Enfin confirmé : le P5 est accusé de combattre aux côtés des FARDC et des forces burundaises dans les offensives à Minembwe
L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), mouvement politico-militaire opposé au gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé que le groupe armé P5, une coalition de mouvements rebelles présentée comme étant dirigée sur le plan militaire par l’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, Faustin Kayumba Nyamwasa, participe désormais aux opérations militaires menées dans la région de Minembwe, au Sud-Kivu.
Le 25 juin 2026, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a déclaré que le P5 combat aux côtés des Forces armées de la RDC (FARDC), des Forces de défense nationale du Burundi (FDNB), des FDLR, des groupes Wazalendo, ainsi que de mercenaires étrangers, dans les opérations militaires en cours dans l’est de la RDC.
Il a déclaré :
« Le régime de Kinshasa continue d’élargir sa coalition militaire. Il y a désormais intégré les combattants du P5 dirigé par Kayumba Nyamwasa, qui opèrent aux côtés des FARDC, des FDLR, des Wazalendo, de mercenaires étrangers et des forces burundaises. »
Selon l’AFC/M23, cette coalition aurait lancé, dans l’après-midi du 25 juin 2026, une attaque contre l’hôpital général de Minembwe. Il s’agirait de la deuxième attaque visant cet établissement de santé en moins de vingt-quatre heures. Le mouvement affirme que ces bombardements ont causé la mort de plusieurs civils et détruit diverses infrastructures.
L’AFC/M23 soutient que ces attaques ont eu de graves conséquences sur la population civile de Minembwe et accuse la coalition comprenant le P5 de cibler délibérément les infrastructures sanitaires.
Le mouvement a également appelé les habitants de Minembwe et des localités environnantes à rester vigilants, affirmant poursuivre ses opérations pour assurer leur protection. Il ajoute qu’il continuera à empêcher « toute tentative d’extermination, de déplacement forcé et d’intimidation des populations ».
Selon différentes sources, le P5 est une coalition regroupant cinq mouvements politiques opposés au gouvernement rwandais, notamment le RNC, les FDU-Inkingi, le PDP-Imanzi et le RUD-Urunana. Sur le plan militaire, cette coalition est généralement présentée comme étant dirigée par Faustin Kayumba Nyamwasa.
Par le passé, le P5 avait déjà été signalé dans plusieurs activités armées dans l’est de la RDC, où il était accusé d’avoir préparé ou soutenu diverses attaques, avant de disparaître progressivement de l’actualité sécuritaire.
Ses activités avaient considérablement diminué ces dernières années, notamment après l’arrestation de plusieurs de ses responsables présumés, parmi lesquels le Major (Rtd) Habib Mudathiru, arrêté en RDC en 2019 puis transféré au Rwanda.
Par ailleurs, après l’arrestation de plusieurs combattants du RUD-Urunana, impliqués dans l’attaque du district de Musanze en 2019, le P5 avait pratiquement cessé d’être évoqué, conduisant de nombreux observateurs à penser que cette coalition avait disparu.
Cependant, des informations plus récentes indiquent que le mouvement se serait réorganisé et aurait repris progressivement ses activités dans l’est de la RDC.
En novembre 2025, le vice-président du MRDP-Twirwaneho, chargé des affaires politiques, de la gouvernance et de la diplomatie, Alexis Mugisha Nkurunziza, avait déclaré qu’un nombre limité de combattants du P5 était revenu au Sud-Kivu, où ils seraient actifs en collaboration avec certaines structures de l’État congolais.
Il avait également affirmé que certains d’entre eux bénéficiaient du soutien des autorités burundaises, notamment à travers des activités de préparation et d’entraînement militaire.
Selon plusieurs analyses sécuritaires, l’est de la RDC demeure marqué par la présence de nombreux groupes armés, notamment les FDLR, le P5, le CNRD-FLN et le RUD-Urunana, auxquels sont attribuées diverses activités susceptibles de déstabiliser la sécurité régionale.
Cette situation continue d’alimenter les inquiétudes concernant la sécurité des populations civiles dans les territoires du Sud-Kivu, particulièrement dans les zones où les affrontements armés et l’évolution des conflits restent particulièrement préoccupants.





