Kinshasa sous haute tension : les autorités congolaises renforcent le dispositif sécuritaire face aux manifestations annoncées
Alors que les débats autour de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo continuent de prendre de l’ampleur, les autorités de la Police nationale congolaise (PNC) dans la ville de Kinshasa ont annoncé le renforcement des mesures sécuritaires avant l’opération dite « ville morte », organisée par l’opposition.
Cette annonce a été faite à l’issue d’une importante réunion présidée, ce jeudi 28 mai 2026, par le Commissaire provincial de la Police à Kinshasa, le Général Israël Kantu Bakulu. Cette rencontre a réuni l’ensemble des responsables des services de police de la capitale, notamment les chefs des commissariats urbains, les unités d’intervention rapide (GMI), la brigade de lutte contre la criminalité et les stupéfiants (GLCCS), ainsi que les services de renseignement de la police.
Dans le message communiqué lors de cette réunion, la Police de Kinshasa a indiqué avoir pris la décision de « prévenir en amont toute activité susceptible de troubler l’ordre public », alors que l’opposition prévoit des manifestations pour dénoncer le projet de révision constitutionnelle.
Les autorités policières ont précisé que l’objectif principal demeure la protection des citoyens non impliqués dans ces mouvements de contestation, afin de leur permettre de poursuivre normalement leurs activités quotidiennes.
La Police a également averti que toute personne impliquée dans des actes de violence, des agressions contre les civils ou des destructions de biens publics et privés fera l’objet de mesures strictes et immédiates.
Ce déploiement sécuritaire intervient dans un contexte marqué par de vives tensions politiques autour du projet de révision de la Constitution. L’opposition accuse le pouvoir de vouloir ouvrir la voie au président Félix Tshisekedi pour se maintenir au pouvoir au-delà des limites prévues par la Constitution actuelle.
Ces dernières semaines, plusieurs partis d’opposition ainsi que certaines organisations citoyennes ont intensifié les manifestations et les déclarations dénonçant ce qu’ils qualifient de « manœuvre politique visant à modifier les lois au profit du pouvoir en place ».
De son côté, le gouvernement de Kinshasa soutient que le débat sur la Constitution relève d’un processus démocratique et que les citoyens ont le droit d’exprimer leurs opinions sur la gouvernance du pays.
Actuellement, un climat d’inquiétude et de tension est perceptible dans plusieurs communes de Kinshasa, notamment après le renforcement visible de la présence policière dans les rues et aux abords des sites considérés comme stratégiques.
Des analystes politiques estiment que la situation pourrait accentuer les tensions entre le pouvoir et l’opposition, dans un contexte déjà marqué par la hausse du coût de la vie et l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC.
Des inquiétudes subsistent également quant au risque d’un usage excessif de la force contre les manifestants, ce qui pourrait aggraver davantage le climat politique et détériorer les relations entre la population et les forces de sécurité.
Le Commissaire provincial Israël Kantu Bakulu a appelé les policiers à faire preuve de professionnalisme, de vigilance et de discipline, tout en intensifiant les patrouilles afin d’assurer la protection des personnes et de leurs biens.
Il a par ailleurs averti que toute personne cherchant à perturber la stabilité de Kinshasa sera considérée comme une menace contre l’ordre public et poursuivie conformément à la loi.
Alors que la population attend de voir l’évolution des manifestations annoncées, tous les regards restent tournés vers Kinshasa, où les tensions politiques pourraient encore s’intensifier dans les prochains jours.






