« Vous répondrez devant l’Histoire » : Moïse Nyarugabo adresse une sévère mise en garde aux dirigeants de la RDC et du Burundi
Alors que l’insécurité continue de s’aggraver dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans les zones du secteur de Minembwe habitées en grande partie par les Banyamulenge, l’ancien sénateur et ex-ministre de l’Économie de la RDC, Moïse Nyarugabo, a publié un message fort, empreint d’inquiétude et de vives mises en garde à l’endroit des autorités de la RDC et du Burundi.
Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux et par plusieurs médias, Nyarugabo a affirmé que le président de la RDC, Félix Antoine Tshisekedi, et son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye, devraient répondre des pertes en vies humaines parmi les civils qui, selon lui, continuent d’être enregistrées à Minembwe et dans ses environs.
Selon ses propos, depuis l’aube du 8 février 2026, des drones de l’armée congolaise (FARDC), en collaboration avec ceux du Burundi, auraient mené plusieurs frappes dans différentes localités de la commune de Minembwe.
Les villages de Bicumbi, Mutunda, Ruhemba et Karongi figurent parmi les zones touchées. D’après des témoignages de la population locale, ces bombardements auraient causé d’importants dégâts matériels, détruit plusieurs habitations, fait des victimes civiles et blessé de nombreuses personnes.
Moïse Nyarugabo soutient que ces attaques ne se sont pas produites de manière isolée, mais qu’elles se sont répétées à plusieurs reprises, de jour comme de nuit, provoquant la peur parmi les habitants et poussant certains à abandonner leurs foyers.
Il a déclaré :
« Ce ne sont pas de simples opérations militaires. Ce sont des attaques planifiées qui visent des civils non armés. Ceux qui les ont ordonnées devront en répondre. »
La commune de Minembwe est confrontée depuis de nombreuses années à une situation sécuritaire instable, marquée par des affrontements impliquant des groupes armés, les forces gouvernementales et diverses milices opérant dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Au fil des années, les populations locales ont régulièrement dénoncé des actes de violence, des pillages, des vols de bétail, la destruction de biens ainsi que des déplacements forcés. Cette situation a entraîné le déplacement de milliers de personnes vers des camps de fortune ou vers d’autres régions du pays et de l’étranger.
Des observateurs estiment que Minembwe demeure l’un des principaux foyers de tensions dans l’Est de la RDC, chaque partie au conflit accusant l’autre d’être responsable des souffrances endurées par les populations civiles.
Moïse Nyarugabo a également cité d’autres localités qui auraient été visées à différentes périodes, notamment :
- Rugezi ;
- Rwitsankuku ;
- Baruta ;
- Point-Zéro ;
- Mukoko ;
- Gakenke ;
- Biziba ;
- Runundu ;
- Kalongi.
Dans plusieurs de ces zones, les habitants affirment que les opérations militaires ont été suivies par la destruction d’infrastructures, des déplacements massifs de populations et une aggravation des besoins humanitaires.
L’ancien sénateur a estimé que, si des civils continuent effectivement de perdre la vie dans ces attaques, une enquête indépendante menée par des organisations internationales est nécessaire afin d’établir la vérité sur les faits rapportés.
Il a rappelé que l’histoire montre que les responsables d’exactions graves contre les populations civiles peuvent être poursuivis en justice, même plusieurs années après les événements.
Dans des propos particulièrement fermes, il a déclaré :
« Vous répondrez du sang de ces innocents. L’Histoire et la justice internationale n’oublieront jamais ce qui s’est passé. »
Moïse Nyarugabo a également critiqué le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, après la condamnation par l’organisation panafricaine de l’attaque de drones ayant visé l’aéroport de Bangoka, à Kisangani.
Selon lui, l’Union africaine devrait condamner toutes les attaques visant les civils, plutôt que de se concentrer sur un seul aspect du conflit.
De son côté, l’AFC/M23 avait affirmé que l’attaque menée contre l’aéroport de Bangoka visait à perturber des opérations militaires qui auraient servi à lancer des offensives contre ses positions.
À ce jour, la situation sécuritaire dans la commune de Minembwe demeure préoccupante. Des habitants rapportent que de nombreuses maisons ont déjà été détruites, tandis que d’autres continuent de fuir les zones considérées comme exposées à de nouvelles attaques.
Bien que les différentes parties impliquées présentent des versions divergentes des événements, il apparaît que les populations civiles restent les principales victimes de cette crise.
Les organisations de défense des droits humains ainsi que plusieurs observateurs de la situation dans l’Est de la RDC continuent de réclamer une enquête indépendante afin d’établir la vérité sur l’ensemble des allégations liées aux attaques signalées à Minembwe et de renforcer la protection des civils affectés par le conflit.
Alors que les combats et les frappes de drones continuent d’être signalés dans l’Est de la RDC, la question de la protection des civils ainsi que de la responsabilité des dirigeants concernés demeure au cœur des préoccupations, tant au niveau africain qu’international.





