricoles et d’élevage y était disponible en abondance. Les étals proposaient notamment des pommes de terre, des légumes, des patates douces ainsi que d’autres produits de consommation courante. Le marché a également été marqué par une forte présence de bétail, notamment des chèvres, des moutons et des bovins, un élément que plusieurs habitants considèrent comme un signe de la reprise progressive de l’activité économique.
Les habitants interrogés par MCN estiment que la forte affluence observée au marché de Kiziba constitue l’un des indicateurs du retour de la sécurité dans cette partie de Bijombo. Selon leurs témoignages, depuis que le MRDP-Twirwaneho et l’AFC/M23 contrôlent une grande partie des localités de Bijombo, Minembwe, Mibunda et d’autres zones des hauts plateaux, les activités commerciales, agricoles et pastorales ont progressivement repris dans un environnement qu’ils jugent plus sûr, permettant ainsi à la population de retrouver un rythme de vie plus normal.
Toujours selon plusieurs habitants, les marchés avaient longtemps fonctionné au ralenti en raison des problèmes sécuritaires. Aujourd’hui, affirment-ils, les populations peuvent à nouveau circuler et commercer sans la crainte qui dominait auparavant.
Cette activité économique à Kiziba intervient alors que la ville d’Uvira observait une journée « Ville Morte », décrétée par la société civile afin de dénoncer la dégradation de la situation sécuritaire dans la plaine de la Ruzizi et dans les environs de la ville. Cet appel a entraîné la fermeture des commerces ainsi que de plusieurs services, tandis que les habitants étaient invités à rester chez eux.
De leur côté, les habitants des hauts plateaux de Ndondo expliquent que la tenue régulière des marchés leur permet de retrouver leurs moyens de subsistance, de vendre leurs récoltes et de contribuer progressivement à la relance de l’économie des ménages.
Certains membres de la communauté banyamulenge vivant dans cette région déclarent également se réjouir du climat sécuritaire qu’ils attribuent au MRDP-Twirwaneho, estimant que celui-ci leur a permis de reprendre leurs activités quotidiennes, notamment l’agriculture, l’élevage et le commerce.
Toutefois, selon plusieurs habitants, ces localités ont, par le passé, été la cible d’attaques qu’ils attribuent à une coalition composée des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de l’armée burundaise, des groupes Wazalendo et des FDLR. D’après leurs témoignages, ces offensives auraient entraîné de lourdes conséquences, notamment des pertes en vies humaines parmi les civils, la destruction de nombreux biens et le pillage d’un important cheptel de bovins.
Si les différentes parties impliquées continuent de présenter des appréciations divergentes sur la situation sécuritaire dans cette région, les activités observées ce mercredi au marché de Kiziba témoignent néanmoins de la poursuite de la vie économique dans cette partie de Bijombo, où les habitants continuent de participer aux échanges commerciaux et de rechercher leurs moyens de subsistance au quotidien.

Minembwe Capital News (MCN)





