Analyse approfondie de la visite du chef de la MONUSCO à Goma, sous contrôle de la coalition AFC/M23
Dans le cadre des efforts visant à instaurer une paix durable dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, James Swan, a effectué sa première visite officielle à Goma, dans la province du Nord-Kivu, actuellement sous le contrôle de la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).
C’est le vendredi 24 avril 2026 que Swan est arrivé à Goma, où il a été accueilli par des responsables de l’AFC/M23, notamment Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa. Leurs échanges ont porté sur l’évaluation de la situation sécuritaire et humanitaire dans les zones sous leur contrôle, ainsi que sur les moyens d’accélérer le processus de paix.
Dans son intervention, Nangaa a indiqué que, depuis environ 15 mois, la sécurité a été rétablie dans les territoires contrôlés par leur mouvement. Il a affirmé que les populations mènent désormais leurs activités quotidiennes dans un climat apaisé, sans crainte de tirs ni de violences armées.
Il a également souligné que les services de base, notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau, à l’électricité ainsi que le commerce transfrontalier, sont assurés de manière satisfaisante.
Selon lui, les infrastructures sont en cours de réhabilitation et de reconstruction. Il a ajouté que les organisations internationales ainsi que les agents des Nations unies opérant dans la région peuvent attester des progrès réalisés par rapport à la période précédant la prise de Goma.
Cependant, malgré une situation sécuritaire jugée relativement stable à Goma et à Bukavu, Nangaa a exprimé de vives préoccupations concernant la ville d’Uvira. Il a déclaré que la situation s’y est détériorée après leur retrait, effectué dans le but de favoriser le processus de paix.
Il a affirmé que les populations d’Uvira, de Minembwe et des zones environnantes font face à de graves violations, notamment des massacres, des pillages, des violences sexuelles, ainsi que des bombardements aériens et d’autres opérations militaires. Il a accusé le gouvernement de Kinshasa et ses alliés — y compris l’armée burundaise, les FDLR et d’autres groupes armés — d’être responsables de ces exactions.
Selon lui, le retrait volontaire de leurs forces d’Uvira n’a pas produit les résultats escomptés et a, au contraire, aggravé l’insécurité.
Du côté de la MONUSCO, Swan a précisé que cette visite vise à soutenir la mise en œuvre du cessez-le-feu, à renforcer la protection des civils et à promouvoir le dialogue entre les parties.
Il a salué les avancées réalisées lors des récentes négociations tenues à Montreux, en Suisse, qui ont réuni le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23, avec la facilitation du Qatar, des États-Unis et de l’Union africaine.
Swan a insisté sur l’importance stratégique de Goma dans la mise en œuvre des mécanismes de désescalade, l’acheminement de l’aide humanitaire et le soutien au processus de paix.
Malgré des divergences persistantes entre les parties, il apparaît clairement que l’est de la RDC reste confronté à de sérieux défis sécuritaires. Les pourparlers de paix se poursuivent, mais une solution durable demeure encore hors de portée.
Cette visite de Swan est considérée comme une étape importante pour redynamiser les efforts diplomatiques. Toutefois, elle nécessite une coopération effective de toutes les parties prenantes ainsi qu’une réelle volonté politique afin d’aboutir à une paix durable dans une région meurtrie par des décennies de conflit.






