La RDC et le Burundi renforcent leur coopération militaire dans la guerre contre l’AFC/M23
Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les gouvernements de Kinshasa et du Burundi poursuivent le renforcement de leur coopération militaire et sécuritaire afin de faire face à la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), qui combat depuis plusieurs années le pouvoir du président Félix Tshisekedi.
Mardi, le ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a effectué une visite de travail à Bujumbura, où il a été reçu par son homologue burundaise, Marie Chantal Nijimbere. Leurs échanges, tenus à huis clos, ont principalement porté sur les défis sécuritaires dans la région des Grands Lacs, en particulier sur le conflit en cours dans l’est de la RDC.
Selon des informations relayées par des médias congolais et burundais, les deux responsables ont discuté du renforcement de la sécurité aux frontières communes, de la poursuite des opérations militaires conjointes ainsi que de la recherche de solutions durables face aux groupes armés actifs dans la région.
Ces discussions ont également permis de réaffirmer la mise en œuvre des accords de coopération militaire signés entre la RDC et le Burundi le 06/03/2023. Ces accords autorisent les deux pays à collaborer étroitement dans les domaines du partage de renseignements, des opérations militaires conjointes et de la sécurisation des frontières.
Les experts techniques et responsables sécuritaires des deux parties ont également tenu des réunions afin d’examiner les moyens d’accélérer l’application des programmes déjà en place et d’en améliorer l’efficacité.
Depuis plusieurs mois, le Burundi apparaît comme l’un des principaux partenaires du gouvernement de Kinshasa dans la lutte contre l’AFC/M23. Des troupes burundaises ont été déployées dans plusieurs zones des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu afin d’appuyer les FARDC dans leurs opérations contre ce mouvement armé.
Du côté de Kinshasa, les autorités congolaises affirment que cette coopération vise à lutter contre les groupes armés qui menacent la stabilité régionale et à prévenir les activités transfrontalières.
Pour sa part, la ministre burundaise Marie Chantal Nijimbere a souligné que la sécurité du Burundi est étroitement liée à celle des pays voisins, en particulier celle de la RDC. Elle a indiqué que le renforcement de la coopération militaire demeure essentiel pour faire face à l’insécurité qui touche la région.
Ces accords pourraient générer plusieurs avantages pour les deux pays. La RDC pourrait bénéficier d’un soutien militaire et de renseignements fournis par le Burundi, alors que les FARDC continuent de rencontrer des difficultés dans le contrôle de plusieurs territoires de l’est du pays.
Pour le Burundi, cette coopération pourrait contribuer à empêcher l’infiltration de groupes armés sur son territoire en provenance de la RDC, tout en renforçant son influence dans les questions sécuritaires régionales.
Il existe également des enjeux diplomatiques, les deux États cherchant à démontrer leur volonté de coopération régionale à un moment où la communauté internationale appelle les pays de la région à privilégier des solutions concertées aux problèmes sécuritaires.
Malgré ce renforcement de la coopération militaire, de nombreux habitants de l’est de la RDC continuent de vivre dans des conditions extrêmement difficiles en raison d’un conflit qui dure depuis plusieurs années.
Les opérations militaires continuent d’alimenter l’insécurité, les déplacements massifs de populations, les violences et la dégradation des conditions économiques et sociales. Les organisations internationales rappellent que des millions de personnes ont déjà été déplacées par le conflit, tandis que beaucoup d’autres restent confrontées au manque de nourriture, de soins de santé et d’accès à l’éducation.
Par ailleurs, certains opposants au gouvernement de Kinshasa estiment que la poursuite des offensives militaires et la dépendance à l’égard du soutien militaire étranger risquent d’aggraver davantage les tensions plutôt que de les apaiser, surtout si les initiatives politiques ne sont pas privilégiées.
Plusieurs analystes considèrent que, même si les opérations militaires peuvent contribuer à réduire les activités des groupes armés, une paix durable ne pourra être obtenue qu’à travers le dialogue politique, la réconciliation ainsi que des réformes profondes de la gouvernance et de la sécurité régionale.
Alors que la coopération entre la RDC et le Burundi continue de s’intensifier, les populations observent attentivement si ces accords permettront réellement de ramener une paix durable ou s’ils risquent, au contraire, de prolonger et d’aggraver un conflit qui affecte depuis longtemps la vie des habitants de l’est du Congo.





