Cibitoke : vifs débats autour de l’exploitation de l’or — Le Burundi accusé par certains de faciliter le transit contesté de ressources minières en provenance de la RDC
Dans le nord du Burundi, en particulier dans la province de Cibitoke, des débats de plus en plus vifs persistent autour de la gestion des ressources naturelles, notamment l’or. Des exploitants miniers ainsi que des responsables de coopératives affirment que de nouvelles directives auraient été instaurées et pourraient avoir de lourdes conséquences sur l’économie locale, tandis que certains évoquent également une implication indirecte des forces de sécurité dans ce secteur.
Parallèlement, diverses accusations émanant de certaines zones de la République démocratique du Congo (RDC) font état, selon des habitants et des observateurs des questions sécuritaires, d’activités liées à l’acheminement contesté de ressources naturelles. Ces allégations ne sont toutefois pas confirmées au niveau international.
Dans les sites d’exploitation minière de Cibitoke, certains mineurs affirment que, depuis le 25/06/2026, de nouvelles directives auraient été communiquées par des responsables militaires chargés du contrôle des activités minières. Selon ces témoignages, ces directives imposeraient aux coopératives de céder entre 30 % et 70 % de leur production à des structures liées à l’armée, une situation qu’ils jugent particulièrement préoccupante.
Les exploitants indiquent qu’auparavant, ils collaboraient avec l’Office Burundais des Mines, du Pétrole et du Gaz (OBM), dans un cadre réglementaire prévoyant notamment une taxation d’environ 16 % sur les bénéfices des coopératives. Ils estiment toutefois que des changements récents, mal expliqués, seraient intervenus dans la gouvernance du secteur.
Certains témoignages font également état du déploiement de positions militaires à proximité des zones d’exploitation aurifère, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité et à la gestion des ressources.
Dans les récits recueillis auprès des habitants et des exploitants, l’armée burundaise est souvent mentionnée comme jouant un rôle important dans la supervision des activités minières dans la région. Cependant, ces allégations n’ont jamais été confirmées officiellement par les autorités.
D’autres sources évoquent des supposées connexions entre la gestion de ces activités et certains responsables militaires de haut rang, sans qu’aucune preuve formelle ne vienne étayer ces affirmations, qui demeurent au stade de rumeurs et de témoignages non vérifiés.
Par ailleurs, des informations provenant de la RDC indiquent que certains habitants et analystes soupçonnent l’existence de flux transfrontaliers de ressources naturelles, potentiellement liés à des réseaux impliquant divers acteurs sécuritaires régionaux.
Certains estiment que ces dynamiques pourraient être liées aux conflits persistants dans certaines zones de l’est de la RDC, notamment près des frontières, où la question du contrôle des ressources naturelles reste particulièrement sensible.
Dans le discours de certains habitants de Cibitoke, des noms de responsables militaires et d’autres figures liées à l’appareil d’État sont parfois évoqués comme pouvant être impliqués dans la gestion du secteur minier, sans confirmation officielle.
Il est également fait mention de certaines entreprises commerciales qui seraient, selon des rumeurs locales, associées à des personnalités influentes, et susceptibles d’intervenir dans la chaîne de gestion des ressources naturelles. Ces éléments restent toutefois non vérifiés et relèvent de déclarations locales.
Les exploitants de Cibitoke expriment de fortes inquiétudes quant à l’avenir de leur activité, craignant une réduction significative de leurs revenus si les modalités de gouvernance actuelles, qu’ils jugent contraignantes, se poursuivent.
Ils appellent à une gouvernance claire, transparente et strictement conforme à la loi afin de permettre une exploitation minière équitable et encadrée.
L’ensemble de ces éléments demeure au centre de controverses et de témoignages locaux, tandis que les autorités n’ont pas encore apporté de clarifications détaillées ni confirmé les allégations évoquées.
Ces situations mettent néanmoins en lumière des défis majeurs liés à la gestion des ressources naturelles dans la région, ainsi qu’au rôle des différentes institutions impliquées dans le secteur minier.
Les observateurs estiment qu’une enquête approfondie et indépendante serait nécessaire afin d’établir les faits et d’éviter que les ressources naturelles de la région ne continuent d’alimenter tensions et controverses.






